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Chez Renault, l'Etat fait valoir ses droits d'actionnaire (et c'est plutôt une bonne nouvelle)

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Publié le , mis à jour le 24/04/2015 À 08H08

Chez Renault, l'Etat fait valoir ses droits d'actionnaire (et c'est plutôt une bonne nouvelle) © Pascal Guittet - L'Usine Nouvelle

L'Etat-actionnaire en a fini de jouer les naïfs. En tout cas chez Renault. Oubliés les temps pas si lointains où l'administrateur dépêché par Bercy acquiescait béatement à tout ce que proposait le patron de Renault. L'Etat, à travers son ministre de l'Economie, de l'Industrie et du Numérique, Emmanuel Macron, a décidé de faire valoir ses droits d'actionnaire en utilisant tous les moyens qu'il a sa disposition. Et il le prouve : pour rejeter la résolution visant, lors de la prochaine assemblée générale, à bannir le droit de vote double pour les actionnaires de long terme, la puissance publique n'a pas hésité à acquérir 4,73% des actions (temporairement) pour constituer une minorité de blocage.

prendre temporairement une minorité de blocage

Ce réveil de l'Etat-actionnaire n'est vu d'un bon oeil ni par la communauté financière ni par les dirigeants de Renault, à commencer par Carlos Ghosn. Certains fustigent le fait que Bercy utilise des outils que ne renieraient pas certains fonds activistes mais Emmanuel Macron n'en a cure. Dans un courrier adressé au PDG cette semaine, le ministre rappelle clairement ses intentions : prendre temporairement une minorité de blocage pour rejeter une résolution (sur laquelle il avait déjà alerté le PDG en amont). La lettre, citée par Les Echos, met aussi le doigt là où cela fait mal en rappellent que l'Etat est actionnaire de Renault depuis 70 ans et qu'en pleine crise le PDG de Renault a su être à l'écoute de son actionnaire de référence pour bénéficier d'un prêt d'urgence.

Autrement dit : n'en déplaise au patron du Losange, la destinée de Renaut, ce n'est pas seulement son affaire mais aussi (et surtout ?) celle de l'Etat français qui détient -faut-il le rappeller ?- la plus grande part du capital. Qu'on se le dise : l'Etat reprend en main son destin d'actionnaire et est prêt à en faire valoir tous les droits afférents. Et c'est plutot une bonne nouvelle.

Thibaut de Jaegher

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2 commentaires

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29/04/2015 - 13h54 -

Bonjour, J'ai travaillé à une époque à la Compagnie Générale d'Electricité, qui comprenait Alstom, Alcatel, Cables de Lyon, Chantiers de l'Atlantique, CGEE, enfin
180 000 personnes. Et ce qui en reste, pas grand chose.
Pour Seita, on ne peut pas dire que cela soit mieux, aujourd'hui c'est Norbert D'Entresengle premier transporteur français qui disparait. C'est vrai il faut payer les taxis de Madame et les Maitresses de Monsieur, et les frais de justice des enfants de la ministre.
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Nom profil

25/04/2015 - 14h40 -

amitiés à tous,
"une bonne nouvelle" ? tu es naïf Thibaut
l'Etat n'est jamais un bon gestionnaire, tout ce qui est public finit toujours par perdre de l'argent.
Confiez le Sahara à des fonctionnaires, et un an plus tard ils importent du sable ! dit la sagesse populaire
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