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PME-ETI

[Cas d'école] MPO International, du vinyle au… vinyle

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L’entreprise familiale MPO International commença par presser des disques vinyles dans les années 1950. Après de multiples vicissitudes, elle y revient… Un cas d'école présenté par l'Ipag Business School.

[Cas d'école] MPO International, du vinyle au… vinyle © Flickr CC

MPO International, une PME mayennaise, implantée à Villaines-la-Juhel, semble reproduire dans sa version managériale le mythe du phénix, l’oiseau capable de renaître sinon des cendres de l’échec, du moins après un coup dur. "Le succès pourrait bien s’envisager comme une suite de déconvenues", ose même son président, Loïc de Poix, fils des fondateurs, lors d’une conférence organisée par l’École de Paris du management le 21 décembre.
Cette entreprise familiale de taille intermédiaire (650 salariés dont 500 en France) voit le jour en 1957 sous l’impulsion de Pierre et Monique de Poix. Ces deux industriels passionnés de technologie commencent leur activité en fabriquant des disques vinyles. Cette année-là, Dalida rend la France folle de "Bambino", les Platters déclarent leur flamme en canon avec "Only you", le crooner Elvis sort son album au titre explicite, "Loving you". Et Line Renaud, chanteuse au Moulin Rouge et pas encore alors au faîte de sa gloire new-yorkaise, demande à MPO International de fabriquer des disques.

Adaptation à un monde en mutation

Peu de temps après la création de son premier atelier de moulage, la PME s’impose comme le premier presseur indépendant européen. Elle est en 1984 parmi les premières à s’intéresser au compact disc (CD). Elle étend son activité en Espagne, aux États-Unis et en Asie. Adieu les galettes noires creusées de microsillons, place aux CD passés au laser de la modernité. "Le monde change, et tant mieux", martèle le groupe en guise de slogan. Dont acte. Un peu plus tard, avec l’émergence du digital et des nouvelles technologies, au début des années 2000, l’industrie de la musique est bouleversée et doit repenser ses modèles. MPO International connaît pour la première fois une baisse de son chiffre d’affaires qui le conduit à fermer des usines aux États-Unis. Qu’à cela ne tienne, ses fondateurs s’enthousiasment pour les nouvelles solutions de production d’énergie et décident de s’investir dans l’énergie photovoltaïque en 2010. Cette activité sera par la suite rapidement abandonnée, en raison notamment d’un arrêt des tarifs privilégiés sur la production photovoltaïque et d’une très forte pression de la concurrence chinoise. "Les Chinois courent plus vite", s’exclame Loïc de Poix.

Des objets vintage mais connectés

Les époux De Poix se remettent en selle et se lancent à partir de 2012 dans l’emballage haut de gamme, principalement sur le marché des cosmétiques et de la fine food. En complément de son activité de pressage (audio, vidéo, jeux vidéo) et en réponse à la demande, MPO va produire à nouveau des disques vinyles, qui connaissent depuis le début des années 2010 un nouvel engouement auprès des millennials, représentant à leurs yeux un bel objet vintage. MPO en presse aujourd’hui entre 50 000 et 60 000 par jour. L’objet vintage n’en est pas moins connecté ! Une puce NFC présente sur l’étiquette du disque donne accès à l’album en format numérique ainsi qu’à l’univers de l’artiste, à ses dates de concert…
Toutes les pièces du puzzle sont en place : la fabrication de disques, leur emballage et leur transport. Grâce à ses activités complémentaires, MPO International est en mesure d’accompagner ses produits de la fabrication à la livraison. Coup de génie ou coup de chance ? La chance ne sourit qu’aux esprits bien préparés, répondrait Louis Pasteur à cette entreprise championne de France de la résilience. Et des rebondissements !

 

Sandra Arrivé, Franck Dedieu et Pierre-Jean Hillion, Ipag Business School
L’Ipag business school, membre de la Conférence des grandes écoles délivre un diplôme bac + 5, grade de master. Cette école de managements compte 2 000 étudiants en programme grande école. Son laboratoire de recherche est classé troisième parmi les business schools françaises au classement de Shanghai 2017.

 

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