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[Cas d'école] Profession : serial entrepreneur

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Jacques Souquet, créateur de SuperSonic Imagine, fait partie de ces rares scientifiques passés maîtres dans l’art de la négociation et du business. Récit et méthodes, par l'Ipag Business School.

[Cas d'école] Profession : serial entrepreneur

Jacques Souquet fête cette année ses 40 ans… de start-upper. En 1978, ses condisciples de Supélec rêvent d’embrasser une carrière nucléaire à EDF, quand lui lance sa première société, KYS Inc, dans le garage de son associé, avec l’idée, presque saugrenue, de révolutionner l’univers des microscopes. Il la revend ensuite et commence alors son histoire de serial entrepreneur.

Elle mènera ce scientifique – par ailleurs diplômé de Stanford – un peu partout dans le monde, de Seattle à Aix-en-Provence, de Boston à Paris, au gré de ses rencontres, des brevets déposés et des actifs vendus. A son tableau de chasse ou plutôt son répertoire de trouvailles figure la société SonoSite. Créée en 1996, celle-ci commercialise le premier échographe portable fonctionnant sur piles.

Elle va installer 90 000 échographes dans le monde et revendiquera la place de numéro trois de l'ultrason sur le marché américain. Jacques Souquet vendra SonoSite à Fujifilm pour 1 milliard de dollars. Son nouveau bébé s’appelle SuperSonic Imagine. Lancée en 2005 en France, à Aix-en-Provence, cette start-up de l’imagerie médicale utilise des technologies issues du monde des jeux vidéo pour produire des échographes high-tech. Elle gagnera le concours du ministère de la Recherche en 2005. Aux 450 000 euros obtenus grâce à cette performance, s’ajouteront plusieurs millions d’euros issus de levées de fonds, bien utiles pour s’implanter sur de nombreux marchés étrangers, principalement en Chine et aux Etats-Unis.

Apprendre à faire face à des géants

L’échographe parvient à produire des images excellentes, mais aussi à détecter des ondes acoustiques permettant d’analyser  en temps réel la dureté des tissus. De cette prouesse technologique découle la possibilité pour la machine de détecter précocement des pathologies comme le cancer du sein. "Le paradigme d’aujourd’hui, c’est de construire un produit dont l’intelligence n’est pas uniquement du hard, du matériel, mais principalement du soft, du logiciel", livrait-il en guise d’explication, le 18 octobre dernier, devant des chercheurs et des praticiens réunis par l’Ecole de Paris du Management à l’Ecole des mines de Paris.

Ce diptyque "hard-soft", Jacques Souquet en fait un peu sa marque de fabrique. Une sorte de double vision surplombe toutes ces entreprises. Celle du scientifique, dans sa dimension la plus technique possible, avec son lot de brevets et de concepts abscons. Celle aussi du businessman soucieux de mettre en application les résultats de recherches pour aboutir à des produits commercialisables capables de coller le plus près possible aux besoins de ses clients.

Le champion des microscopes passe aussi son temps à examiner le marché dans ses moindres détails, contours et limites. Par exemple, savoir estimer le temps d’acceptation par le marché d’une innovation, fût-elle révolutionnaire, économique et rentable, car l’acheteur reste le souverain. Savoir aussi faire face à des géants. "On se trouve dans un environnement compétitif absolument violent. La concurrence s’appelle General Electric, Phillips, Siemens et Toshiba. Ce ne sont pas des petits. On ne peut pas entrer frontalement en guerre, en compétition avec eux. Donc, on entre par la porte arrière", précise-t-il avec une certaine malice.

La tête et les jambes, le pur esprit et le flair commercial. En France, cette double casquette ne se retrouve pas si souvent et explique sans doute le taux d’échecs malheureusement très important des start-up (autour de 90%). Avec 2 500 start-up lancées par an, la France ne manque pas d’idées – encore moins d’idéaux –, mais certainement de gestionnaires pour les mettre en œuvre. Patriciens et praticiens, unissez-vous !

 

Alexandre Chataignier, IPAG Business School

L’Ipag Business school, membre de la Conférence des grandes écoles délivre un diplôme bac + 5, grade de master. Cette école de managements compte 2 000 étudiants en programme grande école. Son laboratoire de recherche est classé troisième parmi les business schools françaises au classement de Shanghai 2017.

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1 commentaire

Nom profil

24/08/2018 - 15h17 -

petit plus A sa sortie des études , Jacques Souquet fit un cours passage dans la société Thomson CSF ( Aujourd’hui Thales ) unité de conception de sonars acoustiques pour la marine Nationale . étant anti militariste il utilisa les transducteurs piézoélectriques pour des utilisations civiles et construisit un échographe . Ce produit n ' étant pas dans la culture de l ' entreprise , Jacques Souquet parti donc voir ailleurs les USA par exemple !! ;
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