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Comment financer le revenu universel

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C’est l’idée neuve de cette campagne présidentielle. Les acteurs de la société civile, comme le Mouvement français pour un revenu de base ou le think tank libéral Génération Libre de Gaspard Koenig, ont été les premiers à la mettre en avant. Mais le principe d’un revenu universel et inconditionnel s’est vraiment imposé dans les débats lors de la primaire de la gauche, quand Benoît Hamon a décidé d’en faire un marqueur de son programme. Désormais, c’est devenu un thème incontournable, qui dépasse les clivages politiques. Pendant la primaire de la droite et du centre, Nathalie Kosciusko-Morizet (LR) s’était déjà prononcée pour le versement d’un revenu inconditionnel.

En réalité, cette idée remonte bien plus loin. Elle agite le cercle des intellectuels et des économistes depuis la Renaissance. Dans « L’Utopie », publié en 1516, Thomas More la promeut au nom de l’égalitarisme. Dans les années 1970, Michel Foucault y voit un moyen de libérer les individus du contrôle social, et l’économiste libéral Milton Friedman un principe de responsabilité dans la lutte contre la pauvreté. Deux siècles plus tôt, le révolutionnaire Thomas Paine considérait qu’elle pouvait dédommager certains d’une perte de « propriété naturelle ». L’Anglais imaginait que ce revenu soit financé par un fonds de propriétaires terriens. Car l’instauration d’un revenu universel pose deux questions : le montant de l’allocation et le financement. L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) donne des chiffres proches de ceux de Benoît Hamon (785 euros par adulte, 315 euros par enfant et 1100 euros pour les personnes âgées et les handicapés), estimant la mesure à 480 milliards d’euros par an, déduction faite des minima sociaux, des prestations familiales et des allocations logement. La perspective d’ajouter 22 points de PIB à un système de protection sociale et de prélèvements déjà lourd en France en a effrayé plus d’un, y compris à gauche. D’autant que Benoît Hamon justifiait son revenu universel par l’hypothèse de la raréfaction du travail, combattue par une partie de son camp. La question de son coût et de son financement n’est pas réglée, le candidat socialiste voulant la soumettre à une grande conférence citoyenne. Sous l’impulsion de sa conseillère économique, Julia Cagé, il propose dans un premier temps une allocation revalorisée, mais sous conditions de ressources, ce qui l’éloigne du concept d’un revenu inconditionnel.

En revanche, Gaspard Koenig [lire l’entretien page 6], associé à l’économiste Marc de Basquiat, a établi un modèle complet qui n’engage pas une augmentation délirante des dépenses sociales. L’ambition n’est pas de réduire les inégalités, mais d’offrir un filet de sécurité pour tous et de supprimer la bureaucratie. Aujourd’hui, à cause de la complexité administrative, un tiers des bénéficiaires potentiels du RSA n’en font pas la demande. Et chez les 18-25 ans, qui sont exclus de ce dispositif, le taux de pauvreté atteint 11,2 %, contre 7,6 % chez les 30-59 ans et 3,3 % chez les plus de 60 ans. L’automaticité et l’universalité auraient le mérite de s’attaquer à ces deux problèmes. 

Le revenu universel version Benoît Hamon

Sa mise en place est programmée en trois temps. Première étape, le RSA est revalorisé à 600 euros, automatique (son taux de recours actuel est estimé à 64 %) et accessible aux 18-25 ans. Deuxième étape, le revenu universel de 600 euros sous condition de ressources est versé à 70 % de la population. Troisième étape, un revenu universel de 750 euros pour tous. Benoît Hamon a esquissé plusieurs pistes de financement. Reste 304,5 milliards d’euros à trouver.

Le revenu universel version Gaspard Koenig

Cette proposition repose sur une réforme de la fiscalité des ménages. Ce qui relève de l’assurantiel (chômage, retraites) n’est pas modifié. Les cotisations famille et santé sont intégrées dans une « super CSG » de 13 %. L’impôt sur le revenu est remplacé par une taxe de 23 % pour tous au premier euro. En contrepartie, chacun se voit accorder une allocation de 480 euros (versement ou crédit d’impôt). Les aides au logement sont conservées, ainsi que des compléments pour les handicapés, personnes âgées, parents isolés. Il reste 32 milliards d’euros à trouver. Impôt sur le patrimoine, surtaxe des hauts revenus, hausse de la TVA… Plusieurs pistes sont envisageables.

 

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