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Cadences doublées, 2000 embauches... Ce que les trois contrats Rafale apportent à Dassault et ses fournisseurs

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Publié le , mis à jour le 01/05/2015 À 11H44

Dassault Aviation, Safran et Thales devront produire 84 avions de combat pour répondre aux commandes de Rafale qatari, indienne et égyptienne. Les syndicats tablaient sur plus de 2 000 embauches dans la foulée des deux premiers contrats. Eric Trappier, le patron de Dassault Aviation, a annoncé le 1er mai que les trois contrats vont exiger de doubler les cadences dans l'usine de Merignac et chez les sous-traitants.

Cadences doublées, 2000 embauches... Ce que les trois contrats Rafale apportent à Dassault et ses fournisseurs
Après les trois contrats à l'export, Dassault a reconnu qu'il devra doubler les cadences de sa supply-chain.
© Sur le site de production de Martignas, en Gironde, où sont fabriquées les voilures du Rafale.

84 Rafale à livrer ! 36 pour l’Inde, 24 pour l’Égypte et 24 pour le Qatar… Dassault Aviation et ses deux principaux partenaires, Safran et Thales ne peuvent que se féliciter de cette percée de l'avion de combat made in France à l'export. Mais ces industriels se montrent prudents sur les créations de postes à la clé de ces deux premiers contrats d’exportation de l’avion de combat. Eric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, a reconnu, dans un entretien accordé à Europe 1, que ces trois ventes successives nécessiteront de doubler les cadences sur le site d'assemblage de Merignac mais aussi chez les sous-traitants.

De leur côté, les syndicats de salariés des trois principaux donneurs d’ordres, interrogés avant l'annonce du troisième contrat avec le Qatar, estiment que plus d’un millier d’emplois pourraient être créés rien que dans les usines françaises. Ce total pourrait même être doublé en prenant en compte les 500 entreprises et leurs 7 000 salariés qui contribuent à la fabrication de l’avion de chasse tricolore, produit actuellement à un rythme de 11 unités par an.

Chez Dassault Aviation, aucune décision n’a encore été rendue publique quant à un doublement des cadences de la chaîne d’assemblage de Mérignac (Gironde). « Nous attendons le nouveau plan général de production de la direction, explique Pierre Etchegoyen, délégué syndical central CGT pour Dassault Aviation, à Biarritz (Pyrénées-Atlantiques). Si l’on devait doubler les cadences, nous ne serions pas capables de répondre avec l’effectif actuel. Selon nos estimations, cela représenterait au minimum 400 à 500?emplois supplémentaires sur l’ensemble des sites du groupe. »

Des postes à pourvoir en priorité dans les sites de production qui fournissent les sous-ensembles du Rafale : Seclin (Nord) et Argenteuil (Val-d’Oise) pour les pièces primaires, Martignas (Gironde) pour la voilure, Biarritz pour les pièces en matériaux composites. Selon la CGT, les postes d’intérimaires et de sous-traitants travaillant dans les usines Dassault (activités civile et militaire comprises) représentent 530?équivalents temps plein. En cas d’embauche, le syndicat milite donc pour qu’une grande partie de ces salariés passe sous contrat Dassault.

Chez Safran, on espère que les deux premiers contrats à l’exportation du Rafale vont permettre de redynamiser des lignes de production tournant à leur régime minimal. Le groupe est présent sur de nombreux éléments de l’avion de chasse à travers ses différentes filiales : Snecma fournit les moteurs, Hispano-Suiza la boîte de transmission associée, Labinal le câblage, Sagem des équipements de navigation, Messier-Bugatti-Dowty le train d’atterrissage… Soit un chiffre d’affaires d’une vingtaine de millions d’euros par appareil. « Si l’on augmente la cadence de 50 % en passant de 11 à 17?avions par an, cela pourrait générer environ 400 emplois supplémentaires », calcule Gérard Mardiné, coordinateur central CFE-CGC pour Safran.

Le gros défi concernera l’usine Snecma de Villaroche (Seine-et-Marne), située à une cinquantaine de kilomètres à l’es ?de?Paris.           « Nous devons également assurer la montée en cadence des moteurs civils, notamment pour l’Airbus A 320. Les monteurs de moteurs d’avions militaires et de moteurs d’avions civils ne sont pas interchangeables. Ce ne sont pas les mêmes gammes ni le même montage, avertit Serge Radié, syndicaliste CFE-CGC à Villaroche. En outre, il faudra être vigilant du côté de notre supply chain. Certains de nos sous-traitants sont des sources uniques. » Outre les monteurs, le contrat Rafale nécessitera de recruter des spécialistes en outillage, des experts en qualité, des équipes de services (support aux clients, maintenance, gestion des pièces détachées, service de documentation…).

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Chez Thales, à Brest (Finistère) où l’on assemble les systèmes de contre-mesures, à Pessac (Gironde) où l’on produit les radars de l’avion de combat français, ou encore dans le bureau d’études d’Élancourt (Yvelines), les salariés savourent eux aussi l’annonce de ces nouveaux contrats. Et plus spécifiquement chez Thales Systèmes Aéroportés, la filiale responsable de la production des équipements Rafale pour l’ensemble du groupe. « Nous avons énormément souffert de l’absence de ventes à l’exportation, et ce durant des années. Entre la fin des années 1990 et aujourd’hui, notre effectif est passé de 6 000 à 3 000 personnes environ. Avec?ces nouveaux contrats, les mesures d’organisation du temps de travail ne suffiront pas. Il va falloir embaucher entre 200 et 300 salariés », indique un syndicaliste à Brest.

Surtout des câbleurs, des techniciens de test et d’intégration, de suivi de production… « C’est l’occasion de rajeunir notre pyramide des âges. À Élancourt, la moyenne d’âge est supérieure à 50 ans. Aujourd’hui, les compétences partent et ne sont pas renouvelées », explique Julien Guidolin, le responsable syndical CFDT à Pessac. Les contrats signés avec l’Inde et l’Égypte donnent ainsi une bouffée d’oxygène à l’ensemble de la chaîne industrielle… Celui avec le Qatar confirme que l'horizon s'est largement éclairci. En attendant de nouvelles commandes... Évoquée depuis plusieurs années, la finalisation du contrat avec les Émirats arabes unis donnerait de la visibilité à la supply chain du Rafale et conforterait les quelque 2 000 embauches attendues par les syndicats de salariés… Interrogé par L'Usine Nouvelle, le ministre des Affaires étrangères a confirmé prudemment à L'Usine Nouvelle que ce pays pouvait être le prochain sur le tableau de chasse du Rafale.

 

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