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Comment Emmanuel Macron s'efforce de rééquilibrer la relation franco-chinoise

Arnaud Dumas ,

Publié le

Emmanuel Macron a, pendant trois jours, martelé son message. Il veut rééquilibrer les relations entre la France et la Chine pour enrayer le déficit commercial français d’une part, et attirer plus d’investissements chinois en France d’autre part. 

Comment Emmanuel Macron s'efforce de rééquilibrer la relation franco-chinoise © CC Twitter @emmanuelmacron

C’était le premier voyage officiel à l’étranger de l’année d’Emmanuel Macron et il n’a pas choisi sa destination au hasard. Le président français est l’un des premiers chefs d’Etat étrangers à se rendre en Chine depuis la tenue, en octobre 2017, du 19e congrès du parti communiste qui a renforcé l’autorité du président Xi Jinping,

Tout un symbole. Emmanuel Macron a profité de son voyage pour raviver les relations entre la Chine et la France. D’abord en concluant quelques nouveaux contrats commerciaux, comme la signature du protocole d’accord entre Areva et le chinois CNNC. Il devrait permettre au Français de fournir des services d’ingénierie pour la construction d’une centrale de retraitement des déchets nucléaire. Le montant de l’accord devrait atteindre les 10 milliards d’euros. Airbus, de son côté, devrait fournir 184 avions A320 en 2019 et 2020. Les deux pays ont par ailleurs renforcé leur coopération dans le secteur du spatial.

Il a également fait avancer quelques dossiers, comme la levée prochaine de l’embargo sur la viande bovine française qui courrait depuis 2001.

Acte de diplomatie économique

Il a surtout fait acte de diplomatie. Avec une ambition affichée, celle de rééquilibrer les relations entre les deux pays. "La France importe 45 milliards d'euros de la Chine, elle n'exporte que 15 milliards, rappelle Emmanuel Macron. Et donc, nous avons des accès aux marchés qui sont déséquilibrés, qui ne sont pas satisfaisants."

"L’attitude du gouvernement chinois change, il veut être plus ouvert qu’avant aux entreprises étrangères, estime Jialian Qin, la responsable du département France-Chine chez Grant Thornton. Certains secteurs sont encouragés par des mesures incitatives, comme les maisons de retraites, d’autres sont encore restreints."

Emmanuel Macron a listé les secteurs dans lesquels il aimerait que les entreprises françaises puissent s’implanter davantage en Chine. L’aéronautique et le nucléaire sont déjà bien partis. Mais il ajoute la ville durable, la santé, l’économie du vieillissement, ou encore l’industrie du futur.

Renforcer les investissements chinois en France

Le président français voudrait également renforcer les investissements chinois en France, encore insuffisants à son goûts. La première destination européenne des investissements chinois reste l’Allemagne. La France se situe en troisième position derrière le Luxembourg.

Le gouvernement chinois surveille par ailleurs de plus en plus près les flux sortants de capitaux depuis le début de l’année 2017. Avec pour conséquence une chute des investissements à l’étranger de 196 milliards de dollars en 2016 à 102 milliards de dollars en 2017. Le gouvernement chinois veut éviter la trop grande fuite de capitaux, mais aussi améliorer la performance de ses investissements.

"Le taux de rendement moyen des investissements de China investment corporation, le fonds souverain, est d’environ 7 %, celui des autres investisseurs chinois tourne autour de 3 à 4 %, selon les chiffres officiels, explique Jialian Qin, de Grant Thornton. C’est très bas par rapport aux rendements moyens des investissements étrangers en Chine, qui est de 22 %."

En mars 2017, la Chine a énoncé de nouvelles règles concernant les investissements étrangers des entreprises publiques, qui représentent 70 % des flux totaux. Ces entreprises publiques doivent investir dans des secteurs stratégiques, comme la technologie, le nucléaire, les infrastructures. Le secteur de l’hôtellerie, dans lequel les chinois ont beaucoup investi en France, n’en fait pas partie. Le groupe chinois doit être par ailleurs en mesure de contrôler l’entreprise étrangère et doit pouvoir s’assurer d’un retour sur investissement.

Un nouveau fonds franco-chinois

"Nous devons, et c'est l'objectif que nous nous sommes fixés avec le président Xi Jinping, désigner les secteurs privilégiés sur lesquels nous souhaitons encourager un investissement chinois accru, dans nos entreprises françaises, dans les grands secteurs d'activité", a déclaré Emmanuel Macron au cours de sa visite.

La création du deuxième fonds d’investissement franco-chinois, par Cathay Capital et Bpifrance, devrait y contribuer. Ce fonds devrait lever jusqu’à 1,2 milliard d’euros dans le courant de l’année, pour investir dans des PME et des ETI des deux pays, pour les aider à s’implanter sur ces marchés.

Emmanuel Macron et Xi Jinping ont également installé un conseil des entreprises franco-chinoises.  Celui-ci aura notamment pour mission de renforcer les coopérations entre ces entreprises.

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