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Ces PME qui rêvent du marché iranien

Solène Davesne , , ,

Publié le

Le Medef conduit près de 150 entreprises, dont une moitié de PME, à Téhéran jusqu’au 23 septembre. Même si les sanctions internationales ne sont pas encore levées, les entreprises veulent reprendre pied sur le marché. 

 

L’affluence a surpris même le Medef. Le voyage organisé par l’organisation patronale en Iran, du 20 au 23 septembre a dû refuser du monde. Au final, près de 150 chefs d’entreprises devraient faire partie de la délégation.

Particularité: à côté des grands groupes présents de longue date sur le marché iranien, la moitié de la délégation devrait être constituée de PME, dont certaines découvrent Téhéran. Carole Garcia a pris un peu d’avance. La présidente de Graine de pastel, une PME toulousaine de cosmétique, a signé depuis juin un partenariat avec un distributeur local, pour y vendre ses huiles et soins à base de graine de pastel.

"L’Iran est le septième marché mondial pour les cosmétiques. Il y a 38 millions de femmes très soucieuses de leur beauté", se réjouit la patronne de la PME, qui compte doubler son activité à l’export d’ici 2018.

Pour l’instant, les promesses sont encore à confirmer. Car pour Carole Garcia, le problème est aussi de rapatrier ses bénéfices, lorsqu’elle en fera. La PME a signé avec sa banque un engagement à ne pas faire de transaction avec l’Iran, alors que les sanctions internationales sont encore en place.

Du potentiel

Christian Laplaud, de son côté, défriche encore le marché. Il y a quelques années, Altéreo sa PME spécialisée dans l’ingénierie de l’eau, a recruté un doctorant d’origine iranienne. Un atout que le patron entend utiliser pour vendre sa technologie permettant d’établir des cartographies des canalisations d’eau dans le pays. "Les infrastructures se sont dégradées. Les Iraniens ont des besoins importants", analyse le patron de la PME de 150 salariés, qui cherchent des partenaires potentiels.


Plus aguerri, le fabricant de meubles Gautier, qui dispose déjà d’une dizaine de magasins franchisés au Moyen-Orient, a lui aussi commencé à prospecter le marché. Historiquement, l’Iran était le premier pays où le groupe s’était lancé à l’export, avant la république islamique. "L’Iran représente un potentiel trois fois supérieur à l’Arabie saoudite, où nous avons déjà six magasins. Cela peut constituer un très gros marché", souligne David Soulard, le directeur général du groupe vendéen de 950 salariés,  qui a déjà été contacté depuis plusieurs mois par des possibles partenaires.

Le fabricant espère accélerer l’an prochain, même s’il préfère prendre ses précautions "Contrairement à d’autres pays, l’Iran dispose d’une industrie du meuble locale. Il faut choisir avec précaution son partenaire", note-t-il.

La prudence est de mise

Aux sanctions s’ajoutent les risques financiers. La Coface ne couvre pas pour l’instant le commerce vers l’Iran. "Il faut faire attention aux contacts spontanés. Les entreprises sont très sollicitées par des Iraniens", souligne Yves Thibault de Silguy, le vice-président du Medef international qui va conduire la délégation.

Avec ses 80 millions d’habitants et sa classe moyenne éduquée et urbanisée, l’Iran voit défiler depuis plusieurs semaines les délégations d’entreprises allemandes, italiennes ou autrichiennes. Mais pour signer des contrats, il faudra encore attendre. Le rapport intermédiaire de l’AIEA, attendu pour mi-décembre, devrait ouvrir la voie à la levée progressive des sanctions internationales. Celle-ci devrait prendre près de six mois.

Solène Davesne

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