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Brexit, Trump ... La montée du protectionnisme, nouvelle donne des industriels

Solène Davesne , ,

Publié le

Analyse L'election de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis participe d'une montée en puissance du protectionnisme partout dans le monde. Les industriels vont devoir s'adapter. 

Brexit, Trump ... La montée du protectionnisme, nouvelle donne des industriels © redronafets CC Flickr

Ancien poumon de la sidérurgie américaine, Youngstown (Ohio) est devenue la ville-symbole de la désindustrialisation américaine. Barack Obama y avait raflé quatre ans plus tôt plus de 60 % des voix. Hillary Clinton n’a devancé son adversaire que d’une courte tête dans le comté démocrate. Le "swing state" de l’Ohio a lui basculé en faveur de Donald Trump, comme la Pennsylvanie. Le Michigan s'est aussi décidé en faveur du Républicain. Dans la rust belt, l’ancien cœur industrialisé du nord-est des Etats-Unis, Donald Trump a fait un carton plein.

Pour les anciens cols bleus, touchés de plein fouet par la concurrence des pays à bas coûts et les délocalisations d’usines, le message adressé est clair. Ils se sentent perdants du libre-échange. "Rendre sa grandeur à l’Amérique", le slogan de la campagne de Donald Trump passe par un retour au protectionnisme et des droits de douanes aux frontières. Le candidat républicain n’a pas été avare de promesse en la matière. Pendant la campagne, il avait menacé d’augmenter de 45 % les droits de douane avec la Chine et de 35 % ceux avec le Mexique. Il veut aussi envoyer aux oubliettes l’accord de libre-échange trans-pacifique, renégocier l’Alena qui le lie au Mexique et au Canada et montrer ses muscles à la Chine.

Chaînes d'approvisionnement dans le viseur

De quoi déstructurer profondément les chaines d’approvisionnement de l’industrie américaine, qui depuis des années a positionné ses usines de part et d’autres de la frontière. Mais aussi des entreprises européennes. BMW vient d’inaugurer une usine au Mexique pour fournir le marché nord-américain. Chrysler, Honda, Volkswagen ont fait de même. Dans l’aéronautique, les français Latécoère et Safran ont aussi installé leurs usines au Mexique pour vendre chez le grand voisin du nord. Une augmentation des droits de douane pourrait inciter d’autres industriels à revoir leurs plans.

Si techniquement, le président américain a les moyens d’appliquer son programme, "son équipe compte beaucoup de défenseurs du libre-échange qui ont exprimé leur désaccord avec Trump sur ces questions", estime une note de la Société Générale, qui ne croit pas beaucoup à une nouvelle guerre commerciale.

Le mouvement ne se limite pas aux Etats-Unis. Dans le monde entier, la tentation de repli face à la mondialisation gagne du terrain. La victoire du Brexit en Grande-Bretagne a déjà ouvert la voie à la sortie de Londres du marché commun européen. Avec à la clef potentiellement un retour des droits de douanes et un contrôle des marchandises avec le continent. En Europe, le protectionnisme et la sortie de l’euro fait aussi les beaux jours de l’extrême-droite mais gagne aussi du terrain dans tout l’échiquier politique de la démondialisation prônée par Arnaud Montebourg à Jean-Luc Mélenchon. Le débat enflammé autour du Ceta en Wallonie, la volonté allemande inédite de protéger deux entreprises familiales convoitées par des investisseurs chinois et les appels à renforcer les protections commerciales aux frontières européennes en sont les prémisses.

Pas de retour au monde d'avant mais ...

La fin de la mondialisation est–elle en vue ? Difficile d’imaginer à nouveau d’énormes usines textiles en France ou une relocalisation de la production des smartphones. "Il n’y aura pas de retour en arrière mais c’est la fin de l’approfondissement de la mondialisation", reconnait l’économiste Lionel Fontagné. De fait, le commerce international a commencé à fléchir. Alors qu’il progressait dans les années 2000 plus vite que le PIB mondial, le commerce mondial devrait croître de 3 % cette annéeseulement. C’est à peu près autant que la croissance mondiale.

Contrairement à ce qu’affirme Arnaud Montebourg, ce n’est pas encore le signe d’une dé-mondialisation en marche et d’une relocalisation de la production vers les zones de consommation. Mais le paradigme a changé pour les industriels. La montée des coûts de transports et les problèmes de qualité ont incité certains à remettre en question les délocalisations. Désormais, ils vont aussi devoir adapter leur supply chain au risque politique.


 

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1 commentaire

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09/11/2016 - 14h36 -

Il faut se réjouir du retour du protectionnisme, car c'est le réalisme. Il est évident que le libre-échangisme mondial détruit l'économie française, son industrie et ses emplois. Un pays fort a une économie diversifiée et non spécialisée.
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