Cinq questions que vous vous posez (toujours) au moment du changement d'heure

Deux fois par an c'est pareil, on change d'heure et on se pose toujours les mêmes questions : est-ce qu'on gagne ou est-ce qu'on perd une heure ? Ça vient d'où cette histoire ? Ça ne devait pas s'arrêter d'ailleurs ? Du coup, L'Usine Nouvelle vous (ré)explique tout. Essayez de ne pas oublier cette fois !

Partager

Cinq questions que vous vous posez (toujours) au moment du changement d'heure
N'oubliez pas les horloges, les téléphones se régleront tout seuls.

Bon, du coup, on gagne ou on perd une heure ?

Déjà, évitons les termes trop vagues et parlons plutôt "avancer" ou de "reculer" d’une heure. En ce qui nous concerne aujourd’hui, on va reculer d’une heure. Dans la nuit du samedi 26 octobre au dimanche 27 octobre, à 3 heures du matin, on repassera à 2 heures. À midi, il sera 11 heures, À 18 heures, 17 heures. On aura l’impression d’avoir "gagné" une heure, notamment parce qu’on risque de se réveiller une heure plus tôt que d’habitude. Mais n’allez pas à nouveau vous embrouiller hein, dites juste qu’on recule d’une heure !

Ça vient d’où ce changement d’heure ?

L’heure d’hiver est en fait l’heure "originale" des pays occidentaux, celle pratiquée pendant des siècles. C’est Benjamin Franklin, alors ambassadeur des États-Unis en France qui, en 1784, évoque pour la première fois, dans le quotidien français le Journal de Paris, la possibilité de décaler les horaires afin d'économiser de l'énergie. L’idée tombe dans l’oubli, et réapparait au début du XXe siècle au Royaume-Uni.

VOS INDICES

source

logo indice & contations

Le contenu des indices est réservé aux abonnés à L’Usine Nouvelle

Je me connecte Je m'abonne

L’Allemagne est finalement la première à instaurer l’heure d’été le 30 avril 1916, suivi par le Royaume-Uni le 21 mai, la France le 14 juin, et les États-Unis en 1918. L’idée est toujours de réaliser des économies d'énergie grâce à une heure d'ensoleillement naturel de plus le soir. Durant la Seconde Guerre mondiale, la France occupée adopte l’heure allemande, ce qui crée un décalage d’une heure en hiver et de deux heures en été avec la zone libre. À la libération, l’heure d’été est abandonnée, mais le décalage d’une heure maintenue (vous suivez toujours ?)

À la suite du choc pétrolier de 1973, l’heure d’été est rétablie le 28 mars 1976, toujours dans un souci d’économie d’énergie. Provisoire, la mesure finit par être adoptée. Le passage à l’heure d’été a lieu le dernier dimanche de mars à 2 heures du matin, et le retour à l’heure d’hiver le dernier dimanche de septembre à 3 heures. Celui-ci passe au dernier dimanche d’octobre à la même heure à partir de 1996. L’heure d’été est progressivement adoptée par l’ensemble des pays de l’Union Européenne au début des années 1980, et les dates du changement d’heure sont harmonisées en 1998 par la directive 2000/84/CE du Parlement européen et du Conseil de l'Union européenne.

Est-ce que ça a vraiment servi à quelque chose ?

Selon une étude conjointe de l’EDF et de l’Ademe de 2010, l’économie réalisée en France en 2009 grâce à l’heure d’été est estimée à environ 440 GWh, soit 0,1% des 513 000 GWh consommés dans l’année. L’émission de 44 000 tonnes de CO2 aurait été évitée. Cependant, l’amélioration de l’efficacité énergétique, liée à l’utilisation de lampes plus économes et à l’adaptation de l’éclairage public à la luminosité ambiante, réduit progressivement les bénéfices attribués au changement d'heure. Selon l'Ademe, le gain devrait toutefois continuer quelques années et s'établir à 340 GWh en 2030. Dans un rapport de 2007, la Commission européenne, qui prend en compte d’autres coûts énergétiques, comme la surconsommation de carburant durant les heures estivales, estime que "les économies effectivement réalisées sont difficiles à déterminer, et, en tout cas, relativement limitées".

