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[Chronique RH] Et si on réhabilitait le travail des assistant.e.s au lieu de multiplier les chefs de projet

Christophe Bys ,

Publié le

[Chronique RH] Et si on réhabilitait le travail des assistant.e.s au lieu de multiplier les chefs de projet © Cambridge University - capture d'écran

Pour vendre un assistant électronique professionnel boosté à l’intelligence artificielle, une start-up promet de libérer une heure de travail par jour aux futurs utilisateurs. Le logiciel en question sert à coordonner les agendas des uns et des autres pour trouver un créneau pour un rendez-vous. Pour avoir été en contact avec ce faux assistant (auquel les créateurs de cette solution ont eu le bon goût de donner un nom féminin, merci le cliché sexiste), son efficacité est redoutable. Si on n’est pas prévenu, on croit vraiment envoyer et recevoir des mails d’une vraie personne, et on est plutôt épaté par son efficacité.

Ceci dit, le chiffre avancé dans la communication laisse pantois. Un cadre en 2018 passerait une heure par jour rien qu’à envoyer recevoir et répondre à des mails pour fixer des rendez-vous. 1 heure par jour, c’est plus ou moins 20 heures par mois, soit une demi-semaine de travail. Sur une année, c’est donc environ un mois de salaire qui serait dépensé de cette façon.

Un mois de travail de cadre pour organiser des réunions

C’est un mois et de demi de salaire de cadre qui est dépensé pour des tâches qui ne nécessitent pas les qualités qu’on prête régulièrement au personnel d’encadrement. Admettons que la publicité du logiciel d’IA exagère quelque peu et que la vérité soit un peu au-dessous, aux alentours d’un mois. Imaginons maintenant une entreprise qui compte 12 cadres, c’est donc un an de salaire de cadres qui est consacré à des tâches qui pourraient être payées bien moins chères.

Surtout, c’est un an de travail de cadre qui n’est pas fait, où au lieu de prospecter des marchés, négocier des crédits ou, encore, trouver des talents pour préparer l’avenir qui est perdu en tâches rébarbatives. Une telle aberration paraît incongrue à l’heure du contrôle de gestion et de la feuille excel triomphante. Comment nos financiers à l’affût du moindre abus ont-ils fait pour ne pas réaliser l’aberration de cette organisation du travail. C’est d’abord qu’ils ont la passion du moins. Un.e assistant.e en moins, c’est d’abord une dépense en moins, rien de tel pour augmenter la marge que de réduire la masse salariale.

Contrôle de gestion et économies de bouts de chandelle

Qu’importe si après le travail des uns et des autres devient moins intéressant. Il en faudra des notes, des études, des appels d’offres (et donc encore du temps perdu) pour convaincre le DSI, le DRH et les managers que recourir à un service de prise de rendez-vous automatisés présente un intérêt financier, car là encore les uns et les autres verront la dépense avant de voir la potentielle source de dépenses (et on le sait leurs poches sont tapissées d’oursins, il faut faire plaisir à l’actionnaire). Nos grands-mères auraient parlé d’économies de bout de chandelle. A l’heure de la mondialisation, du management collaboratif et de la share value, on en est toujours pas sorti. Dommage !   

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