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Centrale solaire mobile, voile à traction XXL pour bateaux, exosquelette multifonctions… Les patrons de ces produits sélectionnés pour la grande exposition du Fabriqué en France à l’Elysée témoignent

Hubert Mary , , , ,

Publié le

Vidéo Les 18 et 19 janvier, les salons de l’Elysée accueilleront 120 produits issus du savoir-faire français lors de la Grande exposition du Fabriqué en France. Un évènement ouvert au public auquel se sont inscrites 10 000 personnes. L’occasion de découvrir plus en détails quelques-unes de ces entreprises contactées par l’Usine Nouvelle.

Six entreprises sélectionnées pour la Grande exposition du Fabriqué en France à l’Elysée se confient
Le prototype de voile à traction Nervures doit pouvoir entraîner des navires marchands de 100 à 300 mètres de long.
© Nervures

La gamme inspiration de Pyrex (Indre)

Depuis 1970, les fourneaux de l’usine Pyrex de Châteauroux, employant 400 salariés, transforment un mélange à base de sable pour produire en continu des pièces en verre résistantes aux hautes températures. 44 millions de pièces sortent chaque année des usines de Châteauroux, dont 300 000 pour la gamme Inspiration, sélectionnée pour la Grande exposition du Fabriqué en France organisée par L'Elysée les 18 et 19 janvier. Pyrex appartient au groupe International Cookware ( 97700 000 euros de CA en 2018) .

Lancé en 2017, labellisé origine France garantie, ce plat représentera le département de l’Indre (36) à l’Elysée. "Il s’agit d’un plat élégant qui peut directement être apporté du four à la table ", explique Mélanie Le Branchu, directrice marketing France. Pour son processus de fabrication, 90% du coût de revient est réalisé en France. Son design est réalisé à Paris, l'extraction du sable à Fontainebleau, la fabrication des packagings dans le centre et le nord de la France et la fabrication à Châteauroux. Ce plat en verre borosilate (verre non poreux) n’émet aucune particule et permet une étanchéité complète entre le plat et les aliments. "Après le salon " Made in France " de novembre dernier, ce nouveau rendez-vous est l’occasion de " faire rayonner une entreprise française ", souligne un de ses représentants.

Nervures, des voiles pour navire XXL (Hautes-Pyrénées)

Jean-Marie Bernos, directeur général de Nervures, une petite entreprise de 13 employés (700 000 euros de CA en 2019), est heureux. Il va représenter les Hautes-Pyrénées à l’Elysée samedi 18 janvier, et cela sans même avoir participé directement au concours lancé par le ministre de l’Economie et des Finances. "Je me suis retrouvé sur une liste de la préfecture, et nous avons été sélectionnés parmi d’autres entreprises, je n’avais pas candidaté ".

Il faut dire que l’entreprise qui fabrique des voiles de parapente et parachute a le vent en poupe ! Seule représentante française du secteur, elle compte des clients comme Thales ou Airbus dans son carnet de commandes. Le produit sélectionné est une voile à traction pour navire marchand, "encore au stade de prototype ", explique Jean-Marie Bernos. "En 2016, Airseas, une filiale d’Airbus, nous a commandé une voile sur mesure. Il s’agit d’une voile à caisson de 100 à 250 mètres carrés capable de tracter un navire de 100 à 300 mètres de long. Nous nous occupons de la fabrication, tandis qu’Arseas met au point les logiciels de routage et les technologies de stockage et de pliage de la voile", explique le chef d’entreprise.

Urban’Ext, des tables et des bancs 100% recyclés (Charente-Maritime)

Installée à Yves, commune de Charente-Maritime (17), la petite usine Urban’Ext (6 salariés et un gérant), a été sélectionnée pour le caractère unique de son mobilier. Fondée en 2013, l’entreprise s’est immédiatement tournée vers des produits issus de matières 100% recyclées. Le produit qu’elle présentera à l’Elysée est une table de pique-nique conçue à partir de briques alimentaires (briques de lait, de jus, etc.)

