Ce qu'il faut retenir des quelques annonces de François Hollande

Dans sa conférence de presse traditionnelle, qui a eu lieu ce matin, François Hollande a finalement fait peu d'annonces. Il a confirmé une loi pour rendre le code du travail plus lisible et n'entend pas revenir sur le pacte de responsabilité pour les entreprises.

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Revenir sur le terrain des valeurs. Pour sa conférence de presse, largement dominée par la crise ouverte en Europe par l’afflux de migrants, François Hollande a moins investi le terrain économique. Pas de grandes annonces donc même si le chef de l’Etat entend marteler qu’il " fera des choix jusque au bout de son mandat ". L’embellie économique reste pourtant fragile de son aveu même. "La croissance reprend", constate François Hollande, " mais ce n’est pas suffisant pour faire baisser le chômage ". Pour 2016, l’Elysée table désormais sur une croissance de 1,5 %.

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Pour 2016, l’accent est mis sur les baisses d’impôts pour les ménages. Le chef de l’Etat a confirmé que 8 millions de foyers devraient profiter d’une baisse de l’impôt sur le revenu d’ un peu plus de 2 milliards d’euros. Ce coup de pouce, qui devrait porter sur la première tranche de l’impôt sur le revenu devrait être exclusivement " financé par des économies ", alors que le déficit public devrait s’établir à 3,3 % l’an prochain. Le chef de l’Etat s’est par ailleurs déclaré hostile à l’élargissement de la redevance audiovisuelle aux objets connectés.

Pas de changement pour les entreprises

Pour les entreprises, le chef de l’Etat n’entend pas bouger sa politique. Pas question de modifier ou d’aménager le pacte de responsabilité, dont une partie des mesures restent à voter dans le budget 2016 comme le réclamait cet été une partie du parti socialiste. Pour François Hollande, " la stabilité et le respect de la parole donnée sont les conditions de la confiance pour nous comme pour les entreprises ". Il est en outre trop tôt pour faire une évaluation de l’efficacité du pacte par les partenaires sociaux. "L’évaluation peut se faire fin 2015, début 2016 ", estime le chef de l’Etat.

Dans les prochains mois, le principal chantier de François Hollande sera surtout la réforme du code du travail, à côté de la loi " Macron 2 " dédiée aux opportunités économiques créées par les innovations notamment numériques mais pas seulement. Dans la foulée de la remise – le 9 septembre – du rapport Combrexelle, une loi devrait être présentée après une concertation avec les partenaires sociaux pour " rendre lisible " le droit du travail. Le chef de l’Etat plaide pour des accords majoritaires au niveau des branches. " Une fois fixé les garanties essentielles, il faut qu’il puisse y avoir dans les branches professionnelles des négociations où entreprises et salariés vont trouver des voies pour mieux organiser le travail, y compris le temps de travail ", estime François Hollande, qui exclut en revanche de revenir sur les 35 heures ou le SMIC.

Hollande s'inquiète d'un échec de la COP21

Pour le chef de l’Etat, la priorité s’est surtout déplacée sur le plan international. C'est là que le président se montre le plus volontaire. Alors que Paris doit accueillir début décembre la COP 21, François Hollande s’inquiète " des risques d'échec " de la conférence climatique. " Nous sommes encore loin d'un accord contraignant et de financement à la hauteur de l'enjeu. Il reste moins de trois mois pour y aboutir", s’alarme le chef de l’Etat, qui doit se rendre début novembre en Chine pour lancer un appel sur le climat avec le président Xi Jinping. Selon François Hollande, seuls une soixantaine de pays ont fait part de leurs contributions au fond climat pour l'instant. Avant décembre, "il faut un préaccord sur la question du financement pour que les chefs d'Etats arrivent à Paris en ayant la certitude de pouvoir conclure ", milite François Hollande, alors que 100 milliards de dollars doivent être nécessaires en 2020 pour financer la baisse des émissions.

Le président a également évoqué la Russie, et une éventuelle fin des sanctions."Avec la chancelière et le président Porochenko, nous nous sommes vus, nous avons eu une conversation avec Vladimir Poutine", relate François Hollande qui indique que "si les critères sont respectés, alors je prônerai la levée des sanctions".

Quant à la question des migrants, le chef de l'Etat a appelé les autres pays européens à la responsabilité. La mise en garde est à peine voilée pour la Pologne et la Hongrie. En cas de remise en cause des accords de Schengen, " un certain nombre de travailleurs détachés ne pourront plus être reçus ", alors que les anciens pays du bloc de l’Est en sont de gros pourvoyeurs.

Solène Davesne

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