Economie

Comment les 7 co-présidentes de Davos veulent reconstruire un "monde fracturé"

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7 femmes venues d’horizons très différents sont cette année les « co-chairs » du forum de Davos. Lors de l’ouverture de l’événement, elles ont livré leurs perspectives pour un monde plus harmonieux et partagent un certain nombre de solutions. 

Comment les 7 co-présidentes de Davos veulent reconstruire un monde fracturé © Capture d'écran WEF

Cette année, le forum de Davos a un petit côté Women’s forum. Car le traditionnel board des co-présidents, composé de représentants de la politique, des entreprises, de la science, des ONG ou des syndicats est un peu particulier. Alors qu’il est habituellement paritaire, il présente lors de cette édition un visage exclusivement féminin. Toutes les femmes choisies sont parfaitement légitimes à siéger dans cette instance, de Christine Largarde, présidente du FMI, à la première ministre norvégienne, Erna Solberg, en passant par la PDG d’IBM, Ginni Rometty, la DG d’Engie, Isabelle Kocher, ou encore la dynamique fondatrice d'une banque indienne, Chetna Sinha. Mais contrecoup de l’affaire Weinstein et du renouveau de la lutte contre le sexisme qu’il a entraîné, les organisateurs du forum ont apparemment jugé inutile cette année d’intégrer un homme dans cette prestigieuse instance.

Des femmes mais pas que

Que le sexe fort se rassure, ils seront tout de même très nombreux à intervenir dans les multiples meetings et conférence qui se tiendront toute la semaine dans le petit village suisse. Et Davos au global n’accueille que 21 % de femmes parmi l’ensemble des participants. Mais comme le thème de cette année est "Construire un futur partagé dans un monde fracturé", on se demande s’il n’y a pas dans ce groupe de vice-présidentes un clin d’œil et l’idée que c’est aux femmes de réparer un monde que les hommes ont construit avec des inégalités, une cohésion sociale qui se délite, de nouvelles technologies envahissantes et des ressources qui s’épuisent. On était donc curieux d’entendre les solutions proposées par ces femmes. Elles les ont exposées dans une conférence de presse qui s’est tenu le jour de l’ouverture du forum. Christine Lagarde s’est montré confiante que "même sans testostérone, elles pouvaient développer des solutions constructives."

Premier chantier :  lutter contre la corruption et l’évasion fiscale. L’enjeu a été défendu aussi bien par la première ministre norvégienne, Erna Solberg, que par Christine Lagarde. La norvégienne estime que ces phénomènes "sapent la capacité des états à poursuivre leurs objectifs sociaux et une croissance inclusive" et "qu’il y a énormément d’argent dans le monde qui pourrait servir des enjeux de développement." Elle a même proposé une campagne #metoo pour dénoncer les mauvais comportements.

 Deuxième enjeu, favoriser l’égalité des femmes et leur accès dans la vie économique. L’ambition a été largement développée par l’indienne Chetna Sinha, présidente et fondatrice de la Mann Deshi Mahila Bank. Elle a œuvré dans la microfinance pour permettre aux femmes indiennes de monter des petits business et a profité de Davos pour annoncer le lancement d’un fonds d’investissement alternatif pour les femmes. Elle estime que les femmes de son pays ne veulent plus seulement "sortir de la pauvreté mais aussi entrer dans la prospérité." Christine Lagarde a témoigné que selon une étude du FMI "une inclusion des femmes dans l’économie indienne pourrait la faire grossir de 25 %." Pour elle comme pour la première ministre norvégienne, le grand enjeu est l’éducation. Pour Ginni Rometty, la présidente d’IBM, au-delà de l’enjeu d’égalité des sexes, c’est la diversité de toutes sortes qu’il faut accueillir dans les organisations. Sharan Burrow secrétaire général belge de l’UTIC (la confédération international des syndicats) a appelé plus globalement à revoir le contrat social de nos sociétés en y remettant de la "solidarité".

Technologies responsables

Troisième clé pour un monde plus harmonieux : développer des nouvelles technologies responsables et miser sur la science. Ginni Rometty  a alerté sur la nécessité d’adopter une gestion responsable des nouvelles technologies. "100 % des jobs seront touchés. Nous devons préparer les travailleurs si nous ne voulons pas laisser des gens de côté. Tout le monde n’a pas un master en sciences."  Elle a aussi alerté sur les enjeux de transparence, de privauté, de responsabilité dans l’usage des données. "A la fin nous serons jugé par la société" a-t-elle déclarée. Fabiola Gianotti, directrice général du CERN à Genève a estimé, elle, que malgré la défiance, la science était le domaine capable de réunir les hommes et que seule la recherche fondamentale provoquait les innovations de rupture porteuses de progrès pour l’humanité. Elle appelle les Etats à maintenir leurs efforts de financement dans ce domaine.

Enfin, Isabelle Kocher, directrice général d’Engie, a appelé à accélérer le mouvement de transformation vers un monde plus inspirant. "Il y a une impatience face à nos modèles de société qui ne sont pas assez inclusives." Elle témoigne que les technologies nouvelles peuvent réduire les fractures. "Dans mon secteur, on peut accélérer l’accès à l’énergie avec des technologies plus propres, plus flexibles, plus faciles à implanter." Selon elle, il faut orienter massivement les flux financiers vers un développement équilibré et durable.

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