"Ce qui nous intéresse pour la fabrication, ce sont les parties en plastique et en aluminium, la partie carton est déjà recyclée pour d’autres usages. Les matières sont déchiquetées pour obtenir des granulés, puis refondues. Nous nous occupons de la menuiserie et de l’assemblage", explique Madame Le Riche, directrice commerciale. "C’est une grande occasion de faire connaître notre travail, nous sommes les seuls en France à proposer du mobilier à partir de ce matériau ", souligne-t-elle.

La centrale solaire mobile d’Ecosun Innovations (Haut-Rhin)   

 

Ecosun est une start-up créée en 2016 spécialisée dans les solutions énergétiques innovantes. Le projet présenté ce samedi 18 janvier à l’Elysée est une centrale solaire mobile. Cette centrale est un des deux produits phares de l’entreprise avec son mobil-home solaire. "Il s’agit d’une remorque comportant 18 panneaux solaires de 300 Watts chacun, soit 5,4 kilowatts en conditions standards", explique un ingénieur de chez Ecosun innovation. "Il y a en plus une batterie permettant de stocker 10 kilowatts, l’énergie nécessaire pour environ une journée. L’énergie est donc à la fois utilisée par le consommateur en autoconsommation, puis le surplus est stocké. L’innovation réside dans la mobilité de notre centrale, qui peut avoir des applications pour l’armée ou pour des chantiers mobiles situés à des endroits où l’on n’a pas accès à l’électricité, et son côté autonome, car notre produit n’a pas besoin d’être relié au réseau électrique ", poursuit-il. La start-up s’est inspirée d’une technologie allemande déjà existante, dont elle a racheté le brevet en 2017. 12 personnes travaillent chez Ecosun.

L'exosquelette multifonctions développé par Egrosanté (Gard)

 

Shiva, c’est le nom donné à cet exosquelette "couteau-suisse", comme le surnomme le PDG d’Ergo Santé (un peu plus de 7 millions d'euros de CA en 2019), Samuel Corgne. Développé en partenariat avec la SNCF Mobilités en mars 2019, le Shiva est un exosquelette complet, "c’est-à-dire qu’il regroupe toutes les caractéristiques permettant de s’adapter, après avoir suivi une formation rigoureuse, aux tâches sur lesquelles on travaille", explique-t-il.

Entièrement mécanique, il est conçu pour soulager les opérateurs exposés aux tensions musculo-squelettiques du quotidien. Plus d’une centaine se sont écoulés en 2019, au prix unitaire de 10 000 euros. L’entreprise de 80 salariés, qui favorise l’insertion des personnes en situation de handicap, se penche maintenant sur des exosquelettes plus simples à destination du grand public. 

Le drone à voilure DT26, concentré de technologie (Haute-Garonne)

 

Le drone DT26 est un concentré de technologie "made in France ". Il est conçu et fabriqué à Labège, près de Toulouse, sur le site de Delair. 140 employés travaillent pour la marque, qui s’est lancée dans la fabrication de drones en 2011. Pour Laurence Collet, directrice des relations presse, "ce salon est l'occasion de mettre en avant la capacité que nous avons en France de concurrencer les meilleurs. Les leaders aujourd'hui dans le domaine des drones sont israéliens et américains. Nous aimerions voir émerger un champion français ".

Plusieurs déclinaisons du DT26 existent. Le modèle DT26X LiDAR, sorti en février 2018, est équipé d’un capteur lidar, qui offre la possibilité d’établir une cartographie précise d’un relief caché sous la végétation. Il est utilisé par RTE (réseau de transport d'électricité français) pour cartographier l'ensemble de son réseau. Le modèle Delair DT26 Surveillance est utilisé dans la défense et la sécurité. Il a été acheté par l’armée nigériane en novembre pour lutter contre le terrorisme qui sévit dans la région.

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