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Crise grecque, un impact direct limité à l'export pour les entreprises françaises

Les exportations vers la Grèce ne représentent que 0,5 % des ventes françaises à l’étranger. Elles se sont déjà effondrées l’an dernier.

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Que risquent les entreprises françaises si Athènes devait finalement prendre le chemin du Grexit ? Les effets réels d’une sortie de la zone euro restent difficiles à anticiper. Mais l’amplification de la crise actuelle devrait avoir un impact direct limité pour les entreprises françaises. La Grèce reste un partenaire commercial secondaire, même si elle est l’une des rares destinations où Paris dégage encore un net excédent commercial. Athènes ne pointe qu’au 38e rang des clients de la France, soit à peine 0,5 % des exportations françaises. Les entreprises tricolores y ont exporté 2,1 milliards d’euros l’an dernier, d’après les derniers chiffres des Douanes.

Cela reste bien loin des 71 milliards d’euros de biens écoulés en 2014 vers l’Allemagne par exemple ou les 30 milliards d’euros d’exportations en Espagne. La présence des entreprises françaises n’a surtout cessé de s’éroder depuis le début de la crise grecque en 2011. L’an dernier, les ventes françaises ont reculé de 6,8 %, malgré les efforts de l’Etat pour encourager les entreprises à continuer à exporter avec la mise en place d’un dispositif d’assurance-crédit spécifique.

Des entreprises déjà désengagées

L’industrie pharmaceutique, qui représente à elle seule 12 % des ventes françaises en Grèce, a été la plus durement touchée par les coupes drastiques décidées par l’Etat grec dans le système de santé, avec un recul de 14,4 % de ses exportations. L’industrie agroalimentaire, qui représente à elle seule près du quart des exportations françaises a aussi payé son écot à la crise héllène avec un recul de 7,3 % des ventes de produits agricoles et agroalimentaire l’an dernier.

Même si la France reste le quatrième investisseur direct du pays, avec 2,1 milliards d’euros de stock d’IDE, les grands groupes se sont fortement désengagés depuis 2011. Le cimentier Lafarge, des groupes de l’agroalimentaire comme Bel et Pernod Ricard y disposent de sites de production. En revanche, le distributeur Carrefour, qui disposait de 41 magasins dans le pays, a plié bagages tandis que la Société générale ou le Crédit Agricole ont cédé leurs filiales en 2012.

UN danger plus systémique que local

Au total, une centaine d’entreprises y sont implantées et emploient environ 12 000 salariés. "Pour l’instant, le contrôle des capitaux mis en place pour six jours ne bloque pas tous les paiements des entreprises mais l’activité risque d’être figée dans les jours qui viennent", estime Olivier Passet, le chef économiste de Xerfi. L’expert juge que le recul des exportations ou de la dépréciation des actifs des filiales présentes sur place en cas de sortie de la zone euro aurait peu d’impacts directs sur les comptes des entreprises françaises. En revanche, difficile d’évaluer si les marchés financiers ont déjà ou non intégrés l’hypothèse d’un Grexit. Un bond des taux d’intérêt à long terme pour les pays les plus fragiles et une baisse trop rapide de l’euro pourraient accélerer la contagion de la crise grecque à d’autres économies européennes. "Pour la France, le danger est bien plus de voir la timide reprise de l’économie française cassée par la contagion de la crise grecque. Ce serait la troisième fois consécutive depuis 2008", s’inquiète l’économiste.

Solène Davesne

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