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[Avis d'expert] L'impact positif des objets connectés sur l'environnement des entreprises

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Tribune Les objets connectés intègrent tous les jours davantage les entreprises et bouleversent les méthodes de travail et leur environnement global. Pour Sébastien Wallet, directeur de la Practice IoT d’Artefact, et Vincent Luciani, spécialiste de l'accompagnement des entreprises dans leur passage au digital, l'IOT représente un gain important pour les entreprises. 

[Avis d'expert] L'impact positif des objets connectés sur l'environnement des entreprises
Robot connecté dans le centre de tri d'Amazon à Brétigny-sur-Orge (Essonne).
© Amazon

Mesurer en temps réel la température des fours d’une usine de métallurgie, détecter les pannes des équipements critiques d’un réseau ferroviaire, suivre en continu la pression de l’eau d’un barrage… autant de dispositifs s’appuyant sur des systèmes connectés M2M qui existent dans le monde industriel depuis des dizaines d’années. De 25 milliards d’objets connectés en 2019, nous allons passer à plus de 75 milliards en 2025 (Source Statista) avec la vague de l’IoT qui arrive. C’est un réel tsunami de données qui est en train de bouleverser lentement les métiers, les usages et les processus issus de tous les secteurs de l’entreprise. 

De nouveaux types de connectivités 

Aujourd’hui dans le monde, 127 nouveaux objets se connectent à internet chaque minute. Domotique, « wearables », télésurveillance… nos machines « parlent » entre elles, à tel point qu’il y aura bientôt dans le monde plus de données créées par les machines que par les humains ! A l’origine de cette accélération, de nouvelles formes de connectivité viennent compléter les systèmes de communication existants.

D’une part, il y a les technologies très bas débits de type LPWA (comme LoRa, Sigfox, ou le dernier venu Sidewalk d’Amazon),  un modèle du genre : ces réseaux radio à faible consommation d’énergie permettent de communiquer à très longue portée de petites quantités de données (octets) dédiées à échanger des informations basiques (température, consommation, mouvement, position, défaut, panne, etc). 

Elles sont idéalement utilisées pour le suivi de performance de systèmes, la maintenance prédictive des équipements, ou encore l’optimisation énergétique des bâtiments.

D’autre part, il y a les technologies très haut débit et longue portée, comme notamment la 5G. Elle va vraiment apporter de nouveaux usages nécessitant un débit et une consommation très importante de données en temps réel (giga octets), ainsi qu’une haute disponibilité de service. Par exemple, réaliser un geste de chirurgie sur un patient séparant son médecin de plusieurs milliers de kilomètres via la télémédecine, piloter à distance des drones de transport de passagers sans conducteur, ou transmettre en ultra HD le contenu des caméras de vidéosurveillance afin d’analyser instantanément les risques de criminalité dans les villes. 

La convergence naturelle entre IoT et IA 

Pour les entreprises, cette multiplication des capteurs implique mathématiquement une multiplication des données stockées. Et cela tombe bien : les DataLakes des entreprises qui jusque-là intégrait surtout des données digitales ou froides peuvent aujourd’hui intégrer des données physiques et les croiser entre elles, ce qui constitue la nouveauté par rapport au système capteur - service simple. L’analyse -fondée sur l’IA, et notamment le machine learning- de cet afflux de données permet désormais d’optimiser les process de façon manifeste. On peut, par exemple, optimiser  automatiquement le trajet d’un camion-poubelle en « captant » le taux de remplissage des poubelles, le rythme des feux de circulation, le circuit du véhicule dans les rues… etc. Mieux : l’intelligence artificielle peut aussi croiser la data obtenue de capteurs  avec des données contextuelles. Ainsi, si l’on équipe de capteurs des containers et que l’on croise ces données obtenues avec les prévisions météo, les données du trafic, et sa feuille de route, l’IA est en mesure d’estimer très précisément son heure d’arrivée à destination. Avec la multiplication de ce type d’analyses croisées, l’évolution des centres connectés est phénoménale, et l’impact économique très significatif.

Des capteurs de plus en plus intelligents

La technologie intégrée à ces objets connectés peut désormais aller plus loin. C’est ce que l’on appelle le edge computing. Pour pallier l’accumulation de données dans le cloud, des temps de réponses parfois trop lents et des risques possible en sécurité, les nouveaux capteurs sont désormais capables de prendre eux-mêmes des décisions en incluant localement une intelligence artificielle à partir des données recueillies. Entraînés en amont, ces capteurs avec IA embarquée peuvent ainsi dire si la mesure est bonne, aider à la lecture des données, proposer des réactions ou des décisions possibles aux utilisateurs. Dans le secteur de la logistique, ils peuvent par exemple décider de ne communiquer la position d’un chariot moins régulièrement si celui-ci est à l’arrêt. Quand le chariot se met en mouvement, le capteur indique plus souvent la position car cette information devient utile.

La Naissance de systèmes intégrés

Si le taux d’adoption global est plutôt bon à ce jour - 30% des entreprises du CAC 40 sont aujourd’hui équipées -, il devrait accélérer grâce à un véritable effet d’entraînement : dans tous les secteurs, les entreprises constatent la valeur ajoutée de l’IOT et s’équipent en conséquence. Ainsi, au plan mondial, 85 % des entreprises vont mettre en œuvre des solutions IoT ou prévoient de le faire, selon Forrester. Au-delà de cette proportion croissante d’entreprises équipées, le marché recèle un gros potentiel de croissance en nombre de capteurs. A titre d’exemple, la SNCF souhaite déployer 150.000 capteurs dans les prochaines années, contre 5.000 aujourd’hui. En matière d’applications, ces capteurs ouvrent un champ des possibles démultiplié. Problème : chaque typologie de capteur est gérée à partir de sa propre plateforme, dans une logique verticalisée. De quelques-unes pour une PME qui aura équipé son entrepôt, à des centaines pour un grand compte à l’activité variée et multi-site.

Le risque d’embouteillage est grand. Aujourd’hui, les entreprises doivent faire face à un flot de données toujours plus important, mais difficiles à croiser, car souvent incompatibles entre elles. Pourtant, la solution existe : en créant des «  IoT Data Platform » (des plateformes à même de faire converger toutes les données des différents capteurs quels qu’ils soient) l’IoT déploiera enfin tout son potentiel. En proposant de l’intelligence artificielle embarquée dans chaque capteur (afin de ne transmettre que la donnée pertinente) , et dans les « IoT Data Platform » (afin de la combiner avec les données de différents  capteurs) de nouvelles applications verront le jour. 

Le croisement, la modélisation et le traitement de toutes ces données supplémentaires permettront ainsi la création de valeur pour l’ensemble des métiers de l’entreprise.  

 

Sébastien Wallet est directeur de la Practice IoT d’Artefact, et Vincent Luciani est fondateur de COO d'Artefact et spécialiste de l'accompagnement des entreprises dans leur passage au digital. 

Les avis d'experts et points de vue sont publiés sous la responsabilité de leurs auteurs et n’engagent en rien la rédaction de L'Usine Nouvelle.

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