Abonnez-vous Identifiez-vous

Identifiez-vous

Vos codes d'accès sont erronés, Veuillez les saisir à nouveau. Mot de passe oublié ?

L'Usine Auto

Comment l’intelligence artificielle promet de révolutionner l’automobile

,

Publié le

De l’aide à la conduite jusqu’à la prise de décision totale, il y des neurones sous le capot des voitures. 

Comment l’intelligence artificielle promet de révolutionner l’automobile

Et si demain la voiture était capable de se déplacer toute seule dans un centre-ville en plein travaux, au milieu des passants pressés de rejoindre les bouches de métro pour rentrer chez eux ? Et si le conducteur, devenu simple passager, pouvait échanger avec son véhicule afin de lui demander d’effectuer un arrêt devant sa boulangerie ? Tandis que, de son côté, l’interface du cockpit réglerait automatiquement l’environnement intérieur en fonction de l’état de fatigue ou de l’humeur de la personne à bord ?

Ces scénarios ne relèvent plus de la science-fiction. Ils pourraient se concrétiser dans un futur proche grâce au déploiement de l’intelligence artificielle. Selon les projections du cabinet britannique IHS Markit, cette technologie est promise à un bel avenir dans l’industrie automobile. Le nombre de systèmes vendus à travers le monde ­embarquant de l’intelligence artificielle pour l’info-divertissement (« infotainment ») et les aides à la conduite devraient passer de 7?millions en 2015 à… près de 122?millions en 2025.

Face à cet énorme potentiel, acteurs traditionnels de l’automobile et géants ou start-up du numérique tentent de se tailler la part du lion [lire l’encadré ci-contre] en investissant d’ores et déjà les modèles haut de gamme. Couplée aux capteurs et caméras installés sur l’automobile, la technologie permet déjà de proposer des solutions d’aide de suivi de ligne, la voiture alertant le conducteur en cas de franchissement des lignes de marquage au sol. « Ces services s’appuient sur des systèmes experts. Grâce à des règles apprises et un moteur d’inférence, ils parviennent à déduire la marche à suivre en fonction des circonstances », explique Vincent Abadie, expert du véhicule autonome et des fonctions d’aide à la conduite chez PSA.

Réagir à des situations complexes

L’habitacle progresse également. « Grâce au couplage de l’intelligence artificielle et du big data, la voiture va se doter de fonctions plus visibles pour l’utilisateur, explique Guillaume Devauchelle, chargé de l’innovation chez Valeo. Connaissant vos goûts, le véhicule pourra, par exemple, effectuer un arrêt en cours de trajet devant votre magasin ­préféré. » Les outils de traitement du langage naturel (synthèse et reconnaissance vocale) vont aussi permettre aux conducteurs de mieux interagir avec le système central intégré dans la voiture. L’allemand Volkswagen a prévu d’investir près de 180?millions d’euros dans la start-up chinoise Mobvoi, déjà soutenue par Google, qui développe des solutions de reconnaissance vocale et d’analyse du langage.

Cette réinvention de l’interface passager-cockpit ne sera qu’un premier pas, rendu possible par l’apprentissage automatique et les réseaux de neurones. Le vrai coup d’accélérateur viendra de la pleine exploitation de ces méthodes apprenantes, estime Vincent Abadie. « Avec ces procédés, il est possible de faire apprendre des comportements types au réseau de neurones. Celui-ci se construit alors comme un être humain. Il pourra reproduire ce qu’il a déjà appris, voire extrapoler », s’enthousiasme l’expert du groupe au lion. De quoi permettre à l’intelligence artificielle de réagir à des situations bien plus complexes sur la route. Le véhicule sera ainsi capable de décider, comme un conducteur, si les conditions se prêtent au dépassement sans risque d’une autre voiture. Et ce, en analysant et en anticipant simultanément de multiples paramètres, comme la présence d’un véhicule en face ou l’intérêt de doubler en cas d’un éventuel changement de vitesse à proximité.

Une capacité d’analyse nécessaire pour basculer dans l’univers du véhicule autonome. « Aujourd’hui, l’intelligence artificielle est utilisée pour prendre des décisions selon quelques paramètres préétablis. Demain, il faudra que le véhicule soit capable d’agréger l’ensemble des technologies dans une seule et même réflexion », souligne Guillaume Crunelle, associé et responsable du secteur automobile chez Deloitte. « La technologie est déjà disponible, la puissance de calcul aussi. La miniaturisation de l’électronique est en cours. Le principal point à résoudre concerne la sécurité de fonctionnement de ce type de technologies », estime pour sa part Vincent Abadie.

D’ici à 2020 et 2025, des véhicules dotés d’un niveau d’autonomie de type 4, c’est-à-dire capables de prendre de nombreuses décisions sans intervention humaine, ou de niveau 5, possédant une autonomie totale, pourraient voir le jour, prédisent les spécialistes. Une révolution majeure se prépare pour les industriels de l’automobile. 

 

Bras de fer entre géants du numérique et de l’auto

Les spécialistes du numérique l’ont bien compris : l’intelligence artificielle est une formidable porte d’entrée dans le véhicule de demain. Avec son projet de véhicule autonome Waymo, Google a frappé fort. Plutôt que de proposer un véhicule complet, le californien Nvidia mise pour sa part sur son savoir-faire pour devenir incontournable dans l’industrie automobile du futur. Le spécialiste des cartes graphiques a développé une plate-forme de calcul combinant des technologies de deep learning (apprentissage profond) et de fusion de données issues de multiples capteurs pour « accélérer la production de véhicules autonomes ». Une promesse qui a déjà séduit Audi, avec qui Nvidia a noué un partenariat, ainsi que Bosch. Car les équipementiers veulent aussi prendre leur part et se positionnent sur ce marché. Valeo a notamment pris une participation au capital du britannique CloudMade, une start-up spécialisée dans l’intelligence artificielle. En face, « les constructeurs sous-traitent principalement les technologies embarquant de l’intelligence artificielle », souligne Sébastien Amichi, senior partner chez Roland Berger. Mais ils n’ont pas dit leur dernier mot en matière d’intelligence artificielle. Le japonais Toyota a ainsi investi 1 milliard de dollars dans son nouvel institut de recherche dédié à la question. Une somme à la hauteur des enjeux que représente la maîtrise de l’intelligence artificielle dans le véhicule. 

 

Les territoires de l’intelligence artificielle

Les capteurs et caméras Couplée à ces éléments extérieurs, l’intelligence artificielle permet de proposer des systèmes de suivi de ligne ou de parking automatique. L’habitacle Les outils de traitement du langage naturel (synthèse et reconnaissance vocale) permettent au conducteur de mieux interagir avec la machine. Les réseaux de neurones L’intelligence artificielle embarquée dans l’automobile pourra, avec ces réseaux, prendre toute une série de décisions complexes, comme le dépassement de véhicules.

 

 

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Les entreprises qui font l'actu

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte
Suivez-nous Suivre Usine Nouvelle sur Facebook Suivre Usine Nouvelle sur Twitter RSS Usine Nouvelle