Ce que l'élection de Donald Trump va provoquer sur les marchés de matières premières

A l'heure où nous publions, la victoire de Donald Trump à l'élection présidentielle américaine est presque acquise. Le poids des Etats-Unis dans l'économie mondiale force à se poser la question des gagnants et des perdants de ce résultat inattendu. Sur les marchés de matières premières, de nombreuses forces s'affrontent. Si l'or est incontestablement le grand gagnant, comme dans toute situation de destabilisation des marchés, la situation est moins claire pour le pétrole et les métaux.

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Ce que l'élection de Donald Trump va provoquer sur les marchés de matières premières

Hormis le futur président américain, l'autre grand gagnant de l'élection américaine est l'or. Valeur-refuge par excellence, il attire les investisseurs désireux de sécuriser leurs actifs en période de trouble. Comme après le Brexit, qui avait immédiatement fait bondir le métal jaune de 8%.

Tendance baissière sur les métaux et le pétrole

La tendance est moins claire pour le pétrole. Donald Trump s'est clairement positionné en faveur d'une hausse de la production et de l'usage des énergies fossiles. Exit, la transition énergétique défendue par Hillary Clinton. Mais il n'a de toute façon jamais été question que les producteurs d'huiles de schiste américains participent à l'effort de réduction de la production initié par l'Opep, eux dont l'émergence rapide a été le déclencheur de la guerre des prix. Pourtant, même aux Etats-Unis, la promesse du candidat de restreindre les échanges internationaux plaît moins au secteur, lui qui se voyait bien en exportateur net à court-terme. Et la promesse d'un nouvel afflux de pétrole américain sur les marchés pourrait retarder le retour à l'équilibre tant attendu par les producteurs, qui aux cours actuels n'ont pas retrouvé leur capacité d'investissement. Les américains pourraient certes consommer plus si la consommation d'énergie fossile revient en cour. A condition qu'ils en aient encore les moyens...

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Les métaux industriels sont, eux aussi pris, entre des forces contraires. Perdants, pour une raison simple: les Etats-Unis sont le premier importateur de produits manufacturés dans les usines du monde. Les prises de position de Donald Trump contre l'importation de produits chinois par exemple sont un mauvais présage pour la santé économique de la Chine, dont les toussotements ont déjà donné des frissons à l'ensemble des marchés de matières. Perdants encore en raison de la baisse de liquidité qui ne manquera pas de frapper les bourses mondiales. Les volumes d'échanges assurent la fluidité du marché, la capacité à vendre ses lots. Les marchés les plus risqués - dont les matières premières (à l'exception de l'or) font indubitablement partie - vont perdre en liquidité de deux façons. Par le retrait des investisseurs financiers, qui leur préfèreront momentanément des paris moins risqués, et par la mise en attente de l'achat de contrats à terme, le temps que chacun mesure la variation provoquée par cette surprise et la direction que prennent les prix. Mais gagnants, comme l'ensemble des marchés de matières premières, car ils vont profiter d'un facteur haussier: la baisse du dollar, qui devrait pâtir des craintes que le programme protectionniste de Donald Trump fait peser sur l'économie américaine.

L'effet de change à la rescousse

C'est peut être ce qui va amortir la chute de nombreuses matières premières. Car les variations de leurs cours sont généralement inversement proportionnelles à celle du billet vert, monnaie de cotation de nombre d'entre elles. Ce, en raison à la fois de la baisse des coûts de production - énergétique en premier lieu - une fois rapportés en devises, et de la hausse de pouvoir d'achat des industries consommatrices dans des monnaies qui sortent renforcées de la baisse du dollar.

Les métaux industriels, comme le pétrole, vont donc probablement connaître une chute momentanée, amortie tout de même par celle du dollar. Deux forces - l'une baissière, l'autre haussière - vont s'affronter. A court terme, la tendance est plutôt à une révision à la baisse de perspectives relativement stables sur les deux prochaines années. En témoigne le rebond provoqué, à quelques jours de l'élection, par la déclaration du FBI qu'il n'y avait pas matière à poursuivre Hillary Clinton dans l'affaire des emails. Les marchés considéraient comme rassurant le maintien dans la course de la candidate.

Car les traders ont un mantra : l'incertitude est baissière. Et L'élection de Donald Trump, nouveau venu dans la vie politique américaine tandis qu'Hillary Clinton était considérée comme la candidate de l'establishment, est porteuse de beaucoup d'incertitudes. La première d'entre elles étant "jusqu'où ira-t-il?", en termes de protectionnisme entre autres.

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