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Chez Solvay, innover c’est se tromper

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Le droit à l’erreur est une thématique qui monte au sein du management des entreprises. Pour le nouveau directeur de la Recherche et de l’innovation de Solvay, Nicolas Cudré-Mauroux, cette approche est parfaitement légitime mais gérée avec discipline. Explications.

Chez Solvay, innover c’est se tromper
Nicolas Cudre-Mauroux, directeur R&I de Solvay
© DR

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En partenariat avec Industrie Explorer

"Se tromper, ça fait complètement partie de mon job", s’exclame Nicolas Cudré-Mauroux, directeur recherche et innovation de Solvay. La nouvelle recrue de Solvay (27 ans chez Dupont avant de rejoindre le chimiste en septembre dernier) supervise 360 millions d’euros de recherche et revendique le fait de savoir à la fois lancer des projets et les arrêter.  En positivant.

Le budget de recherche et innovation est réparti pour partie entre les 15 business et pour une autre en central. En central (17 % du budget de R&I) on loge les projets les plus risqués et ceux qui peuvent irriguer plusieurs business. Le taux de succès de ces projets ne dépasse pas 50 %, plutôt de l'ordre de 20 à 30 % mais ce niveau n’inquiète pas plus que cela Nicolas Cudré-Mauroux.

"Quand on tire la prise, il faut juste ne pas oublier d’apprendre", explique-t-il. "Sur des projets débranchés à plusieurs millions d’euros on trouve toujours le moyen d’utiliser d’une autre façon les compétences acquises."

Le nouveau directeur est en train de systématiser dans les divisions de business, des outils tels que "les diagnostics post-mortem.“ Il incite les collaborateurs dans les réunions de revues de recherche à parler aussi des projets avortés et tente d’inculquer une discipline pour partager les enseignements de chacun d’entre eux.

Mais comment faire pour positiver ce qui peut-être perçu par des collaborateurs très engagés comme un échec ?  Selon lui, il faut changer les termes : "fermer des projet c’est libérer des ressources pour se repositionner sur de nouvelles opportunités." Le budget n’est pas extensif, le plus grave c’est de se tromper pendant trop longtemps. Il estime que sa responsabilité principale est la gestion d’un portefeuille avec des objectifs à plus où moins long terme mais toujours dans une direction précise.

Comprendre l'ensemble de la chaîne de valeur

Si  l’échec est inhérent, voire constructif en matière d’innovation, il ne constitue pas un objectif en soi. L’homme qui orchestre l’innovation du chimiste a pour mission de le réduire et pour cela il mise sur une bonne collaboration entre l’amont et l’aval, la recherche et le marketing.

"Je préfère un projet de recherche mal exécuté mais dans la bonne direction qu’un bon projet dans la mauvaise direction." Pour lui répondre à de vrais besoins, implique de ne pas s’intéresser seulement au client, "celui que l’on facture", mais aussi "au client des clients et à l’ensemble de la chaîne de valeur d’un secteur".

L’équipe de R&I centrale compte ainsi une dizaine de collaborateurs aux compétences marketing, qui passe du temps à décrypter l’environnement, à comprendre où se prennent les décisions, à parler avec des acteurs clés, y compris les influenceurs comme les instances règlementaires. "Le but c’est de valider un maximum avant de lancer nos chercheurs qui sont une ressource coûteuse." Les mégas tendances qui irriguent la recherche chez Solvay sont identifiées : la réduction de l’empreinte environnementale (allègement des matériaux, stockage de l’énergie, réduction des pesticides, ou de l’usage de l’eau), la globalisation (adaptation des applications aux besoins des pays émergents), le numérique (matériaux intelligents et réactifs pour servir le développement de l’internet des objets par exemple)… La recherche et l’innovation du groupe compte 2350 collaborateurs dans le monde, dont 640 en France autour de trois centres à Saint-Fons (69), Bordeaux(33) et Aubervilliers (93).

Anne-Sophie Bellaiche

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