Economie

[Avis d'expert] Face au Covid-19, l’ingénierie façonne déjà le monde de demain

, , , ,

Publié le

Tribune Si le "monde d’après" ne sera pas fondamentalement différent de l’ancien, il s’est en revanche invité beaucoup plus tôt que prévu. Mais comment l’industrie peut évoluer sereinement dans un environnement devenu imprévisible ? En misant sur l’agilité, la flexibilité, et la sobriété d’investissement… avec l’aide opérationnelle des sociétés d’ingénierie, qui disposent d’une vision mondiale des marchés industriels et de la crise sanitaro-économique en cours. Par Damien Convert, directeur ventes & marketing de Segula Technologies.

[Avis d'expert] Face au Covid-19, l’ingénierie façonne déjà le monde de demain
Damien Convert, directeur ventes & marketing de Segula Technologies
© D.R.

Depuis le début de la crise sanitaire liée au Covid-19, la presse et les commentateurs en appellent régulièrement au "monde d’après", mélangeant des aspirations sociales, environnementales, économiques… et bien souvent politiques. Mais peu s’intéressent à l’industrie qui représente tout de même le quart de la valeur ajoutée française. Les ingénieristes ont un point de vue singulier sur les impacts de la crise dans l’industrie, et une sereine conviction sur la pierre qu’ils posent pour, en partie, construire la suite.

Demain tout de suite

Si ce "monde d’après" ne sera pas fondamentalement différent de l’ancien, il s’est en revanche invité beaucoup plus tôt que prévu : la crise a cristallisé des évolutions en gestation, amplifié des signaux faibles, et va très probablement accélérer certaines transitions déjà amorcées. Bien sûr, l’amplitude des évolutions dépendra des effets systémiques propres à chaque secteur industriel, à chaque marché, à chaque zone géographique. Il existe cependant quelques leviers communs et/ou fréquents (sans hiérarchie d’importance).

D’abord l’attitude des clients, des consommateurs grand-public aux institutionnels (État, collectivités, administration), en passant par le B2B : plus attachés à produire localement, plus vertueux (RSE, économie du partage, essor de la location…), probablement moins riches… et peut-être plus patients.

Ensuite le renforcement des contraintes et aspirations environnementales, avec déjà des aides conditionnées à des choix d’investissement ou d’exploitation (cf. prêt d’Air France), et probablement des réglementations ou décisions temporaires qui pourraient durer jusqu’à se transformer en dispositions pérennes. C’est sans doute le cas pour les règlements sanitaires, qui pourraient par exemple pousser tous les transports publics à adopter définitivement des systèmes de filtration de l’air similaires à ceux de l’aviation commerciale, ou encore les stations d’épuration à maintenir l’hygiénisation des boues d’épuration avant épandage (une pratique nouvelle apparue avec le Covid-19).

Enfin, la crise économique, que de nombreux analystes annonçaient déjà avant la crise sanitaire, se dessine désormais avec quasi-certitude. Elle se manifestera notamment par un déficit d’investissement, à la fois par manque de moyens et par difficulté à se projeter dans un monde incertain. Les industriels devront donc privilégier les cycles courts, l’adaptation des moyens existants, la transversalité technologique, l’innovation, la mutualisation…

Optimisation et flexibilité

Comment évoluer sereinement dans un environnement devenu imprévisible, où la valorisation de Tesla dépasse celle de Volkswagen (sans gagner d’argent !), où le cours du pétrole fait le yoyo, et où l’activité mondiale peut se mettre en pause du jour au lendemain ? En misant sur l’agilité, la flexibilité, et la sobriété d’investissement… avec l’aide opérationnelle des sociétés d’ingénierie.

Dès maintenant, l’industrie tente de rattraper le retard dû au confinement. Les enjeux sont ainsi essentiellement liés à la capacité de production qu’il faut rapidement optimiser pour produire plus, mais aussi flexibiliser pour produire "varié", afin de satisfaire un maximum des commandes en souffrance. Ces évolutions reposent sur des compétences maîtrisées par les ingénieristes, capables de revoir produits et process en fonction des nouvelles contraintes avec l’aide des technologies les plus récentes de l’état de l’art. Ce "coup de boost" nécessite non seulement l’usage des méthodes et outils de travail les plus performantes (design numérique, prototypage rapide…) mais aussi les ressources humaines suffisantes, malgré l’absence physique de nombreux collaborateurs. Voici d’ailleurs l’un des rares points positifs de cette crise : la confiance dans le télétravail. Les équipes distribuées ont eu l’occasion de prouver leur efficacité à distance, parfois même supérieure au présentiel ! La pérennisation de ce mode de travail est sérieusement envisageable, d’autant plus qu’elle facilite la création d’équipes ad hoc, sans limites sur les lieux de résidence des experts concernés.

Viendra ensuite (mais rapidement) le temps de l’adaptation profonde de l’industrie à ce "monde d’après". Là encore, optimisation et flexibilité seront les maîtres mots : optimisation des flottes dans les transports, redesign des produits pour plus de versatilité, flexibilité des lignes de production (cadence, technologies, nature de la production…). Des sujets non seulement habituels pour les sociétés d’ingénierie, mais aussi profondément inscrits dans nos gènes. Aux optimisations techniques, ajoutons enfin l’optimisation des investissements, à laquelle notre secteur est rompu, et a démontré son savoir-faire : dans l’automobile avec le carry-over (réutilisation maximale des moyens existants), dans le design-to-cost, et plus largement dans les transports ou les infrastructures avec l’optimisation des assets.

Méthode et expertise

Pour assister au mieux l’industrie dans cette étape complexe et déconcertante, les ingénieristes exploitent les fondamentaux de leur métier. Notre mission est de trouver des solutions techniques, de les concrétiser, et de régler les problèmes en s’appuyant sur des méthodes de travail éprouvées, des expertises transverses multi-sectorielles et internationales, et les compétences sans cesse remises à jour de nos collaborateurs. Notre innovation pragmatique et opérationnelle, consubstantielle de notre métier, prend aujourd’hui tout son sens car l’industrie a plus que jamais besoin de solutions fiables et immédiatement exploitables. Ce qui a d’ailleurs été récemment démontré avec l’adaptation en quelques semaines du masque EasyBreath de Décathlon pour l’oxygénation des patients et la protection du personnel soignant, masque adapté par Segula en partenariat avec Safran.

Optimisation, flexibilité, méthode, expertise transsectorielle, innovation… Crise ou pas, dans le monde d’aujourd’hui comme dans celui "d’après", l’ingénierie est et reste là pour accompagner l’industrie avec ces leviers indispensables à son bon fonctionnement.

 

Par Damien Convert, directeur ventes & marketing de Segula Technologies

Les avis d'experts sont publiés sous l'entière responsabilité de leurs auteurs et n'engagent en rien la rédaction de L'Usine Nouvelle.

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte