[Avis d'expert] Pour orchestrer « France 2030 », appuyons-nous sur les clés du succès de nos filières historiques

En amont du nouveau plan d’investissement « France 2030 » qui sera annoncé le 12 octobre par l’Elysée, Christelle Ciecholewski et Rémi Worms, tous deux consultants au sein du cabinet EY-Parthenon, estiment que les nouvelles industries qui sont ciblées devront tirer les enseignements de la construction des filières stratégiques historiques.

 

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[Avis d'expert] Pour orchestrer « France 2030 », appuyons-nous sur les clés du succès de nos filières historiques
Christelle Ciecholewski et Rémi Worms, tous deux consultants EY-Parthenon, estiment que les nouvelles industries qui sont ciblées devront tirer les enseignements de la construction des filières stratégiques historiques.

En mettant en lumière certaines de nos dépendances économiques, la crise sanitaire a placé l’enjeu de la souveraineté au centre du débat public. Cet enjeu n’était jusqu’ici considéré que pour quelques filières industrielles historiques telles que la défense, l’énergie, le transport, l’espace. Aujourd’hui, nous l’avons redécouvert dans d’autres filières, notamment la santé et l’alimentation. Nous ambitionnons par ailleurs de renforcer certaines industries et d’en développer de nouvelles. Les bonnes pratiques et retours d’expériences des filières historiques ne doivent pas être oubliés.

Renforcer les filières critiques

Pour instaurer notre souveraineté dans ces filières de la plus haute importance pour notre indépendance économique, nous pouvons, nous devons donc nous inspirer des réponses déjà mises en place au sein des filières historiquement stratégiques.

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Concrètement, ces dernières donnent de la visibilité à leurs différentes parties prenantes, de la grande tête de filières aux multiples ETI et PME sous-traitantes, pour leur permettre d’investir dans le maintien et le développement de leurs compétences et de leurs actifs critiques, et limiter leur dépendance à des supply chains internationales.

Comment ? Facilement transposables à d’autres filières, leur méthode repose sur trois piliers : identifier et gérer les fragilités et dépendances propres de chaque acteur ; gérer activement les actifs et, surtout, les savoir-faire critiques ; instaurer un modèle de gestion fondé sur une planification et une vision de la filière à moyen et long terme.

Planifier et suivre les objectifs

De façon globale, la crise nous montre la nécessité de construire une politique industrielle globale.

De façon globale, la crise nous montre la nécessité de construire une politique industrielle globale, avec une vision de long terme, et non plus seulement réactive, avec des actions décidées en réponse à des chocs conjoncturels.

Ce retour de l’Etat stratège se manifeste par la nomination d’un Haut-Commissaire au Plan en août 2020 et un nouveau plan d’investissement d’une trentaine de milliards d’euros, visant à « faire émerger dans notre pays, et en Europe, les champions de demain, qui, dans les domaines du numérique, de l’industrie verte, des biotechnologies ou encore de l’agriculture, dessineront notre avenir » selon le chef de l’Etat.

Il impose alors de s’interroger sur le choix des filières à promouvoir, en fondant notre réflexion sur des critères objectifs (poids économique et social, importance stratégique, compétitivité…). Il faudra également prendre garde à ce que nos dépendances à des pays européens et/ou à des partenaires mondiaux soient à l’avenir choisies, et non subies comme trop souvent aujourd’hui.

Cette politique de long terme, qui consiste à élargir le spectre des filières économiques stratégiques, doit être déclinée à différents horizons. À court et moyen terme, elle doit protéger les compétences menacées et renforcer les réseaux d’alerte et la protection des acteurs fragiles pour éviter qu’ils ne passent sous pavillon étranger.

Elle doit aussi les relancer, notamment en stimulant la demande par la commande publique. En effet, cette dernière permet de garantir la cohérence de la politique industrielle nationale, mais aussi de prendre des risques que les acteurs privés ne peuvent pas se permettre, en soutenant des filières naissantes (hydrogène vert, batteries) ou des filières demandant des investissements lourds (tel que le nucléaire, avec le débat autour de la commande de nouveaux EPR et le démantèlement des centrales en fin de vie).

S'inscrire dans une logique de compétitivité mondiale

Il est plus que temps de passer d’une consolidation défensive à une consolidation offensive.

Ensuite, à plus long terme, cette stratégie doit favoriser le développement d’une offre technologique compétitive, en mettant l’accent sur la recherche, la formation professionnelle et en permettant la fertilisation croisée entre secteurs. Outre le renforcement du positionnement de ces filières à l’export, ces actions favoriseront le développement de leur activité, l’allongement des séries produites et une baisse de coût pour les clients nationaux, permettront des investissements futurs et le maintien de leurs compétences sur le territoire français.

Au regard de l’ensemble de ces éléments, il est plus que temps de passer d’une consolidation défensive à une consolidation offensive, et de construire de véritables champions nationaux et européens. Ils pourront prouver leur excellence, faire des économies d’échelle pour réduire leurs coûts de production et atteindre la taille critique nécessaire pour conquérir des parts de marché internationales. Cet effort aboutira inévitablement à rouvrir les débats, qui ont pu être houleux, mais n’en restent pas moins nécessaires, sur la pertinence et les modalités des lois anti-trust et les éventuels domaines réservés des champions nationaux.

Christelle Ciecholewski, Senior Advisor chez EY-Parthenon, et Rémi Worms, Manager chez EY-Parthenon

Les avis d'experts sont publiés sous l'entière responsabilité de leurs auteurs et n'engagent en rien la rédaction de L'Usine Nouvelle.

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