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Quotidien des Usines

Coca-Cola veut aider la planète à se refroidir

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Transition énergétique Soucieux de son impact environnemental, le champion mondial des boissons rafraîchissantes donne la priorité à la réduction des emballages de ses produits.

Coca-Cola veut aider la planète à se refroidir
Plastique, verre, métal… Dans les bouteilles de Coca-Cola, fabriquées à 90?% dans ses cinq usines hexagonales, 30 à 40?% des matériaux sont issus du recyclage. Comme le RPET, en provenance de l’usine Plastipak Packaging. Pour que le cycle soit vertueux, le géant américain incite les consommateurs à trier leurs emballages dans le centre pédagogique Infineo. Et travaille en parallèle avec la biotech néerlandaise Avantium, une spin-off de Shell, sur un plastique biosourcé.

A Sainte-Marie-la-Blanche (Côte-d’Or), des camions venus de toute la France, et même de certains pays voisins, se pressent chez Plastipak Packaging pour déverser leurs balles de bouteilles plastiques usagées. Dans l’usine, les bouteilles subissent plusieurs passages dans de gigantesques machines automatiques de tri optique, de tri infrarouge et de lavage, au sein d’un bâtiment à la chaleur étouffante, avant d’être réduites à l’état de paillettes. Dans l’atelier annexe d’extrusion, elles sont fondues à 285 degrés, puis transformées en longs ­spaghettis, cisaillés pour donner naissance à des granulés de PET recyclé, le RPET. À l’issue d’une étape chimique réalisée à 160 degrés, les granulés deviennent compatibles avec des usages alimentaires. La plupart d’entre eux prennent la direction de Grigny (Essonne), l’un des cinq sites d’embouteillage français de Coca-Cola European Partners (CCEP), la branche de Coca-Cola chargée de la fabrication, de la commercialisation et de la distribution des boissons. Grigny est le seul site à disposer depuis deux ans de sa propre chaîne de préformes, ces petits tubes qui seront soufflés pour devenir des bouteilles.

Le groupe américain intègre en moyenne 34 % de matériaux recyclés dans le plastique de ses bouteilles PET, 40 % dans le métal de ses cannettes et 40 % dans ses bouteilles en verre. L’enjeu est de taille pour le champion des sodas. Dans le cycle de vie des produits, la moitié des émissions de CO2 est générée par les emballages. Pour favoriser l’économie circulaire, CCEP a dû investir. En 2013, il a injecté 8,7 millions d’euros aux côtés de Plastipak dans une nouvelle chaîne pour atteindre 48 000 tonnes de ­plastique recyclé annuellement à Sainte-Marie-la-Blanche. À deux pas de l’usine, il a créé Infineo, un centre pédagogique sur l’économie circulaire des emballages. Chaque jour, Marie-Laure Bazerolle, sa responsable, y sensibilise écoliers, citoyens, collectivités locales et réseaux d’entreprises. « Le défi le plus compliqué est d’améliorer le taux de collecte des bouteilles, explique-t-elle. C’est tout l’enjeu pour passer d’une économie linéaire à une économie circulaire ! » À l’heure actuelle, « seulement 55 % des bouteilles en PET sont recyclées », précise Arnaud Rolland, le directeur responsabilité sociétale (RSE) de CCEP France. C’est pourquoi l’usine de Plastipak s’approvisionne en partie en bouteilles plastiques venues… de l’étranger !

Davantage de matériaux recyclés

Ses premiers engagements en faveur de la transition énergétique, Coca-Cola les a annoncés en 2008, à Atlanta (États-Unis). Une nouvelle stratégie RSE sera dévoilée en septembre, à l’issue de plusieurs mois d’échanges avec des consommateurs, des fournisseurs, des ONG, des salariés et des experts. Les enjeux de la nutrition et des emballages sont prioritaires pour les 12 000 personnes sondées en Europe. Quitte à sembler contradictoires… Car si l’acier est bien revalorisé en France, l’aluminium, présent également dans de nombreuses cannettes, n’est encore recyclé qu’à hauteur de 35 %. Les cannettes et petits contenants devraient être toujours plus nombreux dans la stratégie de Coca-Cola. Pour contrer la décroissance des sodas, le groupe est engagé dans une stratégie de diversification dans le thé, les boissons aux fruits… Et il mise en parallèle sur des formats plus petits pour mieux vendre ses produits historiques. Objectif, répondre aux attentes de consommateurs plus nomades et moins friands de sucre. CCEP a investi 265 millions d’euros entre 2009 et 2015 dans ses usines françaises pour flexibiliser et adapter sa production à ces petits conditionnements.

Si les emballages se multiplient, pourquoi ne pas faire progresser leur part de matières recyclées ? Coca-Cola y travaille, car de là dépend la viabilité de son business à long terme. Même si introduire du RPET coûte cher et présente encore un problème technique : au-delà de 50 % de RPET, la bouteille brunit et ne séduit pas… Un défi que Coca-Cola et ses fournisseurs devront relever. Le groupe américain avait déjà subi un revers en 2011 avec sa première génération de PlantBottle, composée à 22,5 % de PET d’origine végétale et à 25 % de PET recyclé. Très explicite, l’étiquette avait décontenancé les consommateurs, qui achètent leur Coca-Cola avant tout pour sa marque. Le géant américain multiplie les pistes de réflexion. Aux côtés de Danone, il est entré au capital de la biotech néerlandaise Avantium, une spin-off de Shell, inventrice d’un plastique biosourcé, le PEF (polyéthylène-furanoate). Une innovation qui nécessite néanmoins la mise en place d’une nouvelle filière industrielle et qui reste fabriquée à partir d’amidon et de sucre… donc en concurrence avec des usages alimentaires.

