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Une trentaine d'entreprises intéressées par la création de leur propre CFA

Cécile Maillard ,

Publié le

Plusieurs grandes entreprises sont intéressées par la possibilité, nouvelle, de créer leur propre Centre de formation des apprentis, un moyen pour elles de se réapproprier les formations initiales dont elles ont besoin. Le ministère du Travail a présenté le dispositif ce 4 mars. Simple et sécurisant pour les entreprises.

Une trentaine d'entreprises intéressées par la création de leur propre CFA
En permettant aux entreprises de créer des CFA, le gouvernement leur offre la possibilité de former aux métiers pour lesquels elles ont du mal à recruter.

Rarement nouveau dispositif aura suscité autant d’intérêt, affirme-t-on au ministère du Travail. Une trentaine d’entreprises se sont manifestées auprès des services de la rue de Grenelle, intéressées par la création d’un Centre de formation des apprentis (CFA). La loi "Avenir professionnel" du 5 septembre 2018 leur en donne le droit, à elles comme aux lycées professionnels et à tout organisme de formation. Une solution intéressante pour les employeurs, prêts à s’investir dans la formation, et qui peinent à recruter .

Le ministère du Travail s’apprête à publier un "kit" expliquant aux employeurs la procédure à suivre pour créer un CFA. Et assure que ce sera simple. Jusqu’ici, il fallait obtenir une autorisation de la région, y compris pour l’ouverture d’une nouvelle formation dans un centre d'apprentissage existant. Certaines acceptaient, et plusieurs CFA d’entreprises existent déjà. D’autres étaient réticentes car ces centres peuvent attirer des jeunes au détriment des lycées professionnels, dont elles ont la gestion.

Création de nouvelles formations facilitée

Les entreprises qui contactent le ministère ont surtout envie de mettre en place des formations qui n’existent pas. Ca tombe bien, "la loi a simplifié le cadre de création des diplômes et titres éligibles à l’apprentissage", note un conseiller ministériel. Pour obtenir une certification, il faut que la formation vise des métiers émergents ou en forte évolution. Une restriction qui pourrait ne pas durer.
Un titre pourra être éligible à l’apprentissage en six mois environ, indique-t-on rue de Grenelle, alors qu’aujourd’hui il faut attendre trois ans pour qu’un diplôme soit reconnu par l’Etat. Ce qui devrait entraîner une profusion de nouveaux titres… "Pour ne pas dégrader la formation, les nouveaux CFA devront répondre aux mêmes exigences qualité que ceux d’aujourd’hui, assure-t-on au ministère du Travail. Mais comme pour les lycées et les universités, certains seront plus cotés que d’autres."

Pour les entreprises - surtout des grands groupes - disposant déjà d’un centre de formation interne, c’est simple, il suffit de répondre à certains grands principes pour que la création du CFA soit acceptée. C’est ce que s’apprête à faire Schneider Electric pour les formations en BTS et licence pro que l’entreprise propose déjà dans son Ecole des métiers de l’énergie de Grenoble.

Obligations allégées

Les autres entreprises devront construire un projet pédagogique. "L’apprentissage reste de la formation initiale, les jeunes devront suivre un enseignement général", précise le ministère. Que les entreprises pourront assurer elles-mêmes ou déléguer à des lycées ou à d’autres CFA. Elles pourront aussi se regrouper pour créer des centres d'apprentissage comportant des formations communes et d’autres, spécifiques. C'est ce qu'ont annoncé Adecco, Accor, Korian et Sodexo, qui créeront un CFA commun des métiers de la cuisine et de la restauration. Par ailleurs, la loi allège les obligations des CFA, puisque les élèves qui disposeront déjà de certaines compétences générales ne seront pas tenus de suivre ces cours. Des cours pourront être suivis à distance, ce qui simplifiera la vie des apprentis écartelés entre différents lieux.

La possibilité de démarrer une formation en apprentissage à n’importe quel moment de l’année correspond aussi aux attentes des entreprises, qui critiquaient le fait d’être obligées d’attendre la rentrée de septembre, alors qu’elles étaient prêtes à accueillir un apprenti en janvier... Avec leur propre CFA, à elles de s’organiser pour accueillir des jeunes plusieurs fois dans l’année. Les Compagnons du devoir ont par exemple prévu de doubler le nombre d’apprentis accueillis chaque année dans leurs centres, sans agrandir leurs locaux.

Un financement "au contrat"

La loi prévoit que l’entreprise ouvrant un CFA pourra se verser à elle-même une partie de sa taxe d’apprentissage, pour financer un investissement nécessaire à la formation des apprentis, un plateau technique, des ordinateurs… Quant au financement du fonctionnement, il se fera "au contrat" : l’entreprise demandera à son opérateur de compétences (OPCO, remplaçant de l’OPCA) un financement pour chaque jeune apprenti en formation, pour un coût fixé par les OPCO ; France compétences est en train d’examiner les propositions des branches, le "coût" de chaque contrat sera fixé mi-avril. Un fonctionnement proche de celui des contrats de professionnalisation, dont les entreprises apprécient la simplicité et qui les rassure.

La loi ouvre beaucoup d’opportunités. Outre Schneider Electric, Safran, Arc International, Groupe Nicollin (déchets), sont intéressés. Des paysagistes, qui n’arrivent pas à recruter, envisagent de se regrouper pour ouvrir une formation en apprentissage commune. Telle entreprise se rapproche d’un organisme de formation pour lui déléguer la formation générale de ses apprentis. Le ministre de l’Education nationale demande à tous les lycées professionnels d’ouvrir un CFA, ce qui ouvrirait la voie à un maillage territorial très fin. Un "chef de projet apprentissage" a été nommé dans chaque direction régionale du travail pour répondre aux questions des entreprises.

Au ministère, on y croit : "la grande force de la réforme est de libérer toutes les contraintes, administratives, de temps, de financement ; reste un dernier enjeu, le principal : la représentation de l’apprentissage". Les changements culturels, eux, ne se décrètent pas.

 

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