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Comment le français Microlight3D imprime des pièces plus fines qu’un cheveu

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La pépite grenobloise Microlight3D présente sa nouvelle machine du 2 au 7 février au salon de photonique et d'optique Photonics West à San Francisco. Elle est capable d’imprimer en 3D des pièces de quelques micromètres, soit 10 à 100 fois plus fines qu'un cheveu.

Comment le français Microlight3D imprime des pièces plus fines qu’un cheveu
Microlight 3D peut imprimer en 3D des pièces complexes de quelques microns.
© Microlight3D

Dans le monde de l’infiniment petit, une jeune pousse tricolore tire son épingle du jeu. La start-up grenobloise Microlight3D, qui présentera sa nouvelle imprimante 3D "Altraspin" du 2 au 7 février au salon Photonics West, à San Francisco. Celle-ci est capable d’imprimer en 3D des pièces complexes de quelques micromètres, soit 10 à 100 fois plus fines qu'un cheveu

Submicron

L’épaisseur des pièces imprimées peut même atteindre 0,2 micron. Pour obtenir une telle résolution, Microlight3D utilise une technologie de polymérisation à deux photons, issue de quinze années de recherche au sein de l’Université de Grenoble. Elle a été développée par deux chercheurs, Patrice Baldeck et Michel Bouriau. Ce dernier ayant cofondé Microlight3D en 2016. Il s'agit d'une technologie d'impression 3D résine, avec un laser qui vient solidifier des endroits précis d’un bain de résine polymère photosensible.

"C’est l’absorption à deux photons qui permet d’obtenir une grande résolution", précise Denis Barbier, PDG de Microlight3D. "Durant tout le trajet du laser dans la résine, il ne se passe rien, sauf au point de focalisation où tous les rayons se concentrent. Dans ce point focal, qui peut atteindre moins de 0,2 micromètre de large, deux photons peuvent être absorbés par la résine au même moment, déclenchant un durcissement de la matière dans ce tout petit volume uniquement."

Pas de post-traitement

L’avantage de la technologie est qu’elle ne nécessite aucun post-traitement. "En micro-impression 3D, 70 % du coût des pièces vient du post-traitement", estime Denis Barbier.

Altraspin est la seconde machine de Microlight3D. "La première était uniquement dédiée aux laboratoires de recherche", précise le dirigeant. La nouvelle version, plus compacte et simple d’utilisation, s’adresse aux industriels. "Cette nouvelle machine n'est encore qu'un outil de prototypage pour les pôles de R&D, car la technologie n'est pas encore adaptée à une production de grande série", note Denis Barbier, PDG de Microlight3D. 

La pépite vise le marché de la micro-fluidique, une domaine consistant à manipuler des fluides via des laboratoires miniatures. Sa technologie pourrait aussi intéresser les acteurs de la micro-optique, pour améliorer la résolution d’un microscope avec des pièces complexes par exemple, et de la micro-mécanique. 

Un concurrent

L’entreprise de 5 salariés, qui a réalisé 525 000 euros de chiffre d’affaires en 2018, compte s’arroger une part conséquente du marché des micro-pièces, estimé à plusieurs centaines de millions d’euros en 2022. Pour le moment, Microlight 3D ne se reconnaît qu’un seul concurrent : l’allemand Nanoscribe.

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