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Choisir aujourd'hui les technos de demain

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Aider les entreprises à orienter leur R & D, c’est l’objectif de l’étude « Technologies clés 2020 » commandée par le ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique.

Choisir aujourd'hui les technos de demain
Thalesa réalisé, en partenariat avec l’École nationale supérieure d’arts et métiers ParisTech à Lille, Akeo+ et Kuka, ce cobot pour le projet Saphir.

Microfluidique ? Internet des objets ? Cobotique ? Nanoélectronique ? Pas facile de s’y retrouver dans le foisonnement technologique. Sommées d’innover, les entreprises, et notamment les PME, ont du mal à repérer parmi les technologies émergentes – ou déjà en phase de maturation –celles qui leur seront indispensables pour créer de nouveaux produits et gagner des marchés.

Pour les aider à prendre des initiatives et à faire des choix, la Direction générale des entreprises (ministère de l’Économie, de l’Industrie et du Numérique) publiait, en mai dernier, un copieux rapport de 640 pages, intitulé Technologies clés 2020, réalisé par Erdyn et Alcimed. C’est la cinquième fois que les pouvoirs publics se livrent à cet exercice, qui a lieu tous les cinq ans. Mais cette fois, les experts se sont intéressés avant tout aux besoins et aux usages futurs, avant d’en déduire les technologies clés pour les marchés de 2020 et d’après. Un changement de perspective qui les a conduits à redéfinir certains des neuf secteurs d’application : les « Technologies de l’information et de la communication », qui sonnent un peu désuet, sont devenues le « Numérique », les « Transports » se sont transformés en « Mobilité », et le « Bâtiment » en « Habitat ». Par ailleurs, si un secteur « Loisirs et culture », oublié jusque-là, fait cette année son apparition, le plus notable est l’entrée en scène du secteur d’application « Sécurité », dont les enjeux sont cruciaux, des risques sanitaires à la cybersécurité, en passant par la prévention des risques naturels.

Tous secteurs confondus, pas moins de 47 technologies clés ont été répertoriées pour 2020. C’est beaucoup, mais c’est tout de même un progrès par rapport à la liste d’il y a cinq ans qui en comptait 85… Parmi ces 47, plus de la moitié sont en fait transversales, et certaines concernent même la plupart des secteurs d’applications. Au tableau d’honneur des technologies les plus diffusantes : les capteurs, l’internet des objets, la valorisation et l’intelligence des données massives (autrement nommé : big data), la simulation numérique, les matériaux avancés. Mais le rapport montre aussi la place que devrait prendre la robotique – les robots autonomes et coopératifs qui concernent tous les secteurs, y compris « loisirs et culture ».

État des lieux des atouts et faiblesses des entreprises

Pour les industriels, l’information la plus pertinente est celle qui permet de dresser un tableau des atouts et des faiblesses des entreprises et des laboratoires de recherche français dans chaque secteur. Des opportunités a priori moins immédiates sont aussi mises en évidence. L’alimentation, l’environnement et la santé sont les trois secteurs où les entreprises et les laboratoires français sont, en général, bien placés. Ainsi, dans l’alimentation et la santé, les chercheurs français sont leaders ou coleaders sur 70 % des technologies concernées, affirme le rapport. Dans l’alimentation, les procédés de la chimie verte et de l’ingénierie génomique sont des technologies stratégiques, elles sont une opportunité pour les acteurs français. Mais aussi, et c’est moins immédiat, l’internet des objets (traçabilité des aliments, gestion des stocks, nouveaux modes de distribution…), et la valorisation des données massives. De la même manière, pour l’environnement cette fois, les Français sont plutôt bien partis sur des technologies clés comme la chimie verte, la gestion de l’eau ou le traitement des sols. Pour le même secteur, le rapport souligne les chances à saisir sur les systèmes embarqués, la simulation numérique et, toujours, l’internet des objets.

On retrouve bien sûr les objets connectés parmi les technologies clés du secteur numérique qui offrent une opportunité aux entreprises et aux laboratoires français, aux côtés des réseaux 5G, des systèmes embarqués, de la nanoélectronique… Et là encore le travail des experts a l’intérêt de mettre en relief des technologies moins attendues, mais au potentiel intéressant, telles que l’analyse comportementale. Sur ce secteur très porteur du numérique, dynamisé par quelques grands groupes (STMicroelectronics, Orange) et par les start-up de la french tech soutenu par une recherche au meilleur niveau mondial, le rapport Technologies clés 2020 ne manque pourtant pas, comme il le fait pour tous les secteurs, d’épingler les faiblesses françaises : l’absence de maîtrise des composants électroniques de base, la faible capacité d’investissement, l’inexistence de système d’exploitation made in France…

Un bon niveau de recherche académique

Dans le domaine de la sécurité, les auteurs notent l’existence de leaders mondiaux français (Morpho, Thales, Gemalto, Cassidian…), et d’un bon niveau de recherche académique. Mais aussi d’une multitude de petits acteurs (4 500 entreprises) qui peinent à exporter. Dans l’énergie, la France bénéficie à la fois de grands groupes (EDF, Total…) et de moyens de recherche importants (CEA, Ifpen…), mais elle est pénalisée sur certaines filières « déséquilibrées » – l’absence de production de cellules photovoltaïques, par exemple. Pour le domaine du transport, rebaptisé et élargi à la « Mobilité », l’envergure mondiale des industriels français, constructeurs, équipementiers, sous-traitants et opérateurs, constitue une force pour le développement de nouveaux services. Le secteur doit aussi prendre en compte la menace que représentent les nouveaux entrants et les nouveaux modèles économiques venus du numérique. Le constat est similaire dans l’habitat – forte présence mondiale des acteurs français et pression de nouveaux entrants. Un diagnostic de portée très large, puisque sur les 47 technologies clés identifiées par les experts, 18 sont directement issues du numérique.???

Recherche et industrie pas toujours en phase


En position de leadership, dans la moyenne, ou en retard. Ainsi est qualifiée la position des entreprises ou des laboratoires français dans la compétition mondiale, pour chacune des 47 technologies clés 2020.

Quand laboratoires et entreprises sont qualifiés de leaders, la France peut être considérée en position de force. C’est le cas dans les procédés de la chimie verte, dans les réseaux électriques intelligents, la microfluidique, l’imagerie pour la santé, la méta-omique, le traitement des sols pollués, le recyclage des métaux critiques.

Les laboratoires de recherche sont parfois au meilleur niveau, mais le secteur industriel correspondant est faible ou insuffisamment développées. Ce décalage affecte par exemple la fabrication additive, et le photovoltaïque.

Et quand la recherche se contente d’être « dans la moyenne » tandis que les entreprises sont « en retard », c’est un signal négatif, que le rapport Technologies clés 2020 émet à propos de l’exploitation numérique des données de santé, des batteries de nouvelles générations, des récupérateurs de chaleur.

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