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Bruxelles se prépare à changer de têtes en 2019

Solène Davesne ,

Publié le

Commission, Parlement, Banque centrale… Le renouvellement de toutes les grandes institutions bruxelloises va bouleverser le jeu politique.

Bruxelles se prépare à changer de têtes en 2019

L'heure n'est pas encore au bilan. Un an avant la fin de son mandat, Jean Claude Juncker a plus urgent à faire que de regarder dans le rétroviseur. Avec son dernier discours de l'état de l'Union, le président de la Commission européenne a surtout cherché à rallumer la flamme. "Unis, nous Européens, sommes devenus une force incontournable", défend le président de la Commission européenne, en rappelant le lancement de Galileo et sa capacité à tenir tête sur le commerce à Trump.

Pour l’Union européenne, 2019 s’annonce comme une année délicate. Après dix années de crise financière puis celle de la zone euro, tous les indicateurs économiques sont pourtant revenus au vert. La vague migratoire s’est réduite depuis 2015. Mais fin mars, l’Union européenne va pour la première fois de son histoire rétrécir, avec le départ officiel du Royaume-Uni du club des 28 Etats membres sans que l’on sache pour l’instant à quoi ressembleront les relations futures avec Londres.

Deux mois plus tard pourrait avoir lieu le deuxième choc, lors des élections européennes. L’échéance est encore lointaine mais elle donne déjà des sueurs froides à Bruxelles et dans les capitales européennes. "Sans dramatisation excessive, ce sont sans doute les élections les plus décisives depuis 1979", date des premières élections européennes au suffrage universel, assure Pierre Moscovici, le commissaire européen aux affaires économiques, "pour la première fois de ma vie d’Européen j’ai peur ". Il n’est pas le seul. Lors de son université d’été, le Medef a choisi de lancer sa campagne "Merci l’Europe", pour faire témoigner petits et grands patrons des bienfaits de l’Europe.

 

Départs de Mario Draghi et Jean-Claude Juncker

La victoire en Italie des deux partis eurosceptiques et populistes a renforcé la crainte d’une vague populiste. En Italie, Luigi di Maio le président du M5S table sur un changement de majorité au Parlement européen pour enfin faire éclater les règles budgétaires. A l’Est, la Pologne et la Hongrie vantent leur démocratie illibérale. En Suède, les Démocrates de Suède (un parti nationaliste) ont réalisé leur meilleur score aux élections législatives de septembre tandis qu’Angela Merkel est bousculée par une CSU paniquée par la montée de l’extrême droite.

Pour l'instant la perspective d'un parlement contrôlé par les eurosceptiques n'est pas la plus probable. Le Parlement européen compte déjà près de 150 députés europhobes sur 750, éclatés entre plusieurs groupes politiques concurrents. Au début de l’été, les économistes d’Euler Hermès estimaient que 38 % du Parlement européen pourraient basculer aux mains des eurosceptiques. Suffisant malgré tout pour redessiner le paysage politique à Bruxelles et peser sur bon nombre de dossiers, à commencer par les questions migratoires, les négociations commerciales ou la liberté de circulation. Depuis le traité de Lisbonne, les prérogatives du Parlement ont été renforcées.

Autre problème : les autres jeux de chaise musicale dans les deux autres grandes institutions européennes risquent de se télescoper et d'ajouter au sentiment de flottement. Le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker est en fin de mandat et doit laisser sa place à la tête de la Commission européenne, une nomination sur laquelle le Parlement aura son mot à dire, à l’automne 2019. A Francfort, président de la Banque centrale européenne depuis 2011, l’italien Mario Draghi laisse lui aussi son fauteuil au 1er novembre 2019, au moment même où l’institution devrait engager son resserrement monétaire.

Entre Etats membres, la lutte d’influence a déjà commencé pour mettre la main sur ces successions très politiques. Le prochain président de la BCE sera-t-il Allemand (une hypothèse un temps privilégiée, même si l’Allemagne semble désormais préférer briguer la présidence de la Commission en poussant la candidature de Manfred Weber), Français (le président de la Banque de France François Villeroy de Galhau et le vice-président de la BCE Benoît Coeuré pourraient être candidats) ou issu d’un autre pays?

 

Année perdue

Les tractations politiques devront aussi tenir compte des divisions politiques entre les pays du Nord et du Sud de l’Europe sur les questions économiques et entre Ouest et Est, au risque d’attiser les populistes dans le camp qui se sentirait léser. Même le mode de désignation du président de la Commission européenne ne fait pas l’unanimité, la France refusant pour l’instant que le chef de file du parti arrivé en tête au parlement soit automatiquement désigné.

Dans cette tambouille politique, 2019 risque de devenir une année perdue, pour réformer l'Europe, renforcer la zone euro, un dossier encalminé malgré le volontarisme d'Emmanuel Macron, et avancer sur la fiscalité des géants du numérique. La Commission a comptabilisé à l’été 290 dossiers qu’elle souhaiterait boucler avant le changement de majorité au parlement, au risque de devoir les reprendre à zéro. Elle n’a plus beaucoup d’espoir de parvenir à un accord sur le cadre financier budgétaire après 2021, sur lequel la discussion est mal engagée notamment sur la réforme de la PAC et de la politique de cohésion. Or Pierre Moscovici le reconnait, "la crise existentielle de l’Europe est une crise de résultat".  Pour convaincre les Européens, il faudra donner des preuves. Pas dit qu’elle y arrive l’an prochain.

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