[Avis d'expert] 5G, voiture autonome, IA ... Repensons la concertation sur les innovations technologiques et leurs impacts !

Certaines innovations technologiques, comme l'intelligence artificielle et la 5G, entraînent des changements profonds de nos sociétés. Si elles sont l’objet de nombreux débats et études, la France est en réalité mal préparée aux changements induits, alerte l’Académie des technologies. L’institution livre, dans cette tribune, ses pistes pour repenser la concertation sur l’innovation technologique.

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[Avis d'expert] 5G, voiture autonome, IA ... Repensons la concertation sur les innovations technologiques et leurs impacts !
L’Académie des technologies se dit prête à contribuer aux concertations sur les innovations technologiques et leurs impacts, suivant sa devise « Pour un progrès raisonné, choisi et partagé ».

Santé digitale, voiture plus autonome, intelligence artificielle : ces innovations vont continuer à induire des changements significatifs. Les réseaux sociaux ou la téléphonie mobile l’ont fait dans un passé récent, et de nouvelles évolutions technologiques le feront dans le futur. Mieux se préparer à ces évolutions généralement mondiales est un devoir : ainsi, la France - et la 5G - méritaient mieux que les joutes et les injures qui ont caractérisé certaines prises de parole sur le sujet dans les derniers mois.

C’est une tâche difficile, d’une part parce que l’anticipation n’est jamais aisée, d’autre part parce que cette préparation doit être collective et inclusive. La non-anticipation de changements profonds ou d’effets collatéraux est à la source d’inquiétudes des citoyens dans la capacité des technologies à améliorer durablement leur bien-être, à la source de difficultés pour l’action des politiques à tous les niveaux. L’impréparation de la société dans son ensemble aux changements socioéconomiques induits par les innovations technologiques alimente par ailleurs le déficit de confiance dans les institutions et leur capacité à prendre les bonnes décisions vis-à-vis de choix technologiques, qu’il s’agisse d’adoption (le nucléaire ?), de refus (les OGM ?) ou même de passivité vis-à-vis de leur survenance (les réseaux sociaux ?).

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Deux à trois grands sujets technologiques par an

La création du Haut-Commissariat au plan est en ce sens bienvenue et on ne peut que saluer le souhait de François Bayrou, dans son premier discours devant le Conseil économique, social et environnemental (CESE), d’en appeler à « l’intelligence collective de penser l’avenir, le faisable, le possible, le difficile et l’infaisable », et de regretter « l’abondance de rapports, la multiplication d’études de toutes natures… avec le peu de résultats et la réalité de l’influence que ce travail et ces compétences ont sur le débat public ».

La préparation de notre société aux changements induits par des innovations technologiques est cruciale pour notre avenir commun, et a naturellement sa place dans les travaux du Haut-Commissariat.

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Pour garder la souplesse et la réactivité nécessaire, deux à trois grands sujets technologiques de moyen-long terme pourraient ainsi chaque année faire l’objet d’une concertation approfondie. Ces sujets seraient choisis soit du fait de leur impact socioéconomique potentiel, soit qu’ils puissent répondre à des défis sociétaux majeurs actuels et à venir. De manière transparente, publique et pérenne, une telle concertation permettra de croiser les regards et perceptions des enjeux technologiques, économiques, industriels, sociétaux et politiques sans oublier les enjeux en termes de recherche et développement.

Préciser la méthodologie et les ressources des expérimentations

Dans le processus de concertation à mettre en place, l’Académie des Technologies estime devoir attirer l’attention sur trois points :

  • Lancer un, deux ou trois sujets par an, ne signifie pas que la concertation sur un sujet ne doive pas en général être plus longue : préparer l’analyse du sujet en rassemblant ou complétant l’ensemble des rapports français existants et des rapports étrangers marquants, organiser les débats nécessaires impliquant académiques, industriels, citoyens et politiques, et dégager des recommandations et des pistes d’action, peut nécessiter dix-huit mois à deux ans.
  • La concertation peut conduire à proposer des expérimentations en vraie grandeur, à une échelle nationale ou régionale, voire à l’échelle européenne, en s’assurant d’une coordination d’ensemble. Dans tous les cas, il importe de préciser dès le début la méthodologie et les ressources permettant de faire un bilan effectif des expérimentations et d’en tirer les leçons.
  • La concertation doit assurer le respect de l’expression de tous, sachants comme non-sachants, elle doit permettre de distinguer au mieux ce qui relève des faits et des connaissances scientifiques et technologiques, ce qui est certain, incertain ou inconnu, ce qui est l’expression des valeurs et des opinions.

L’Académie des technologies se permet de rappeler combien la pluralité des expériences, l’indépendance et les processus d’analyse collective permettent aux Académies de contribuer sereinement à l’analyse des sujets scientifiques et technologiques. Pour sa part, elle est prête à contribuer à la concertation suivant sa devise « Pour un progrès raisonné, choisi et partagé ».

L'Académie des technologies, et en particulier son président Pascal Viginier, son vice-président Dominique Vernay, et ses membres Yves Bamberger et Marie Meynadier.

Les avis d'experts sont publiés sous l'entière responsabilité de leurs auteurs et n'engagent en rien la rédaction de L'Usine Nouvelle.

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