Bayer soutenu par sa chimie

MaterialScience n'est pas à vendre. Marijn Dekkers, le p-dg de Bayer admet que cette « option extrême de désinvestissement » serait envisagée seulement dans le cas d'une impérative nécessité de cash pour « une très, très grande acquisition ». Une opération qui n'est pas d'actualité, assure le groupe. Ces interrogations sur une possible acquisition majeure pour renforcer Bayer sont légitimes car le groupe fait face à plusieurs incertitudes. Déjà, il a engagé fin 2010 un plan de restructuration sur trois ans destiné à réduire les coûts annuels de 800 M€. Plan dont l'ampleur n'est pas encore totalement déterminée mais qui devrait au minimum entraîner la suppression nette de 2 000 postes, avec une perte de 4 500 emplois dans les régions matures et la création de 2 500 emplois dans les régions émergentes. D'autre part, Bayer est l'un des derniers géants à maintenir un double positionnement chimie-pharma. Or sa division pharmacie fait face à un climat délicat entre des chutes de brevets et les 6 800 plaintes concernant sa gamme Yaz de pilules contraceptives aux États-Unis. Rien qu'en 2010, la division Healthcare, qui a malgré tout affiché une progression de 5,8 % de ses ventes, à 16,9 Mrds €, a enregistré des charges exceptionnelles de 1,7 Mrd €. Charges aussi liées à la consolidation des produits sous la marque Bayer au détriment de la marque Schering, définitivement abandonnée. Les remous de la branche ont ainsi bien impacté le résultat net de Bayer l'an dernier avec un recul de 4,3 % des bénéfices, à 1,3 Mrd €. Pour parer à ces difficultés, le groupe compte sur son antithrombotique Xarelto, dont la mise sur le marché est espérée cette année. Médicament phare qui pourrait, prédit Bayer, atteindre un pic de ventes de 2 Mrds € à l'horizon 2015.

« L'indispensable équilibre des trois divisions »

Autres difficultés : celles de la division CropScience. Les ventes n'ont augmenté que de 4,9 %, à 6,8 Mrds €, en raison de l'impact des génériques et des conditions météorologiques sur les produits phytosanitaires, noyau dur des trois segments (-4,7 %, à 5,5 Mrds €). Bayer compte néanmoins sur la mise sur le marché d'ici à 2012 de six substances pour des ventes annuelles supplémentaires estimées à plus de 1 Mrd €. En attendant, les segments Environmental Science et surtout Bioscience (semences) ont permis de redresser le tir avec une croissance de 23,1 %, à 1,3 Mrd €. Malgré tout, CropScience a aussi pesé sur les bénéfices, en particulier avec une charge de 526 M€ pour le règlement de procédures relatives à une semence OGM de riz aux États-Unis. Ces fléchissements des divisions CropScience et HealthCare n'ont toutefois pas empêché Bayer d'enregistrer des ventes records de 35,09 Mrds €, en progression de 12,6 %. Moribonde en 2009 avec la crise, la division purement chimique a largement contribué à la croissance cette fois-ci. MaterialScience a ainsi fortement rebondi : +35 %, à 10,1 Mrds €, et un Ebitda qui a quadruplé, à 1,4 Mrd €. Le groupe ne délaissera d'ailleurs pas sa chimie dans l'immédiat puisque sur les 5 Mrds € d'investissements prévus ces trois prochaines années, la majeure partie sera consacrée à l'accroissement des capacités mondiales de polyuréthanes et de polycarbonates. L'équilibre généré par les trois divisions de Bayer semble donc indispensable. Il permet d'amortir les défaillances cycliques, même si ce positionnement empêche parfois de bénéficier d'une croissance à pleine charge. Pour l'avenir, le groupe se veut d'ailleurs prudent, et table sur une modeste croissance de 4 à 6 % en 2011, et d'environ 5 % jusqu'à 2012.

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