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Bruno Le Maire veut un "capitalisme nouveau" pour réindustrialiser la France

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Publié le , mis à jour le 29/01/2019 À 09H05

Le 28 janvier, le ministre de l'Économie et des Finances a présenté ses voeux aux chefs d'entreprise. Bruno Le Maire a prôné l'instauration d'un "capitalisme nouveau" pour assurer la "reconquête industrielle" de la France. Le ministre a présenté les principaux chantiers de l'année 2019 : les secteurs industriels à privilégier, la mise en place d'une taxe "GAFA", l'évolution de la fiscalité pour les dirigeants de grandes entreprises françaises et la présidence du G7.

Bruno Le Maire veut un capitalisme nouveau pour réindustrialiser la France
Le ministre de l'Économie et des Finances a présenté ses voeux aux chefs d'entreprise.
© European People's Party / CC BY 2.0

Le ministre de l'Économie et des Finances Bruno Le Maire a prôné lundi 28 janvier l'instauration d'un "capitalisme nouveau" dans lequel l'État aurait un rôle majeur dans la "reconquête industrielle" du pays et assurerait une plus grande justice fiscale.

"Je souhaite que nous construisions un capitalisme nouveau, capable de lutter contre les inégalités et de mettre fin à des excès qui ont compromis son succès, comme son efficacité", a-t-il déclaré à l'occasion de la présentation de ses voeux aux chefs d'entreprise.

La robotisation et la digitalisation, secteurs privilégiés par l'État

"Si nous avons aujourd'hui un problème de chômage qui persiste [...], si nous avons eu une telle désindustrialisation dans notre pays - un million d'emplois sacrifiés, une centaine d'usines fermées chaque année - c'est pour une raison simple : on n'a pas assez innové, on n'a pas assez investi, on a des produits qui ne sont pas assez compétitifs par rapport à nos voisins européens et par rapport à nos partenaires mondiaux", a déploré le ministre.

Deux secteurs seront privilégiés par l'État : la robotisation et de la digitalisation, "qui seront la croissance de nos entreprises et les emplois de demain", a dit Bruno Le Maire.

Le gouvernement table sur une croissance économique de 1,7% du PIB en 2019.

L'État se penchera d'abord sur la filière automobile

Dans le cadre de ce nouvel interventionnisme visant à répondre à une situation inédite mise en exergue par la crise des "gilets jaunes", le ministre entend réunir "dans trois semaines" les présidents de régions et les organisations syndicales et patronales ainsi que la Banque publique d'investissement pour discuter de "l'avenir de l'industrie".

L'État se penchera d'abord sur la filière automobile, qui doit répondre aux défis du passage à l'électrique et à la voiture autonome.

L'innovation industrielle sera financée par un fonds alimenté par les produits de la vente des parts détenues par l'État dans un certain nombre de grandes entreprises : Aéroports de Paris, Engie et la Française des Jeux. Ces cessions sont "indispensables", a dit Bruno Le Maire.

Puissance politique

"La reconquête industrielle est une condition de la puissance politique de notre pays. Il n'y pas de nation forte sans industrie", a martelé le ministre.

Le gouvernement entend également récupérer des fonds en taxant plus fortement un certain nombre de contribuables, entreprises ou particuliers, qui échappent à l'impôt.

Il a ainsi confirmé son intention de taxer les filiales des grands groupes américains qui font des profits en France mais y paient peu d'impôts. "Un projet de loi sera présenté dans les prochaines semaines en conseil des ministres", a-t-il dit.

L'idée étant à terme d'obtenir un accord de tous les pays européens de façon à ce que les géants du numérique ne puissent plus jouer des désaccords européens pour éviter l'impôt.

Présidence du G7 en 2019

La France compte profiter de la présidence du G7 qu'elle occupe en 2019 pour promouvoir sa nouvelle définition du capitalisme. Elle prônera notamment un taux d'imposition minimal des sociétés.

Paris compte aussi mettre à contribution les dirigeants des grandes entreprises françaises - présidents, directeurs généraux ou directeurs généraux délégués - qui devront payer leurs impôts en France [...], "y compris si vous êtes domiciliés à l'extérieur", a précisé lundi 28 janvier Bruno Le Maire.

"À partir du moment où vous êtes dirigeant d'une de ces grandes entreprises françaises, où que vous soyez, même pour les revenus que vous réalisez à l'extérieur de la France, vous devez payer vos impôts en France", a déclaré le ministre qui a dit vouloir aller vite dans la mise en place de ce dispositif.

Accélérer la baisse des impôts

Ses services étudient les conventions bilatérales passées entre États "qu'il pourrait être nécessaire de renégocier."

La justice fiscale passe aussi par une moindre pression fiscale pour les particuliers. Bruno Le Maire s'est déclaré prêt à "accélérer la baisse des dépenses publiques" pour "accélérer" celle des impôts. "Le capitalisme des inégalités crée des tensions politiques partout dans le monde et doit être désormais dépassé et refondé", a-t-il dit.

Avec Reuters (Danielle Rouquié)

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