[Avis d'expert] Sortons la high tech de la logique du "tout-jetable"

Pour le porte-monnaie des Français, mais surtout pour la préservation de l’environnement, il devient urgent d’encourager le prolongement de la vie de nos appareils notamment numériques. Pour Bertrand Coty, expert en intelligence économique, l’évolution de la législation y participe mais cela repose aussi sur les industriels et les consommateurs.

 

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[Avis d'expert] Sortons la high tech de la logique du
Allonger la durée de vie des appareils, un bon réflexe pour l'environnement.

La France vient de faire un pas important vers la fin de l’obsolescence programmée. Rendu obligatoire par la loi « anti-gaspillage » promulguée il y a un an, l’ « indice de réparabilité » est entré en vigueur le 1er janvier dernier, et représente une aubaine pour les consommateurs soucieux de leurs économies, mais également de la préservation de la planète. Ces derniers, habitués aux étiquettes « énergie », avec leurs lettres A, B, C, D ou E - qui les aident à choisir les appareils électroménagers les moins gourmands en électricité -, vont désormais avoir à leur disposition ledit indice de réparabilité, assorti d’une palette de couleurs, du rouge au vert foncé, ainsi que d’une note allant de 1 à 10.

Soutenir la réparabilité des appareils

Concrètement, les consommateurs sauront si l’ordinateur ou le four qu’ils s’apprêtent à acheter seront aisément réparables lorsqu’ils tomberont en panne. Une petite révolution, alors que dans l’Hexagone, chaque année, 40 millions d’appareils ou d’objets deviennent inutilisables car irréparables. Ce qui implique la plupart du temps leur remplacement - donc des dépenses. Une petite révolution, également, pour les industriels, obligés d’allonger la durée de disponibilité des pièces de rechange - parfois jusqu’à 20 ans -, et de revoir les méthodes de conception/fabrication de leurs produits, qui ne pourront sans doute plus intégrer autant de soudures qu’avant, celles-ci étant, par définition, difficilement démontables.

Avec l’entrée en vigueur de cet indice de réparabilité, obligatoire, pour l’instant, pour quelques catégories d’appareils seulement, dont les téléviseurs, les ordinateurs portables et les smartphones, c’est tout l’écosystème des produits emblématiques de la vie des Français qui est revu en profondeur. Afin que ces derniers deviennent, pourquoi pas, des « Répar’acteurs ». Utiliser, réutiliser, recycler : voilà un cercle vertueux que pourraient effectivement appliquer les consommateurs, sous l’impulsion législative, donc, mais également des initiatives privées, qui encouragent de plus en plus le reconditionnement et le recyclage des appareils, alors que seuls 36 % des Français se déplacent chez un.e réparateur.rice lorsque survient une panne.

Réparer et recycler

Par exemple, dans les magasins Hubside.Store spécialisés dans la vente de matériels multimédias, 60 % des appareils vendus sont reconditionnés et il est même possible de louer du matériel, ce que font déjà des enseignes comme Leroy Merlin ou Castorama dans un autre domaine. En 2018, on estimait déjà à quelque 2,1 millions le nombre de smartphones reconditionnés vendus en France. Il est désormais crucial d’amplifier cette dynamique réparation/recyclage, alors que l’arrivée très prochaine de la 5G promet des achats par millions de nouveaux appareils. Et l’obsolescence conséquente des anciens smartphones.

Loin d’être chimérique, ce risque (environnemental) existe bel et bien. Selon l’association Halte à l’obsolescence programmée (HOP), le lancement de la nouvelle génération de téléphonie mobile "comporte un risque important d’accélération du renouvellement des appareils numériques, au détriment de la planète et notre pouvoir d’achat". D’où l’importance, peut-être, dans un premier temps, de se focaliser sur le recyclage et la réutilisation des téléphones, afin de diminuer l’empreinte énergétique du secteur ? L’Agence de la transition écologique (Ademe) a déjà souligné à plusieurs reprises, en tout cas, les gains environnementaux induits par l’allongement de la durée d’utilisation des produits."

Bertrand Coty, expert en intelligence économique

Les avis d'experts sont publiés sous l'entière responsabilité de leurs auteurs et n'engagent en rien la rédaction de L'Usine Nouvelle.

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