Avec le Covid-19, les conditions de travail des ouvriers se seraient moins dégradées que celles des cadres

Selon une enquête de la Dares publiée le 28 mai, le Covid-19 aurait modifié les conditions de travail d'un salarié sur deux. Les ouvriers, plus particulièrement ceux travaillant dans le secteur de l'industrie ou de la construction, feraient cependant partie du groupe pour lequel la pandémie a souvent eu un faible impact ou a engendré une baisse de la durée du travail.

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Avec le Covid-19, les conditions de travail des ouvriers se seraient moins dégradées que celles des cadres
Les ouvriers de sexe masculin âgés de plus de 45 ans sont ceux pour lesquels le Covid-19 aurait eu le moins d'impact.

L'épidémie de Covid-19 et les mesures mises en place pour tenter de limiter sa propagation ont considérablement transformé notre quotidien. Afin de déterminer comment les conditions de travail des salariés ont évolué pendant cette période, la direction de la recherche du ministère du Travail (Dares) a mené une enquête au premier trimestre de 2021 auprès de plus de 17 000 personnes en activité.

Quatre profils différents

De nombreux critères ont été retenus pour tenter d'obtenir une perception globale de l'état d'esprit des travailleurs. Figurent notamment parmi eux la durée du travail, son intensité, les objectifs chiffrés, l'autonomie, la coopération, les exigences émotionnelles, les conflits de valeurs, le sens du travail ou l'insécurité de l'emploi. Sur tous ces points, les personnes interrogées ont dû trancher entre une situation dégradée par rapport à l'avant Covid, améliorée ou bien inchangée.

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Les résultats de l'enquête permettent de distinguer quatre profils différents : ceux pour lesquels la pandémie n'a eu que peu d'impact (54 % des sondés), ceux qui ont constaté une accalmie du rythme de travail (4 %), une intensification (32 %) ou une dégradation générale des conditions de travail (11 %).

Les femmes plus durement touchées

Les ouvriers ne représentent que 19 % des personnes interrogées lors de cette étude, mais pèsent 25 % de celles appartenant à la catégorie « peu d'impact » et 24 % de la catégorie « accalmie ». Dans le détail, les secteurs de l'industrie et de la construction sortent du lot, avec une majorité de répondants correspondant à ces deux profils.

A l'inverse, les cadres et les professions intellectuelles supérieures font partie des Français qui se disent les plus touchés par les conséquences de l'épidémie. 26 % des personnes se reconnaissant dans le profil « intensification » et 30 % du profil « dégradation » appartiennent en effet à cette catégorie socio-professionnelle, qui ne représente pourtant que 21 % des sondés. Ces deux profils semblent correspondre en majorité à des femmes ou à des personnes âgées de 35 à 44 ans.

18 % des travailleurs contaminés ?

Le ministère du Travail en a également profité pour interroger l’ampleur et les facteurs de la contamination des travailleurs au Covid-19. Il en ressort que 18 % des travailleurs (seulement 13 % des ouvriers) indiquent avoir été positifs au virus depuis le début de la crise sanitaire et que 28 % d’entre eux estiment l’avoir été dans le cadre de leur travail. Pourtant, selon une étude de l'institut Pasteur réalisée entre octobre 2020 et janvier 2021, l'entreprise ne pèserait que dans 15 % des contaminations.

Valentin Hamon Beugin Journaliste Matinalier / Management

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