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[Chronique RH] Quand l'idiot regarde la neige, le sage voit le retard français en matière de télétravail

Christophe Bys

Publié le

[Chronique RH] Quand l'idiot regarde la neige, le sage voit le retard français en matière de télétravail
photo d'illustration - archives
© DR

Dans une pièce de Ionesco, madame Smith dirait sûrement : "Tiens, il neige" et monsieur Smith continuerait son soliloque comme si de rien n'était, comme le font nos chers confrères depuis maintenant près de 24 heures. Il neige, la circulation est difficile et trop d'automobilistes ont été bloqués la nuit dernière. Le taquin Guillaume Erner qui anime la matinale de France Culture s'amusait ce matin à diffuser des reportages réalisés lors de précédents épisodes neigeux. Les mêmes causes... les mêmes effets et parions les mêmes débats : Météo France a-t-elle alertée en temps et en heure ? Le salage a-t-il été fait au bon moment et dans les bonnes proportions ? Qui a commis quelle faute ? Que fait la police ? Et pour les férus de numérique : la France ne sera jamais la Californie parce que ce n'est pas à San Francisco qu'on verrait ça ? La variante transhumaniste s'interrogera pour savoir si l'Homme augmenté à venir aura des chaussures anti dérapages reliées à son smartphone pour trouver le meilleur chemin par temps neigeux. 

La faute "à" la neige ou "à" nos archaïsmes ?

Et, si, pour une fois, on profitait de cette épisode chaotique pour poser la question qui fâche : le retard des entreprises françaises en matière de télétravail. On l'oublie un peu vite, mais si tant de personnes étaient sur les routes d'Ile-de-France, c'est certes parce qu'il neige, mais, aussi et surtout, parce qu'on continue de travailler dans des entreprises qui considèrent comme normal qu'un salarié passe plus de trente minutes dans sa voiture deux fois par jour, cinq jours par semaine. Les mêmes entreprises qui signeront toutes les chartes pour le développement durable et la responsabilité sociale et environnementale en prenant bien garde d'oublier les litres et litres d'essence dépensés en pure perte pour rapprocher les salariés de leur lieu de travail. Dans une interview qu'il nous accordait en décembre dernier, le DRH d'Orange, Jérôme Barré, faisait figure de super innovateur en expliquant que son entreprise avait crée une appli permettant aux salariés de télétravailler de façon exceptionnelle en cas de mauvais temps ou de problèmes dans les transports. Trois clics et la situation était régularisée depuis un smartphone. 

Il est urgent qu'une révolution managériale se produise dans ce domaine. On sait très bien d'où viennent les blocages : préjugés et culture du présentéisme erigés en norme, le "s'il n'est pas là, il dort chez lui, puis regarde Motus avant d'enchaîner sur les Z'amours". Comme si ne s'était pas développées de nouvelles formes de travail entre le tous au bureau et le chacun à la maison, comme les possibilités de prendre des abonnements dans des espaces de coworking. Combien d'entreprises financent aujourd'hui des places dans des tiers-lieux, quitte à réduire le nombre de mètres carrés de leurs espaces propres ? 

Bureaux fermés et statut 

RIP le management à la papy, l'histoire va contre toi. Laissez-moi vous rapporter une anecdote entendue lors d'une session de formation avec une quinzaine de responsables RH venus pour la plupart d'entreprises du CAC 40. La décision avait été prise de mettre en place un flex office pour plusieurs équipes d'une direction de cette entreprise. C'était un test en attendant la généralisation. 

Finis les bureaux individuels et les places attribuées, place à la souplesse avec de larges possibilités de télétravail. Tout était signé, quand un cadre de l'entreprise commença à faire de la résistance. Il expliqua à la RRH qui dirigeait le projet : "Tu comprends, par rapport à mes homologues, je vais être moins crédible si je n'ai plus de bureaux à deux fenêtres" (et oui il y a encore des entreprises où le prestige se mesure au nombre de fenêtres en 2018) et patati et patata. Quand ne trouvant plus d'arguments, il osa le classique : "Et puis mon travail requiert de la confidentialité, il me faut un bureau fermé." 

Ce monsieur était... le directeur de l'innovation, c'est dire le chemin qui reste à parcourir... avec ou sans pneu-neige.

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2 commentaires

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09/03/2018 - 09h22 -

La génération (Z) est déjà fatiguée avant de se lever. Les grands principes de l’humanité à beaucoups changé, dans les années 1900 le centre de nos préoccupations étaient le travail qui nous situait dans l’échelle de la hiérarchie et du sens de l’honneur. Nous nous posions pas de question sur les difficultés dans l’exercice de nos métiers. Il fallait réussir dans nos métiers sans notion de temps ou de fatigue. À aujourd’hui il faut remettre au travail les Français, leur donner le goût de l’effort et donc la réussite dans l’échelle des récompenses et c’est après que viendra l’amusement. Beaucoups d’entreprises se sont munis de personnes qui ne connaissent en aucun cas la déontologie du travail mais leurs propre Égaux réussir dans sa fonction en déléguant au maximum . Cela s’appelle un DRH ou m’as tu vue. Faudrait il revoir cette fonction ? Où avoir des personnes du bon métier ayant pratiqué les différentes fonctions à pouvoir. J’ai commencé ma carrière dans les années 60
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Nom profil

13/02/2018 - 21h56 -

Très bon article dans lequel je retrouve toutes les objections entendues au quotidien dans mon espace de Coworking et lors de mes missions de conseil pour transformer les entreprises !
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