Commerce extérieur, le pari raté du quinquennat

Avec 34,5 milliards d'euros de déficit, le déficit commercial a atteint son pire niveau en 2016. 

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Commerce extérieur, le pari raté du quinquennat

C’était fin 2012. La ministre du commerce extérieur Nicole Bricq martelait à l’envie son objectif : revenir à l’équilibre de la balance commerciale hors facture énergétique, sur laquelle la France a peu de prise d’ici la fin du quinquennat. A quelques mois de l’échéance, c’est peu dire que la cible est loin d’être atteinte. "L’année 2016 a été difficile", concède Matthias Fekl, le secrétaire d’Etat au commerce extérieur. L’an dernier, le déficit commercial hors énergie a atteint un niveau record de 34,5 milliards d’euros, supérieur encore à celui de 2011, année noire pour le commerce extérieur français.

Cette dégradation tient en partie à des facteurs conjoncturels, qui devraient rapidement s’estomper. Dans l’aéronautique, Airbus a pâti de retards dans sa chaîne de production, qui ont freiné ses ventes d’avions, alors que ses approvisionnements auprès de fournisseurs étrangers, notamment dans les moteurs, sont restés dynamiques. Résultat : le secteur qui pèse à lui seul 13 % des exportations françaises a vu son excédent fondre de 3,7 milliards d’euros. Les exportations de céréales ont aussi souffert des mauvaises récoltes de l’an dernier (1,4 milliards d’euros de moins). Autre raison du creusement du déficit : le coup de pouce en faveur de l’investissement industriel, via la mesure de suramortissement a boosté les importations des équipements industriels et des robots étrangers, qui ont augmenté de 3,7 %.

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L'automobile creuse son déficit commercial

Mais d’autres reflètent des handicaps plus structurels de l’économie française. Dans l’automobile, le déplacement des chaînes de production vers l’Europe de l’Est s’est traduit par une nouvelle dégradation de 3,3 milliards d’euros du déficit commercial du secteur. Les importations de véhicules sont plus dynamiques que les exportations. L’excédent dégagé par les équipementiers automobiles s’est fortement réduit. L’industrie agroalimentaire a aussi vu son excédent – le deuxième plus important après l’aéronautique - se dégrader.

Autre mauvaise nouvelle pour le commerce extérieur : après trois années de hausse, le nombre d’exportateurs ne progresse plus. De quoi inquiéter sur la capacité du tissu productif à rebondir. La France ne peut compter que sur le luxe (1 milliard d’excédent supplémentaire), la pharmacie et le naval, pour tirer sa balance commerciale. Pour le gouvernement, le coup est rude. Les mesures mises en place pour restaurer la compétitivité de l’industrie françaises, avec le pacte de responsabilité et le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, ne sont pour l’instant pas visibles.

Une étude menée par le comité de suivi du CICE à l’automne confirmait l’absence d’effet visible jusqu’à présent sur les exportations. "Une entreprise comme la mienne, qui ne dégage pas assez de bénéfice, ne commencera à percevoir les premiers euros du CICE qu'en mai prochain", souligne Bruno Grandjean, le patron de Redex qui exporte 80 % de son chiffre d'affaires. Selon une étude commandée par Bercy, la compétitivité coût de la France s’est cependant améliorée de 6,9 % entre 2016 et 2014 par rapport aux autres pays de l’OCDE. Mais le coup de pouce a surtout servi aux entreprises à redresser leurs marges plus qu’à baisser leurs prix pour augmenter leurs volumes. Par ailleurs, la montée en gamme, l’innovation et l’amélioration de la qualité perçue des produits sont un travail de longue haleine. "Le rétablissement prendra bien plus qu’un quinquennat", reconnait Matthias Fekl. Tout n'est pas perdu mais mieux vaut ne pas relâcher l'effort.

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