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Ces 10 pros de la french fab qui s'inspirent de la french tech

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Pour créer de la valeur, la french fab peut s’inspirer des start-up de la french tech. L’Usine Nouvelle a sélectionné dix sociétés qui l’ont compris.

Ces 10 pros de la french fab qui s'inspirent de la french tech © photo pascal Guittet

Cosmétique
La potion magique de Laboté
La start-up a développé un procédé d’émulsion à froid pour produire en quelques minutes des crèmes sur mesure.
L’élégante devanture aux couleurs acidulées en plein cœur de Paris dissimule un secret bien gardé. Derrière la vitrine, un modeste laboratoire titille pourtant les géants de la cosmétique. Cette pépite, c’est le brevet déposé en 2015 après deux ans de R & D par Lucile Battail, docteur en pharmacie et créatrice de Laboté. Son procédé d’émulsion à froid permet de produire des soins sur mesure à partir d’ingrédients frais en moins de dix minutes. « Tout est parti du constat que les produits cosmétiques standards, fabriqués en série, ne pouvaient pas convenir à toutes les peaux, explique la jeune entrepreneur. J’ai commencé à élaborer des formules moi-même jusqu’au jour où j’ai mélangé deux ingrédients et où la magie a opéré. » L’intérêt majeur de ce mode de fabrication, pour la start-up, est le circuit court. « La cliente utilise une crème tout juste sortie du laboratoire, quand un produit de série est stocké au minimum un an avant d’être acheté. Les actifs sont bien plus efficaces », assure Lucile Battail. Un modèle qui fait recette puisque Laboté vient de remporter un concours et décroche ainsi le droit d’ouvrir une boutique – la deuxième de la marque – dans l’un des centres commerciaux du groupe Unibail-Rodamco. Ses produits sont également en vente sur internet. 
 
Textile
Lemahieu se diversifie avec la french tech
L’industriel lillois réussit à rester en France en réinventant son modèle.
Elle résiste, l’usine Lemahieu spécialisée dans le textile technique pour la fabrication de sous-vêtements. Située près de Lille (Nord), la société familiale a subi de plein fouet la vague de délocalisation de l’industrie textile. Mais a tenu bon. « Nous avons toujours travaillé sur des produits de niche à forte technicité, explique Édith Lemahieu, qui dirige l’entreprise avec Olivier Diers, son mari. Nous sommes une succession de start-up depuis soixante-dix ans ! » Depuis quatre ans, son partenariat avec la start-up Le Slip Français porte l’usine. Un partenariat simple comme un coup de fil passé à Guillaume Gibault, le fondateur de la jeune pousse, alors qu’il cherchait un endroit où fabriquer ses slips. « Nous avons apporté notre expérience industrielle, lui sa communication nouvelle génération », raconte Édith Lemahieu. Une piqûre de french tech qui dynamise la PME familiale. Elle part en conquête et va chercher de nouveaux contrats. Elle qui ne fabriquait que pour sa propre marque, Achel, réalise désormais 30 % de sa production pour d’autres sociétés. Elle monte également en gamme, avec une nouvelle collection à son nom dédiée non plus aux grandes surfaces, mais aux commerces de détail. Cette stratégie a été rendue possible par l’organisation interne de l’usine. « Aujourd’hui, nous devons fabriquer de plus petites séries, avoir des salariés polyvalents, explique Olivier Diers. La productivité n’a plus la même signification qu’avant, il faut désormais avoir le bon produit au bon moment. Les gains viennent plus de la fluidité de notre organisation que de la rapidité des machines. » Cela fonctionne. Lemahieu devrait réaliser 6 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année, en progression de 12,5 %, et continuer de recruter pour passer rapidement de 98 à 110 salariés.
 
Orthopédie
ScientiFeet profite des synergies avec Prodways
Rachetée par Prodways qui imprime ses semelles, la start-up se concentre sur son métier.
C’est l’histoire d’un échange de bons procédés. En janvier 2016, Prodways, le spécialiste français de l’impression 3D, rachète ScientiFeet, une start-up qui permet aux podologues de fournir à leurs patients des semelles orthopédiques personnalisées. Grâce à cette opération, il gagne en visibilité sur le marché du médical, ciblé comme un secteur d’avenir pour l’impression 3D. Avec son nouvel actionnaire, ScientiFeet gagne en rapidité. « Nous allons cent fois plus vite sur le marché en allant chercher de la compétence intragroupe, ou même ailleurs, plutôt que d’essayer de tout faire nous-mêmes », explique le responsable des opérations de ScientiFeet, Cyrille Pailleret. La start-up se concentre sur son savoir-faire, le développement du logiciel pour la modélisation de la plante des pieds et les relations avec les podologues. L’industriel fabrique les semelles à Annecy (Haute-Savoie) et les livre en cinq jours.
 
