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[Budget 2018] Le ministère du Travail à la diète

Cécile Maillard , ,

Publié le

Le ministère du Travail va devoir se serrer la ceinture en 2018 : son budget est en baisse de 9%. Un effort porté en grande partie par la diminution importante du nombre de contrats aidés.

[Budget 2018] Le ministère du Travail à la diète
Le ministère du Travail, à Paris.
© CC

Echange contrats aidés contre formation des chômeurs et réduction des déficits publics… C’est le message principal délivré par le ministère du Travail, à la lecture de son projet de budget pour 2018. A périmètre constant, le budget de la rue de Grenelle baisse de 1,5 milliard entre 2017 et 2018. Il passe de 16,7 à 15,2 milliards d’euros, soit -9%.

Cette diminution correspond essentiellement à 1 milliard d’euros d’économies sur les contrats aidés : en passant de 280 000 à 200 000, leur coût est ramené de 2,4 à 1,4 milliard d’euros. D’ailleurs, il ne devrait plus y avoir d’emplois aidés dans le secteur marchand en 2018, a annoncé le ministère du Travail, ceux-ci représentant des effets d’aubaine trop importants en période de marché du travail dynamique.

A ce milliard de dépenses en moins s’ajoutent 850 millions d’économies sur la prime à l’embauche dans les PME, arrêtée le 1er juillet 2017. Mais un poste est à la hausse : celui de la formation. 450 millions d’euros de plus seront consacrés en 2018 à la formation des demandeurs d’emploi peu qualifiés et des jeunes décrocheurs.

Autrement dit, côté dépenses structurelles de l’Etat (la prime PME étant conjoncturelle), le milliard d’euros dégagé par la disparition de nombreux emplois aidés permet pour moitié de financer la formation des chômeurs, pour moitié de contribuer à l’effort de chaque ministère à la réduction du déficit public. Le ministère devra par ailleurs se serrer la ceinture côté effectifs, mais un peu moins que d’autres puisqu’il ne perd que 239 emplois, auxquels s’ajoutent 347 emplois à Pôle emploi. Logique, estime-t-on au ministère, puisque la conjoncture va s’améliorer et qu’il y aura moins de chômeurs à accompagner.

Le paquet est mis sur la formation

Les 450 millions d'euros de dépenses supplémentaires consacrés à la formation des chômeurs représentent une première amorce du Plan d’investissement en compétences (PIC) de 15 milliards d’euros annoncé dans le cadre du plan d’investissements de 57 milliards d’euros en cinq ans, présenté lundi 25 septembre par Matignon. Sur ces 15 milliards, 11 milliards seront consacrés à la formation des personnes les plus éloignées de l’emploi, 2,8 milliards à la Garantie jeunes, dont le gouvernement anticipe la montée en puissance, et 1,2 milliard aux innovations pédagogiques et à la modernisation de l’université (un poste qui ne relève pas du ministère du Travail).

Sur les 11 milliards du PIC consacré à la formation sur cinq ans, 1 milliard sera engagé dès 2018 - pour partie des dépenses nouvelles, pour partie des dépenses déjà prévues. Le gouvernement ne veut pas dépenser plus tant que n’a pas été menée la réforme de la formation professionnelle, prévue pour passer devant le Parlement en avril 2018. "Il faut prendre le temps d’identifier les besoins des entreprises, les dispositifs les plus efficaces, pour être sûr de dépenser l’argent de l’Etat là où il sera efficace, c’est-à-dire là où il permettra de bons taux de retour à l’emploi", explique-t-on dans l’entourage de la ministre du Travail.

A la diète cette année, le ministère du Travail le sera encore les années suivantes, selon la trajectoire envisagée par Bercy. De 15,2 milliards d’euros en 2018, son budget devrait baisser à 12,9 milliards d’euros en 2019, soit un recul de 2,3 milliards supplémentaires par rapport à cette année. 1,7 milliard devrait provenir de l’arrêt de certains dispositifs (emplois d’avenir, derniers versements de la prime à l’embauche PME, contrats aidés). Les 600 millions restants ? Ils s’expliquent par l’optimisme du gouvernement, qui espère une reprise de l’emploi donc une baisse des allocations de solidarité versées aux chômeurs en fin de droits.

 

 

 

 

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