Quid des ingrédients, qui représentent 19 % de ses émissions de CO2 ? Pas question de toucher à la recette historique de l’incontournable boisson gazeuse ! Mais cette dernière, jalousement préservée, comporte 99 % d’eau. La gestion de cette ressource précieuse est devenue un enjeu crucial pour le leader des boissons fraîches. Certains des 900 sites d’embouteillage à travers le monde se sont vu reprocher, en Inde notamment, leur consommation d’eau. Il faut rincer les bouteilles en verre, refroidir les machines… Le groupe a mis en place un plan d’action mondial de protection des sources. Avec des cartographies de stress hydrique pour chacune de ses usines, des projets pour compenser l’eau utilisée menés avec l’ONG WWF et des plans pour réduire sa consommation, alors même que les volumes de production augmentent. Rinceuses de bouteilles à air, convoyeurs lubrifiés à sec, systèmes de traitement des eaux usées ultramodernes… En France, la quantité d’eau utilisée pour fabriquer un litre de boisson a été réduite de 27 % en treize ans. Le site de Castanet-Tolosan (Haute-Garonne) est devenu la référence mondiale du groupe avec une consommation moyenne de 1,15 litre pour y parvenir.

100 % d’électricité renouvelable

Grâce à leur maillage territorial, les cinq usines françaises du groupe produisent déjà aux portes de leurs fournisseurs et à 275 kilomètres maximum des entrepôts de leurs clients. Pour réduire d’un tiers leur empreinte carbone entre 2007 et 2020, elles recourent depuis l’an passé à 100 % d’électricité renouvelable. Gestion de l’eau, du niveau de pression d’air lors du soufflage, température du four à préforme… « À Socx (Nord), afin de piloter en temps réel la consommation ­énergétique de chaque partie de l’usine, plus de 150 compteurs individuels ont été mis en place », raconte Arnaud Rolland. Suscitant par la même occasion des économies sur l’achat d’énergie, d’eau et de matières, grâce à une démarche d’éco-conception menée avec les fournisseurs. Coca-Cola a d’ailleurs fait évaluer le degré de maturité RSE de ces derniers par l’agence de notation EcoVadis. Mais, tout au bout de la chaîne, ronronnaient toujours les matériels réfrigérés du groupe, des distributeurs… sans compter ceux des ménages. Éclairage LED, boîtiers régulateurs d’énergie permettent désormais au géant des boissons rafraîchissantes de moins réchauffer la planète. 

« Nous collaborons avec Nestlé, Danone et Éco-Emballages »

Arnaud Rolland, directeur responsabilité sociétale de Coca Cola European Partners France

  • Où en est la stratégie développement durable de Coca-Cola ?

Coca-Cola a fixé en 2008 ses premiers engagements de long terme pour 2020. Avec, en Europe de l’Ouest, une seule stratégie de responsabilité sociétale (fixant les objectifs concernant l’eau, le CO2…), déclinée par pays et révisée tous les trois ans. Mais cette année, nous menons une grande consultation de toutes nos parties prenantes (consommateurs, fournisseurs, ONG…), afin de présenter en septembre une nouvelle stratégie pour 2025.

  • Travaillez-vous avec la concurrence ?

Lors de la COP 21 en décembre 2015, nous nous sommes engagés, dans le cadre de l’initiative mondiale RE 100, à nous approvisionner uniquement en électricité d’origine renouvelable d’ici à 2020. Dès 2004, avec Unilever, nous avons décidé d’éliminer les gaz réfrigérants HFC. Nous collaborons également avec Nestlé, Danone et Éco-Emballages, notamment sur de nouvelles initiatives pour mieux sensibiliser les consommateurs au tri.

  • Être un leader dans les boissons implique des responsabilités…

On attend beaucoup de nous, notamment les associations. Et les grandes marques tirent vers le haut l’ensemble du secteur. Notre coentreprise Infineo, par exemple, n’est pas un levier marketing. Elle a pour vocation d’accueillir les parties prenantes et nos collaborateurs et de les sensibiliser aux enjeux de l’économie circulaire des emballages. 

 

Diminuer ses émissions de CO2 via le fret.

Lors de la COP 21, en décembre 2015, Coca-Cola a été parmi les premières entreprises à signer la charte Fret 21, engageant industriels et distributeurs. Depuis 2010, grâce au « backhauling », un système logistique visant à réduire les transports à vide des camions en mutualisant les moyens, CCEP France a économisé 3,2 millions de kilomètres et réduit d’autant de kilos ses émissions de CO2. Le transport des boissons représente encore 35 % des émissions carbone de ses activités directes et 6 % de l’ensemble du cycle de vie d’un Coca-Cola. Le groupe va faire davantage appel au ­ferroutage, jusqu’alors limité à 6 % du total des kilomètres parcourus par les 200 000 ­camions qu’il affrète, grâce à son maillage territorial. Et ­privilégier l’utilisation de camions au gaz naturel. 

 

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Usine Nouvelle N°3526-3527

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