Economie

[Covid-19] Les salariés démissionnaires bénéficieront de l'assurance chômage... sous certaines conditions

Hubert Mary , , , ,

Publié le

Les salariés ayant démissionné avant le confinement pour répondre à une promesse d'emploi pourront bénéficier de l'assurance chômage, a annoncé la ministre du Travail jeudi 9 avril. Par ailleurs, Muriel Pénicaud a actualisé les chiffres du chômage partiel : quasiment 7 millions de salariés sont concernés sur tout le territoire.  

[Covid-19] Les salariés démissionnaires bénéficieront de l'assurance chômage... sous certaines conditions
Les salariés démissionnaires ajuste avant le confinement parce qu'ils avaient reçu une promesse d'embauche pourront bénéficier de l'assurance chômage, a déclaré la ministre du Travail.
© BFM TV

Interrogée sur BFM TV au sujet des salariés ayant démissionné juste avant le confinement à la suite d'une promesse d'embauche en CDD ou en CDI, la ministre du Travail a déclaré qu'ils pourraient bénéficier de l'assurance chômage. "C'était l'un des trous dans la raquette", a avoué Muriel Pénicaud. "Avec Pôle emploi et l'Unédic, j'ai décidé que nous les prendrions en compte au titre du chômage." "En principe, ils n'ont pas le droit au chômage, puisqu'ils ont démissionné, a poursuivi Muriel Pénicaud, et bien on les prendra à l'assurance chômage le temps qu'ils retrouvent un emploi."

6,9 millions de salariés concernés par le chômage partiel

La ministre du Travail a actualisé les chiffres du chômage partiel au 9 avril : "Ce sont 6,9 millions salariés qui sont protégés par le chômage partiel sur les 20 millions du secteur privés (…) et ça concerne 628 000 entreprises (…), ça continue à monter", a-t-elle déclaré sur BFM. Des chiffres en constante augmentation depuis la mise en place du dispositif à la mi-mars. La veille, mercredi 8 avril, 6,5  millions de salariés étaient concernés par le chômage partiel et 588 000 entreprises en avaient fait la demande, soit une augmentation respective de 400 000 salariés et 40 000 entreprises en 1 jour.

 

 

Grâce à la mise en place d'un dispositif accéléré, les entreprises seront remboursées "entre 7 à 10 jours après la demande" de chômage partiel, contre deux mois auparavant, a déclaré la ministre.

Maintenir les salaires et éviter les licenciements dans les TPE et PME

Le chômage partiel permet aux salariés qui ne peuvent pas avoir recours au télétravail ou dont l'activité est suspendue, de continuer à percevoir leur salaire à hauteur de 70% du salaire brut et 84% du salaire net (100% pour les personnes au SMIC). "C'est la protection la plus efficace, (elle permet) de rembourser à l'entreprise les salaires jusqu'à quatre fois et demi le SMIC", a affirmé la Muriel Pénicaud.

Une mesure mise en place pour éviter les licenciements économiques. Pour justifier le choix du gouvernement de recourir massivement à ce dispositif, la ministre a fait référence aux conséquences économiques de la crise financière de 2008. "En 2009, on a eu 700 000 personnes qui ont perdu leur emploi parce qu'à l'époque, le système de chômage partiel était moins ambitieux, moins protecteur" a-t-elle rappelé.   

"Aujourd'hui il y a 6 entreprises sur 10 qui le demandent, et ce sont des TPE des PME, de petites entreprises, a rappelé la ministre, ce sont elles les premières utilisatrices du chômage partiel pour protéger leurs salariés".   

Certaines grandes entreprises rappelées à l'ordre

"Pour les grandes entreprises, on les regarde très attentivement, il y en a beaucoup à qui on a dit non ce n'est pas possible, il faut revoir la copie, et la copie a été revue" a asséné la ministre. A l'inverse, certaines grandes entreprises ont d'ores et déjà annoncé qu'elles ne recourront pas au dispositif de chômage partiel, a rappelé la ministre citant Total, L'Oréal, Hermès et Chanel. D'autres, "comme Schneider Electric, ont annoncé qu'elles utiliseraient le chômage partiel mais ne demanderaient pas le remboursement de l'Etat."

"On est plus exigeant avec les grandes entreprises (…) on vérifie que c'est pour des activités qui ne peuvent plus avoir lieu", a poursuivi Muriel Pénicaud.

Améliorer l'indemnisation des indépendants

Actuellement, les indépendants comme les auto-entrepreneurs peuvent avoir recours au fonds de solidarité à hauteur de 1 500 euros s'ils ont perdu 50% de leur chiffre d'affaires. "Aujourd'hui il y a 1 500 euros qui sont acquis de droit (par le fonds de solidarité, ndlr) si vous avez une perte de 50% de votre chiffre d'affaires équivalente" a rappelé Muriel Pénicaud. La ministre a indiqué réfléchir à augmenter ce plafond, "on envisage d'améliorer les conditions pour aller au-delà des 1 500 euros d'indemnités (…) il peut y avoir 2 000 euros en plus mais ces critères-là sont à l'étude pour voir si on peut les améliorer."

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