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L'Usine Santé

Automédication : Front commun des professionnels de la santé en faveur des médicaments sans ordonnance

Gaëlle Fleitour , , , ,

Publié le

Industriels du médicament, pharmaciens, médecins généralistes, organismes complémentaires... Un consensus émerge pour étendre la liste des médicaments pouvant être vendus sans passer par la case médecin. Reste à convaincre la ministre de la Santé, Marisol Touraine.

Automédication : Front commun des professionnels de la santé en faveur des médicaments sans ordonnance © Melancolie en velours - Flickr - C.C.

L’initiative est suffisamment rare pour être soulignée. A la même table, deux patrons de grands laboratoires pharmaceutiques français - Ipsen et Pierre Fabre - le principal syndicat des pharmaciens (Uspo) et l’ancien directeur général de la Haute Autorité de Santé (HAS), entre autres. 

Ce mercredi 4 février, ils sont réunis à l’occasion d’un grand colloque en faveur de l’automédication, ces médicaments disponibles en pharmacie sans ordonnance. Ils sont parvenus à faire venir à la tribune des représentants des autorités sanitaires, de la direction générale de la Santé et de l’Autorité de Sécurité du Médicament (ANSM). Et même celui des médecins généralistes, désormais partants pour ne plus se laisser déborder par des consultations concernant des pathologies bénignes.

Des économies à la clé pour l’Assurance-Maladie

En France, l'automédication représente seulement 7% du marché des médicaments contre une moyenne de 10% dans les pays membres de l'Union européenne, voire plus de 15% chez les voisins allemands et anglais. Selon les calculs de l’USPO, 347 millions d’euros pourraient être économisés chaque année si seulement 30% des patients souffrant de diarrhée ou d’affections ORL s’adressaient directement aux pharmaciens… Selon une étude réalisée par le cabinet Celtipharm pour l'Afipa, portant sur une liste de 114 molécules relevant d'indications adaptées à l'automédication, l'économie nette potentielle serait de 398,4 millions d'euros pour le switch de l'ensemble de ces produits de prescription obligatoire à facultative. Voire 1,5 milliard d'euros s’ils venaient à être déremboursés en même temps.

Objectif de l’opération ? Convaincre Marisol Touraine, la ministre de la Santé, d’inclure une mesure favorisant l’automédication dans son projet de loi Santé, débattu au Parlement dans quelques semaines.

Le développement de l’automédication acté... en juillet 2013

Sur le papier, le développement de l’automédication, ou médication officinale, était acté. Il faisait partie des orientations stratégiques retenues dans le contrat de filière Santé signé il y a un an et demi par les industriels et le gouvernement. Mais depuis, rien n’a bougé. Les réunions se suivent pour définir les aires thérapeutiques qui pourraient être "délistées", c’est-à-dire passer en prescription facultative, mais rien ne peut être fait sans le feu vert de la Ministre. Pourtant, un consensus semble se dégager. 

Dans une lettre adressée ce jeudi 5 février à Marisol Touraine, le G5 (think-tank réunissant les principaux laboratoires pharmaceutiques français) et l’Uspo proposent ainsi d’expérimenter la délivrance de médicaments directement en pharmacie pour la gastro-entérite de l’adulte, la rhinite saisonnière, la cystite, l’arthrose... "Un groupe de travail de l’ANSM a déjà travaillé sur des pathologies adaptées, avec une liste de questions que le pharmacien devraient poser pour vérifier s’il doit ou non renvoyer le malade chez le médecin, ainsi que sur la liste des traitements disponibles", rappelle Marc de Garidel, PDG d’Ipsen, président du G5 Santé et vice-président du Comité Stratégique de filière Santé.

Pharmaciens et industriels prêts à jouer le jeu sur les prix

Pour la Sécurité Sociale, le potentiel d’économies serait considérable : jusqu’à 1,5 milliard d’euros en alignant la France sur la pratique des autres pays européens en matière d’automédication selon l’Afipa, l’association regroupant les industriels du secteur (voir encadré). Mais Marisol Touraine craint que cela ne freine l’accès des patients les moins fortunés à ces médicaments. Gilles Bonnefond, le président de l’Uspo, développe avec les organismes complémentaires des outils pour intégrer plus facilement dans leurs contrats des forfaits prenant en charge les frais d’automédication d’un patient, par exemple, à hauteur de cinquante euros chaque année.

Les complémentaires santé réaliserait dans ce cas des économies sur les consultations chez le médecin. Une initiative que pourrait suivre la CMU selon Gilles Bonnefond. Elle s’engage en contrepartie à la transparence des prix du côté des pharmacies via un Observatoire des Bonnes Pratiques. De leur côté, les industriels se disent prêts à une modération des prix en cas de déremboursements de leurs traitements dans le cadre d’un délistage.

Sauver l’emploi dans les usines pharmaceutiques

Selon eux, une hausse de l’automédication ne pourrait qu’être bénéfique pour l’emploi - actuellement en pleine souffrance dans le secteur pharmaceutique avec une récession qui dure depuis quatre ans en France - et pour les usines françaises de médicaments, nombreuses mais menacées par les pertes de brevets et baisses des prix sur les médicaments "classiques". 

D’autant que "les industriels français produisent 80% des médicaments d’automédication présents sur le marché", insiste Alain Coulomb, président de l’association organisatrice du colloque Coopération Santé et ancien directeur général de la HAS. Mais pas à n’importe quel prix, rassure Bertrand Parmentier, le patron de Pierre Fabre : "Nous sommes d’abord des industriels du médicament. Il s’agit de développer un marché tout en garantissant les questions d’accès, de solvabilité économique et de sécurité !"

Gaëlle Fleitour

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