Au secours, la valeur innovation piétine en France !

Malgré son potentiel salvateur clamé par tous, la valeur innovation perd des points en France. Et les entreprises françaises semblent résolument rétives à l’innovation de rupture, privilégiant l’innovation incrémentale et technologique sur des marchés connus, dévoile le 3e baromètre de l’innovation de Grenoble école de management. 

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Au secours, la valeur innovation piétine en France !

Le troisième baromètre de l’innovation réalisé par Ifop pour Grenoble École de management (voir le document ci-dessous) est en demi-teinte. Les 402 dirigeants de structures de l’industrie, du BTP et des services de plus de 10 salariés interrogés par l’Ifop ne donnent plus que 6,6 sur 10 (6,8 en 2013) à la place accordée à l’innovation, plaçant celle-ci loin derrière la qualité (8,6), la réactivité (8,3) et la productivité (7,9).

Les ressources réservées aux investissements visant à innover tendent à baisser (-5 points en un an), alors que, paradoxalement, les responsables considèrent l’environnement plus favorable à l’innovation en 2014 (54%) qu’en 2013 (41%). Et 30% des chefs d’entreprise interrogés ne consacrent aucune part fixe de leur chiffre d’affaires à l’innovation.

Conséquence : cette dernière a un impact moins positif sur l’activité des entreprises. "Tout concorde pour dire que l’on reste dans une logique très techno et produit, pour des marchés connus, sans cibler de nouveaux marchés", analyse Sylvie Bianco, enseignant chercheur à Grenoble école de management (GEM). Cette dernière pointe notamment la frilosité des entreprises françaises vis-à-vis des innovations de rupture, se contentant d’innovation incrémentale. "On est bien installé dans un modèle, mais il manque l’ambition de changer les règles du jeu et d’intégrer de nouvelles règles ou technologies, résume Sylvie Bianco. Mais comment provoquer l’électrochoc nécessaire pour inciter les entreprises à saisir les opportunités ? Et seraient-elles ensuite capables d’aller assez vite pour les mettre en œuvre ?"

Smart city, terra incoGnita !

Une batterie de question sur le concept de smart city confirme la difficulté. Les entreprises françaises peinent à identifier les nouvelles opportunités, comme celles apporté par le concept, certes émergent et flou, de "smart city". Seuls 27 % déclarent en avoir déjà entendu parler, dont 3 % seulement savent précisément ce qu’il recouvre.

"La majorité ne sait pas de quoi on parle, car le sujet n’est pas encore un business. Or les entreprises sont dans une démarche d’innovation alignée sur le marché, mais pas sur la R&D", analyse Federico Pigni, professeur assistante à GEM et directeur du programme global tech sur les big data. Pour lui, la smart city serait donc une "terra incognita", un mot polysémique, synonyme surtout d’une prolifération de service vers l’individu.

"Les entreprises ne comprennent pas en quoi elles sont concernées. Elles ne voient la smart city que du point de vue de l’usager, pas du business", comprend Federico Pigni. Certains dirigeants voient même dans les Smart Cities des conséquences négatives possibles pour leur activité. 14% estiment que le développement des villes intelligentes peut nuire à leurs coûts opérationnels et 15% à la vie privée des habitants !

En revanche, plus de la moitié des interviewés déclarent que les villes intelligentes affecteront favorablement la qualité des réseaux de télécommunication (59%), les infrastructures de transports (58%), l’accès à des énergies propres ou renouvelables (57%) ainsi que l’innovation et la création de nouveaux services (52%). Dommage que, à l'exception de quelques grandes entreprises françaises de l’environnement ou de l’énergie, les autres n’y voient pas une incroyable opportunité d’innovation de rupture et de nouveau marché.

Aurélie Barbaux

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