Nicolas Decayeux réindustrialise Amiens avec WN
Le dirigeant du groupe Decayeux transforme le site Whirlpool.
C’est l’un des hauts lieux de l’entre-deux-tours de la dernière campagne présidentielle. Les salariés de l’usine Whirlpool d’Amiens (Somme) manifestent contre la délocalisation de leur site de production annoncée en janvier et prévue en juin 2018. Fin avril, Marine Le Pen et Emmanuel Macron se succèdent face aux salariés en colère. C’est finalement Nicolas Decayeux, le dirigeant de l’ETI familiale du même nom spécialiste des boîtes aux lettres, qui apportera une solution pour pérenniser le site au travers de sa nouvelle société WN. Il signe début septembre avec Whirlpool la reprise de l’usine, qu’il va complètement transformer. Fini la fabrication de sèche-linge, Nicolas Decayeux propose un projet plus innovant. Nouveaux produits, nouveaux services, nouvelle organisation, l’industriel veut tout révolutionner pour assurer la pérennité de l’usine. Le site d’Amiens produira désormais des chargeurs pour véhicules électriques et des casiers réfrigérés pour l’agroalimentaire, la santé ou encore la restauration. Surtout, cette nouvelle société créée par Nicolas Decayeux se veut ouverte sur le reste de l’industrie. L’offre WN Open Factory permettra à des PME spécialisées dans l’aménagement et le mobilier urbain de concevoir et fabriquer leurs produits sur le site d’Amiens. Un moyen pour l’industriel de faire de l’open innovation, mais aussi de charger ses lignes de production. Tout en promouvant le made in France. Le projet nécessite un investissement de 21 millions d’euros, partagé par Whirlpool, l’État, la Région et les collectivités locales, qui seront débloqués au fil du temps. WN va reprendre 277 emplois sur les 290 que compte le site aujourd’hui. Ils vont progressivement passer de la production de sèche-linge à celle des nouveaux produits WN. 
 
Literie
La Compagnie Dumas intensifie son marketing
Pour se faire un nom dans son secteur, la PME fait vivre ses marques sur internet.
« Les matelas et sommiers accaparent toute la communication sur le sommeil… », soupire Édouard Dumas, le dirigeant de la PME familiale de plus de cent ans d’âge. Difficile de se faire un nom sur le marché des accessoires de literie ! La Compagnie Dumas veut faire reconnaître la fabrication made in France de ses oreillers, couettes et surmatelas. Elle n’hésite pas à adopter les techniques des start-up. Elle a lancé Petit Meunier, une marque d’oreillers d’entrée de gamme disponible sur internet et dans quelques réseaux de distribution. Un questionnaire développé avec le centre du sommeil et de la vigilance de l’Hôtel-Dieu permet de déterminer le type d’oreiller qui convient à sa morphologie, puis de le commander. Même chose pour la marque haut de gamme Dumas Paris. La fabrication est assurée dans l’usine située à Tonnerre (Yonne), dans laquelle le dirigeant continue d’investir. « J’ai une dizaine de projets de développement de nos machines, en complément de nos automates actuels », souligne-t-il. 
 
Découpe de précision
Mécadécoupe valorise son expérience avec Devialet
Deux ans de travail ont été nécessaires à la PME pour industrialiser les enceintes de la start-up.
« Nos clients traditionnels viennent avec un cahier des charges précis qu’il faut exécuter. Les start-up ont souvent l’idée de ce qu’elles veulent, mais laissent la porte ouverte à la manière de la réaliser. C’est ce qui est excitant », déclare Jean-Charles Micallef, le directeur général associé de Mécadécoupe, une PME de 24 personnes qui devrait réaliser 2,4 millions d’euros de chiffre d’affaires cette année. Cet industriel franc-comtois spécialisé dans la conception d’outils d’emboutissage et de découpe connaît un coup d’accélérateur au début des années 2010, lorsqu’une société encore inconnue vient frapper à sa porte. Devialet veut industrialiser Phantom, son enceinte très haut de gamme, et cherche des partenaires en France. « Nous avons travaillé deux ans sur l’outillage. Il a fallu trouver la bonne nuance d’aluminium, faire un travail de prototypage puis d’industrialisation », rappelle Jean-Charles Micallef. Pour répondre au succès de Devialet, son associé David Jeanneret et lui s’agrandissent et rachètent une entreprise. En parallèle, ils font entrer un fonds régional de Siparex au capital pour se donner les moyens de suivre. L’effet d’entraînement de Devialet fonctionne. « Nous travaillons avec deux autres start-up, dont les produits ne sont pas encore sortis, explique le dirigeant. Nous avons commencé il y a deux ans avec l’une et un an avec l’autre. » 
 
