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Bpifrance assied sa présence auprès des entreprises

Arnaud Dumas ,

Publié le

Les activités de crédit, de garantie et d’investissement en capital de Bpifrance ont encore augmenté en 2015, avec un chiffre d’affaires en hausse de 37 % pour l’organisme public. Mais Nicolas Dufourcq, le directeur général, l’assure : la banque publique prend plus de risques que les banques privées.  

Bpifrance assied sa présence auprès des entreprises
Nicolas Dufourq
© Pascal Guittet

C’est au milieu d’un ballet des chariots élévateurs rouges de la marque Manitou que Nicolas Dufourcq a choisi de présenter les résultats de la banque publique. Bpifrance s’est installée le temps d’une matinée, jeudi 31 mars, dans l’usine d’Ancenis (Loire-Atlantique) de Manitou pour qu’on ne la taxe plus d’être trop parisienne.

"Nous sommes dans la French Fab, la French Tech de l’industrie, pour montrer la beauté et la profondeur des entreprises en région, lance le directeur général de la banque publique. Nous ne voulons pas être considérés uniquement comme la banque des start-up, cela ne représente que 15 % de ce que nous faisons. Le cœur de notre métier, ce sont des entreprises comme Manitou." L’ETI familiale, qui a réalisé 1,287 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2015, est cliente de Bpifrance pour les prêts de développement, ces crédits à moyen terme de 7 ans avec un différé de remboursement de deux ans.

Diminution du résultat net
La banque publique a continué d’afficher des résultats en forte croissance en 2015. Son produit net bancaire (le chiffre d’affaires des banques) a progressé de près de 37 % par rapport à 2014, atteignant 1,3 milliard d’euros. Son résultat net diminue de près de moitié à 676 millions d’euros en 2015, contre 1,2 milliard en 2014. Mais cette contre-performance est due à la plus-value de cession d’une partie du capital d’Orange en 2014. Sans cet élément exceptionnel, le résultat net est en hausse de 10 %.

Les trois principaux métiers de l’organisme public sont montés en charge l’année dernière. Le volume des garanties financières a progressé de 3 % à 8 milliards d’euros. La BPI a octroyé pour 13,3 milliards d’euros de crédit (+ 6,4 %), avec une hausse particulièrement importante des prêts à l’innovation (1,3 milliards d’euros, + 20 %) et des prêts de développement (2 milliards d’euros, + 18 %). L’investissement en capital a quant à lui augmenté de plus de 22 %, avec 1,8 milliard d’euros investis en direct ou via d’autres fonds d’investissement. L’activité d’investissement en direct a enregistré deux grosses opérations l’année dernière, avec l’investissement de 385 millions d’euros dans le capital d’Ingenico et la prise de participation dans les drones de Parrot pour 40 millions d’euros.

Marquer sa différence
Ce sont donc des résultats dignes d’une banque commerciale traditionnelle qu’a enregistrés l’entité publique. Nicolas Dufourcq craint-il qu’on lui en fasse le reproche ? L’une des critiques faites à Bpifrance a souvent été son manque de prise de risque, notamment dans le rapport de la mission d’information commune de l’Assemblée nationale remis en septembre 2015.

"Nous sommes très actifs sur les 10 % du marché les plus risqués", semble se défendre Nicolas Dufourcq. A propos des garanties de prêts bancaires, il insiste sur le fait qu’une "entreprise privée ne pourrait pas avoir cette activité qui repose sur un fonds de l’Etat". Même chose pour l’activité innovation. "Nous sommes une banque très publique car le financement de l’innovation ne pourrait pas être accompli si nous n’avions pas de financement de l’Etat et du Programme des investissements d’avenir", assure Nicolas Dufourcq.

Depuis l’année dernière, Bpifrance veut par ailleurs marquer sa différence en se présentant comme une banque d’accompagnement des entreprises. Elle a lancé trois accélérateurs dédiés aux PME, aux ETI et aux start-up dans lesquels elle fournit des offres de formation, de conseil et de mise en relation avec des clients potentiels. Près de 250 entreprises seront ainsi en permanence accompagnées dans ces accélérateurs.

Bpifrance propose également à ses clients de leur cofinancer des missions d’audit et de conseil sur différents aspects de l’activité (design, big data, etc.). "Nous avons réalisé 220 missions en 2015, nous en ferons 900 en 2016", annonce Nicolas Dufourcq.
Quant à l’accompagnement à l’international, Bpifrance prévoit de doubler son partenariat avec Business France. Elle devrait verser 5 millions d’euros à l’ex-Ubifrance en 2016 pour ses prestations.

Arnaud Dumas

 

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