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L'Usine de l'Energie

Cnim et Bpifrance se lancent dans le solaire thermodynamique

Arnaud Dumas , , , ,

Publié le

Cnim veut déployer plus rapidement sa technologie de centrales solaires thermodynamiques. L’industriel a créé une société commune avec Bpifrance, dotée de 55 millions d’euros de fonds propres, dont 25 millions d’euros apportés par la banque publique. De quoi financer le passage à l’industrialisation du projet porté depuis cinq ans par les ingénieurs de Cnim. 

Cnim et Bpifrance se lancent dans le solaire thermodynamique
Pilote Fresnel de la Seyne sur Mer.
© CNIM

C’est une nouvelle activité que veut lancer Cnim, le constructeur de systèmes industriels. L’ETI familiale basée à Paris vient de créer une filiale, baptisée SunCnim, pour assurer la commercialisation de sa technologie de concentration de l’énergie solaire. Il s’associe pour cela à Bpifrance, qui va prendre une part minoritaire dans la filiale via son fonds "société de projet industriel" (SPI). La banque publique va injecter 25 millions d’euros dans les fonds propres de SunCnim, sur un total de 55 millions d’euros.

Cnim est présente dans le secteur de l’énergie solaire depuis plusieurs années. "Nous avons été les pionniers du solaire thermodynamique  dans les années 80, rappelle Stanislas Ancel, le directeur général délégué de Cnim en charge du secteur environnement. Nous fournissions des systèmes pour la tour solaire de la centrale de Thémis, dans les Pyrénées-Orientales."

Une technologie simple et robuste

Depuis 2009, les ingénieurs de Cnim développent une nouvelle approche. Le système consiste à récupérer les rayons du soleil au moyen de miroirs disposés au sol, pour les concentrer sur un tube situé en hauteur. L’eau circulant dans le tube est alors transformée en vapeur. Celle-ci est utilisée soit pour produire de l’électricité, via une turbine à chaleur, soit pour produire du chaud ou du froid, ou encore être fournie directement à des industriels dont les procédés requièrent de la chaleur. Avantage par rapport au photovoltaïque, la chaleur se stocke plus facilement que l’électricité. La centrale peut donc continuer de tourner quelques heures la nuit ou en cas de passage nuageux.

"Toute la différence, c’est d’avoir conçu un objet simple et robuste, résume René Pujol, le directeur de la division énergie solaire de Cnim. Il fallait épurer au maximum le système pour arriver à la technologie la moins complexe possible, mais qui rend le service qu’on lui demande." SunCnim vise des marchés situés dans des pays à fort ensoleillement, souvent dans des zones désertiques, où la maintenance doit être réduite au minimum.

Cnim a déjà dépensé entre 10 et 20 millions d’euros pour développer son système. Un pilote de centrale solaire thermodynamique tourne depuis 2010 sur le site de son usine de la Seyne-sur-mer (Var). L’industriel doit désormais passer à l’offensive et trouver des débouchés pour sa technologie.

Partager le risque financier

C’est là que l’opération financière avec Bpifrance intervient. "Nous avions besoin d’un partenaire financier pour éviter que notre technologie ne reste dormante", confie Stanislas Ancel. Le fonds SPI, lancé début 2015, tombe au bon moment. Ce véhicule financier investit des sommes comprises entre 10 millions et 85 millions d’euros dans des sociétés communes créées autour d’un projet industriel.

"Notre idée, c’est d’apporter les moyens financiers permettant d’accélérer le développement de cette innovation, explique Magali Joessel, la directrice du fonds SPI. Cnim aurait sans doute pu la développer seule, mais moins vite." L’intervention de la banque publique permet aussi de réduire le risque financier pour l’industriel, en partageant une partie des coûts.

Les fonds apportés dans la société commune vont permettre d’installer une première centrale solaire thermodynamique à Llo (Pyrénées-Orientales), suite à un appel d’offre du gouvernement remporté par Cnim en 2012. La construction devrait commencer en 2016, pour une puissance installée de 9 mégawatts. Cette centrale devrait servir de vitrine à l’international, pour conquérir de nouveaux marchés.

Le chemin vers la rentabilité risque cependant d’être long. "Nous visons d’abord la fourniture de petites installations pour des clients privés qui ont besoin de vapeur industrielle, ou bien pour servir de complément à d’autres centrales solaires, confie Stanislas Ancel. Cela permettra de nous construire des références." L’industriel demeure secret sur les chiffres prévisionnels d’activité pour sa filiale, même s’il prévoit de créer à terme jusqu’à 500 emplois grâce à cette nouvelle activité.

En attendant, le fonds SPI assure qu’il saura être patient. Il prévoit de rester jusqu’à sept ans dans le capital de la filiale solaire, pour laisser le temps à la technologie de Cnim de faire ses preuves.

Arnaud Dumas

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