"Ce n’est que le début de la consolidation du marché de la fabrication additive", estime Vincent Ferreiro, PDG d’AddUp

Au salon Formnext du 13 au 16 novembre à Francfort, AddUp présente, en plus de ses machines, la technologie de Beam et les services de Polyshape, ses deux dernières acquisitions. Pour Vincent Ferreiro, PDG de la coentreprise Fives - Michelin, cette dynamique de croissance externe, qui touche l’ensemble du secteur, n’est qu’un début de consolidation.

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Vincent Ferreiro, PDG d'AddUp.

L'Usine Nouvelle - Que présentez-vous à Formnext cette année ?

Vincent Ferreiro - Le salon est l’occasion de rendre visible notre offre complète suite aux rachats en 2018 de Beam, qui a mis au point une technologie de fabrication additive complémentaire de la nôtre, et de Polyshape, qui fabrique des pièces en sous-traitance pour les industriels.

Vous ne présentez pas la machine multi-lasers annoncée il y a quelques mois ?

Non, elle est déjà en fonctionnement dans notre centre R&D mais le lancement commercial n’est pas prévu avant mi-2019.

Que vous apporte le rachat de Polyshape, outre le fait de proposer une offre de sous-traitance ?

Polyshape travaille beaucoup avec les écuries de course automobile. Cela nous permet d’être plus présents sur ce secteur très exigeant au sein duquel nous avons déjà quelques clients. Ce rachat nous permet aussi d’étoffer notre offre de services et conseils. Nous proposons déjà des séances de créativité et des accompagnements pour aider les bureaux d’étude à identifier un cas d’usage. L’idée est de pouvoir proposer à nos clients une machine et le cas d’usage qui va avec, sur un plateau. Cette activité conseil et formation constitue aujourd’hui environ 20 % de nos revenus. L’autre avantage de ce rachat, c’est que Polyshape utilise nos machines et aussi celles de nos concurrents. C’est idéal pour pouvoir améliorer nos systèmes.

Peut-on parler d’une consolidation du secteur ?

Depuis deux ans il y a une dynamique de croissance externe qui touche les différents acteurs du secteur : les fabricants de machines mais aussi les exploitants et les fabricants de poudre. Ce n’est qu’un début. Des acteurs de l’énergie comme Siemens, Honeywell pourraient aussi mettre la main sur des acteurs de la fabrication additive pour maîtriser le procédé. C’est ce que General Electric a fait.

Il y a quelques mois, vous nous expliquiez que le marché était plus lent que prévu… Est-ce toujours le cas ?

Il y a eu une vraie accélération ces derniers mois aux Etats-Unis, où nous sommes implantés depuis 2018. Les moyens d’investissement mis en place sont conséquents. Mais en Europe, le marché met encore du temps à décoller.

Que pensez-vous des récentes initiatives mises en place comme 3D Start PME pour accompagner les petites entreprises dans leur appropriation de la technologie ?

Elles vont dans le bon sens. Les technologies de fabrication additives sont capitalistiques. Les entreprises n’investissent pas entre 500 000 et un million d’euros dans une machine sans garanties. Certains sous-traitants ont fait parfois le pari et cela s’est avéré non gagnant parce qu’il n’y a pas de cas d’usage derrière et que la demande de leurs clients se fait attendre. Mais il ne faut pas diminuer l’offre pour autant parce que le nombre d'utilisateurs ne va faire que croître. Nous aurons alors le problème inverse à résoudre : l’offre sera insuffisante. Le fait d’avoir accès à des plates-formes ouvertes et des aides pour réaliser des premières preuves de concept facilite l’adoption de la technologie.

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