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Ces collections d’art que les entreprises aiment montrer

Arnaud Dumas

Publié le

Les entreprises aussi ont leur danseuse. Selon une étude sponsorisée par Axa Art, les entreprises se prennent de plus en plus de passion pour l’art. Œuvres contemporaines ou liées à l’histoire de la marque, ces collections permettent en général à leur propriétaires de valoriser leur activité.

Ces collections d’art que les entreprises aiment montrer
Collection artistique d'Axa
© Pieter de Vries

Un tableau abstrait affiché derrière le bureau du patron. Une sculpture en bronze qui trône au milieu du hall d’accueil. Un musée célébrant l’histoire de la marque qui occupe un espace dédié à proximité du siège historique. Le monde de l’art et celui des entreprises sont de moins en moins séparés. A tel point qu’Axa Art, le département spécialisé dans les collections d’œuvres d’art de la compagnie d’assurance, a décidé de sponsoriser une étude sur la question.
Qui sont ces entreprises collectionneuses ? Pourquoi achètent-elles des œuvres d’art ? Pour combien ? Nathalie Moureau, économiste et professeur à l’université Paul Valéry de Montpellier, s’est attachée à examiner ces collectionneurs d’un genre un peu particuliers pour tenter d’en déterminer les motivations.

Deux types de collection

Les entreprises collectionneuses n’ont pas toutes les mêmes centres d’intérêt. Nathalie Moureau distingue deux catégories. D’abord celles dont la collection est patrimoniale, attachée à l’histoire de l’entreprise et composée d’archives, d’anciennes collections, ou de produits emblématiques. C’est le cas, par exemple, des marques automobiles Peugeot et Citroën qui chacune ont conservé une grande partie de leurs modèles. PSA a son propre musée à Sochaux. Les Galeries Lafayette disposent aussi d’une vaste collection d’éléments aussi divers que d’anciens procès-verbaux d’assemblée générale, des photos, des catalogues, du textile et quelques objets.
La deuxième catégorie est composée d’entreprises achetant des œuvres d’art, souvent contemporaines, et fréquemment sous l’impulsion d’un PDG lui-même collectionneur. Le groupe fromager Bel a créé en 2010 le Lab’Bel, un laboratoire artistique abritant sa propre collection et soutenant l’art contemporain.
Un point commun les réunit. "Ces collections sont assez récentes", souligne Nathalie Moureau. Selon son étude, 60 % des collections patrimoniales et 83,6 % des collections artistiques ont été créées après 1990. En majorité, ces œuvres sont détenues par l’entreprise, plutôt que par des fondations ou des fonds de dotation.

La communication, principale utilité

C’est donc aujourd’hui une véritable tendance dans les entreprises françaises. Pour des raisons diverses : redécouverte de l’histoire de la société, volonté de se démarquer des autres, ou simple passion du patron. Mais une fois établie, la collection doit trouver son utilité.
La communication, aussi bien en interne qu’auprès du grand public, représente le principal lien entre cette "danseuse" de l’entreprise et son objet social. Et ça paye. Les collectionneurs sont 70 % à déclarer avoir bénéficié d’au moins une retombée presse, écrite, TV ou radio du fait de leur action. Si beaucoup d’œuvres servent à orner les locaux de la société, les sociétés collectionneuses ne sont pas toutes avares de leurs richesses et organisent régulièrement des événements pour les présenter. C’est le cas pour 52 % des collections artistiques et 61 % des collections patrimoniales.
Et dans plus de 60 % des cas, ces événements sont destinés au grand public. De décembre 2015 à février 2016, le malletier Louis Vuitton s’est ainsi offert le Grand Palais, à Paris, pour exposer toute l’histoire de sa bagagerie de luxe. L’exposition gratuite, baptisée "Voguez, volez, voyagez", a accueilli près de 200 000 visiteurs avant de s’envoler pour Tokyo, au Japon.
Quelques entreprises établissent même un petit commerce à partir de leurs trésors. Elles produisent des séries limitées (pour 8 % des collections artistiques et 26 % des collections patrimoniales), des produits dérivés (pour 10 % des collections artistiques et 13 % des collections patrimoniales), s’en servent pour customiser leurs produits (pour 12 % des collections artistiques et 19 % des collections patrimoniales) ou… pour orner leur carte de vœux annuelle (pour 44 % des collections artistiques et 32 % des collections patrimoniales).

Toutes tailles d’entreprise

Quant au profil type de l’entreprise collectionneuse, il n’existe pas vraiment… "On trouve des collectionneurs dans toutes les tailles d’entreprises, déclare Nathalie Moureau. Et il y a un nombre non négligeable de PME parmi eux." Quelques secteurs d’activité ont cependant plus tendance à préserver leur patrimoine que d’autres. Celui du luxe-mode-beauté représente 26 % des collectionneurs patrimoniaux, l’industrie-énergie 23% et l’agroalimentaire 13 %. Pour les collections artistiques, le secteur de la banque et de l’assurance représente 21 %, celui de l’immobilier 18 % et celui des cabinets de conseil 15 %. "Il s’agit souvent de secteurs qui recherchent une clientèle fortunée", analyse l’universitaire.
"Ces collections sont encore assez jeunes et assez fragiles, prévient toutefois Nathalie Moureau. Il y a un pourcentage non négligeable d’entreprises qui ne consacrent pas de budget fixe annuel pour l’enrichissement de leur collection." Pour autant, les œuvres restent dans l’entreprise quoi qu’il arrive ; dans plus de 80 % des cas, elles déclarent ne pas vendre leurs pièces. "C’est une singularité par rapport aux collectionneurs individuels", explique Nathalie Moureau.
Une question reste tabou néanmoins, celle de la valeur totale de ces collections. "C‘est un tabou plus fort dans l’artistique, remarque Nathalie Moureau. Il y a sans doute une crainte de divulguer la valeur d’une collection qui n’est pas directement liée à l’objet social de l’entreprise."

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