Quelles sont les conséquences de ces changements récurrents ?

Vraiment pas extraordinaires, apparemment. Selon une étude de 2017 commandée par le Parlement européen, "en ce qui concerne la consommation d'énergie, des économies marginales pourraient être observées pour les ménages privés dans les deux tiers des études publiées, mais cela ne s'applique pas à la consommation industrielle." Un constat qui va dans le sens du rapport français de l’Ademe de 2010. Cependant, d’autres études publiées en 2014 et 2016 révèlent que le passage à l’heure d’été pourrait être associé à une augmentation du nombre de crises cardiaques survenues les jours suivants. Une hausse qui pourrait être liée à l’heure de sommeil perdue lors du changement.

Côté professionnels, ça n’est pas vraiment mieux. Agriculture, transport, travail de nuit… De nombreux secteurs sont perturbés par ces changements récurrents.

Mais attendez, le changement d’heure, il ne devait pas être supprimé ?

En Europe, si… enfin en théorie. En 2018, la Commission européenne a organisé une consultation publique sur son maintien, ou non. Sur 4,6 millions de participants, 84% ont voté en faveur de sa suppression. En France, une autre consultation organisée par l’Assemblée nationale a révélé que 83,71% des votants souhaitaient également cette suppression. Quant à s’avoir s’il fallait garder l’heure d’hiver ou l’heure d’été, presque 60% avaient choisi cette dernière.

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Junker avait alors proposé la suppression à partir d’avril 2019, tout en laissant aux pays le choix du fuseau horaire. Mais la décision n’a pas fait consensus. Certains étaient pour, comme la Suède, la Lituanie, la Finlande, la Pologne et l’Allemagne. D’autres contre, comme l’Italie, le Portugal, la Grèce et la Grande-Bretagne. Aucun accord n’a non plus été trouvé sur l’heure à conserver. Lors d’un conseil des ministres fin octobre 2018, les États membres de l’UE ont alors décidé de reporter la décision à 2021. Rendez-vous a été pris le 26 mars 2021.

Partager

NEWSLETTER Economie Social et management
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.

Recevez directement leurs décryptages et analyses dans votre boîte mail:

Votre demande d’inscription a bien été prise en compte.

L'inscription aux newsletters vaut acceptation des Conditions Générales d'Utilisation. Lire la suite

Votre email est traité par notre titre de presse qui selon le titre appartient, à une des sociétés suivantes du : Groupe Moniteur Nanterre B 403 080 823, IPD Nanterre 490 727 633, Groupe Industrie Service Info (GISI) Nanterre 442 233 417. Cette société ou toutes sociétés du Groupe Infopro Digital pourront l'utiliser afin de vous proposer pour leur compte ou celui de leurs clients, des produits et/ou services utiles à vos activités professionnelles. Pour exercer vos droits, vous y opposer ou pour en savoir plus : Charte des données personnelles.

Fermer
LES ÉVÉNEMENTS L'USINE NOUVELLE

Trophée

TROPHÉES DES USINES 2021

100% digital , live et replay - 27 mai 2021

Gestion industrielle et Production

Déposez votre dossier avant le 26 février pour concourir aux trophées des usines 2021

Conférence

MATINÉE INDUSTRIE DU FUTUR

100% digital , live et replay - 27 mai 2021

Gestion industrielle et Production

Comment rebondir après la crise 2020 et créer des opportunités pour vos usines

Formation

Espace de travail et bien-être des salariés

Paris - 01 juin 2021

Services Généraux

Optimiser l’aménagement du bureau

LES SERVICES DE L'USINE NOUVELLE

  • Recherche le contact d'un décideur ou d'une entreprise industrielle

    AVRIL
ARTICLES LES PLUS LUS