Mécanique
Clufix vend des gains de productivité
Plutôt que de commercialiser des boulons au kilo, la PME designe des systèmes de fixation.
Le coût de l’assemblage, c’est 20 % de composants, 80 % de process. Partant de ce constat, Clufix, une PME de la vallée de l’Arve (Haute-Savoie), a tout misé sur la R & D et la conception de solutions originales de fixation pour le secteur automobile plutôt que de se battre sur le prix de ses composants métalliques. S’extrayant au passage d’un combat perdu d’avance avec les pays low cost. Il invente Leankeasy, un boulon dit de troisième génération prêt à poser, dont la vis et l’écrou constituent un élément unique, à sertir en aveugle. Mais son offre ne se résume pas à des produits sur l’étagère. Clufix intervient très en amont auprès des équipementiers de rang 1 en collaboration avec les bureaux des méthodes pour revisiter le design de l’attache en fonction du type d’assemblage et de son installation. Résultat : des composants plus chers, à plus forte marge pour la société, mais générant une baisse de coûts jusqu’à 20 % chez le client final. Avec sa stratégie orientée solution, l’entreprise de 60 salariés réalise 10 millions de chiffre d’affaires et croît d’environ 8 % par an depuis plusieurs années.
 
Chauffage
Le Groupe Muller développe ses radiateurs connectés
Le spécialiste des équipements thermiques a investi dans la R & D pour digitaliser ses appareils.
La transformation numérique, cela ne lui fait pas peur. Le Groupe Muller n’est pourtant pas une start-up. L’ETI familiale de plus de 200 millions d’euros de chiffre d’affaires, dirigée par Pascal Teurquetil, fabrique des radiateurs électriques, des chauffe-eau et des pompes à chaleur dans ses six usines françaises et les distribue sous différentes marques. La société de 1 200 salariés, dont 120 ingénieurs, mène une stratégie d’innovation ambitieuse. Elle a installé cinq centres de R & D au cœur de ses usines. Plutôt que de se laisser dépasser par la vague de thermostats connectés, elle a mis au point des outils de pilotage électronique de ses appareils pour sa gamme Smart Ecocontrol. Les radiateurs sont dotés de capteurs pour détecter l’atmosphère de la pièce, s’ajuster automatiquement et peuvent être pilotés à distance au moyen d’une application sur smartphone. Même chose pour les chauffe-eau. De quoi rester maître de son destin. 
 
Chaussures
Le Soulier Français se lance dans le luxe
L’usine drômoise crée un service de A à Z pour séduire les grandes maisons.
Le pari est ambitieux. « Notre stratégie, c’est de devenir le numéro un de la chaussure de luxe en France », tranche Xavier Porot, le PDG du Soulier Français. Son associée, Priscille Demanche, et lui s’en donnent les moyens. En 2015, ils reprennent l’usine Charles Jourdan et Stéphane Kélian, dans la Drôme, avec en tête un nouveau modèle d’affaires. Ces ateliers ne seront plus monomarques, mais ouverts aux grands noms français du luxe. Et pour cela, il faut écouter leurs besoins. « Ces grandes maisons ont besoin d’un excellent savoir-faire et de quelqu’un capable de les accompagner de A à Z », résume le dirigeant. Il modernise l’outil de production et structure l’usine, qui dispose, en plus des ateliers, d’un service de design, d’un bureau de prototypage et d’un service d’accompagnement pour l’outsourcing. Le fonctionnement est revu pour adopter une organisation en mode projet. Pour chaque client, une personne assure le fil rouge, du design jusqu’à la logistique. Le modèle semble fonctionner, le carnet de commandes est bien rempli et l’usine peine à y répondre. Le Soulier Français travaille aujourd’hui pour une dizaine de marques de chaussures de luxe. La vingtaine d’employés de l’usine devrait fabriquer 20 000 paires de chaussures en 2008, après 12 000 en 2017, pour un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros. Seul souci, trouver le financement nécessaire pour faire tourner l’activité. 
 
Agroalimentaire
Les sirops Monin conquièrent le monde
Sa flexibilité industrielle et son marketing innovant garantissent la croissance de l’ETI.
Le site historique du centre-ville de Bourges (Cher) vient d’être déplacé en périphérie. Faute de place… Les sirops Monin n’en finissent plus de grandir. Une usine vient à peine de voir le jour en Chine que l’ETI familiale de 200 millions d’euros de chiffre d’affaires regarde l’Inde. Cette expansion, les sirops Monin la doivent à une stratégie fondée autant sur la flexibilité de l’outil industriel, capable de fabriquer plus de 150 parfums de sirop différents, que sur de l’innovation marketing. L’entreprise plus que centenaire conçoit régulièrement de nouvelles recettes de cocktails pour inciter à utiliser l’un de ses 150 sirops. Elle anime sa communauté de clients en les recevant un peu partout dans le monde dans ses studios de création. Enfin, elle organise des formations gratuites pour les barmen. Des services grâce auxquels les sirops Monin se rendent indispensables auprès de leur écosystème. La marque réussit à séduire à l’étranger où est vendue près de 80 % de la production. 
 
 
 
 
 

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