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Comment General Electric tente de démontrer la valeur de sa plate-forme Predix

 Marion Garreau , , ,

Publié le

Démontrer la valeur de sa plate-forme cloud Predix, témoignages clients à l’appui, et s’imposer sur un nouveau marché. C'est l'objectif de General Electric, qui a organisé le salon Minds and Machines à Berlin (13 et 14 juin), grande messe autour de l’internet industriel. Un travail d'évangélisation indispensable pour convaincre des industriels pas toujours prêts à franchir le pas.

Comment General Electric tente de démontrer la valeur de sa plate-forme Predix
Lors du salon Minds and Machines, organisé par General Electric en juin 2017 à Berlin.
© Robin Louvet / Twitter

Une véritable démonstration de force. Sur les docks de Berlin, le conglomérat américain General Electric (GE) a organisé les 13 et 14 juin le salon Minds and Machines sur le thème de la transformation digitale de l’industrie. Décryptage du concept et exemples de mise en pratique, l’exposé de GE était calibré pour démontrer l’intérêt et la valeur de Predix, pièce maîtresse de son offre digitale. Cette plate-forme cloud permet de récupérer les données de tout équipement industriel connecté puis de les analyser à travers différentes applications dans le but d’aider l’entreprise cliente à mieux gérer ses actifs et opérations.    

"Predix et son écosystème permettent un flux de production plus important, des temps d’arrêt moins nombreux, une productivité en hausse et un temps d’utilisation des machines accru", affiche une présentation menée sur la grande scène, où 13 cadres dirigeants défilent sur la seule matinée du premier jour. Pour illustrer ses propos, GE cite plusieurs cas clients, dont celui de Schneider Electric, qu’il accompagne dans le développement de son offre de services. En recourant à des outils tels que ServiceMax – une suite d’applications pour la gestion logistique du matériel et des équipes –, l’équipementier électrique a par exemple diminué par deux son temps de réponse et identifié 50 nouvelles opportunités commerciales en 30 jours.

Schindler et DB Cargo pour références

Schindler, numéro deux mondial des ascenseurs, recourt lui à Predix pour améliorer la gestion et la maintenance de son parc. Ses gains : "une réduction des temps d’arrêt par la prédiction et la résolution de problèmes de service avant qu’ils n’apparaissent, la collecte de 200 millions de point de données, la connexion de 20 000 techniciens de service à des caisses à outils numériques et le raccord au réseau de connexions d’un million d’ascenseurs et d’escalateurs d’ici à 2020."

De son côté, le leader européen du transport de marchandises ferroviaire BD Cargo utilise Predix pour "la surveillance technique de [s]es parcs de locomotives et de turbines". "GE collecte et analyse nos données afin de nous fournir des conseils avisés et de nous aider à anticiper la survenue de problèmes inattendus pendant nos opérations", explique à l’Usine Nouvelle Mathias Thomas, directeur de la stratégie de la technologie à DB Cargo.

Et de faire valoir le rôle clé de cette maintenance corrective : "Un problème pendant une opération peut nous obliger à arrêter un train pour réparer voire changer une locomotive, ce qui créé des retards pour nos passagers et nous coûte beaucoup d’argent." Quelles économies ont donc été réalisées grâce à Predix ? "Nous nous accordons à dire que nous avons réduit de 25% nos défaillances en cours d’opérations", répond seulement Mathias Thomas. Aucune évaluation monétaire n'est précisée.

Difficulté des clients à saisir la valeur potentielle

Cette difficulté des industriels à palper la valeur créée par des outils comme Predix, les cabinets qui accompagnent les entreprises dans la transformation la constatent aussi. "Tous nos clients initient ou planifient un programme de transformation digitale de leur entreprise par la donnée, qui est clairement le nouveau moteur de création de valeur et d'amélioration de la performance ; mais tous ne saisissent pas encore bien la valeur que peuvent leur rapporter les outils proposés, soulignent Yoann Derriennic, associé au cabinet PwC, et Alexis Ponsar, expert PwC dans le secteur de l'aérospatial, présents sur le salon. Ceux qui franchissent le pas sont ceux qui ont compris que la transformation digitale s’appuiera sur un changement d'échelle et une évolution de leur organisation."

Pour ces deux experts, la question de la maturité des entreprises est aujourd'hui un frein majeur à l'adoption des outils digitaux. "Adopter des outils comme Predix nécessite des compétences en interne que beaucoup d’entreprises n’ont pas, souligne Alexis Ponsar. Certaines découvrent tout juste les bénéfices potentiels et les contraintes liées à des solutions de "digital twin" [jumeaux numérique], de "Edge Computing" [décentralisation du stockage des données] ou de cybersécurité par exemple et elles ont encore du mal à définir une ambition et partager un plan en interne."

Yoann Derriennic complète : "Les acteurs qui se saisissent de plateformes comme Predix s’inscrivent dans une logique collaborative et font le choix de participer à un écosystème en pleine évolution. Prendre ce rôle pionnier est un investissement pour eux mais en retour ils vont bénéficier de l'avantage du ‘primo’ accédant de pouvoir disposer de solutions dès le départ adaptées à leurs besoins. A l’inverse, d'autres entreprises font le choix d'attendre, mais en retour elles vont se voir imposer un modèle auquel elles devront s'adapter."

Vers une spécialisation par secteur ?

Convaincre de la valeur de sa plate-forme est d’autant plus important que la concurrence dans le domaine est féroce. Face à Predix, l’allemand Siemens, historique rival de GE, met en avant sa plate-forme MindSphere, qui veut aussi offrir les bénéfices du big data à l’industrie grâce à différentes applications et services numériques. Le spécialiste des roulements SKF a de son côté lancé la plateforme Enlight pour proposer des solutions de maintenance conditionnelle avec un mode de rémunération original, à savoir selon la performance de ses clients évaluée selon des objectifs prédéfinis.

Bosch a développé Bosch IoT Suite, et ABB la plate-forme cloud ABB Ability, qui regroupe toutes ses solutions digitales pour l’industrie. Il faut y ajouter les plates-formes proposées par les éditeurs de logiciel tels SAP. Autant dire que les entreprises ont l'embarras du choix. Et celles qui utilisent aujourd'hui Predix ne s'en sont pas fait une religion pour autant. DB Cargo confiait ainsi travailler également avec la plateforme de Siemens et en collaboration avec Bombardier pour optimiser sa maintenance. 

"Il y a une course à la prise de marché, à la conquête de client extrêmement forte, analysent Alexis Ponsar et Yoann Derriennic. Réussir à travailler chez un premier client prend du temps, mais on observe que lorsqu’une plateforme est adoptée par un premier acteur, il est beaucoup plus facile et rapide de diffuser auprès des autres acteurs de la chaîne de la valeur et au sein d'un même secteur." Pour ces deux experts, il ne serait donc pas surprenant qu’à l’avenir, les plateformes se spécialisent par secteur industriel.

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