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L'Usine Maroc

Au Maroc, islamistes, stop ou encore ?

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Publié le

Au Maroc, islamistes, stop ou encore ? © Pascal Guittet

La lampe, la colombe, la rose ou le tracteur… Au Maroc, 15 millions d’électeurs devront désigner leur camp lors des législatives du 7 octobre. S’y affronteront une dizaine de partis, tous affublés d’un symbole, dans un pays où un tiers de la population reste analphabète. Ce scrutin est singulier. C’est le premier renouvellement de la Chambre des représentants (députés) depuis la constitution de 2011. Adoptée dans la foulée du Printemps arabe, celle-ci a (un peu) grignoté les pouvoirs de Mohammed VI, qui l’avait initiée pour calmer la rue. C’est surtout un défi personnel pour le chef du Gouvernement Abdelilah Benkirane, 62 ans. Leader du Parti de la justice et du développement (PJD), une sorte de dérivé light des Frères musulmans, il a réussi l’exploit de conduire un parti islamiste au pouvoir pendant un mandat entier.

Fin 2011, le PJD avait obtenu 27% des voix et la tête du gouvernement au sein d’une coalition hétéroclite (remaniée en 2013). Ceux qui voyaient un chamboulement dans cette alternance historique en ont été pour leurs frais. Le PJD, qui dans l’opposition n’avait pas de mot assez durs pour le Mahkzen (l’entourage du Palais, réputé affairiste), les "familles" et la corruption, est rentré dans le rang. Pas question de faire une révolution verte ni, répète Abdelilah Benkirane, de s’opposer à "sa Majesté". D’ailleurs, une bonne part des ministères clés (industrie, économie…) et régaliens (intérieur, diplomatie) est tenue par des techniciens et par des figures de l’establishment.

Le changement doit beaucoup à la personnalité de Benkirane. N’hésitant pas à s’exprimer en darija, l’arabe de la rue, il se distingue par sa gouaille et ses formules à l’emporte-pièce. Populaire, il rassure la majorité conservatrice. Et l’économie ? La presse se chamaille sur le bilan. Redressement des comptes publics, hausse du SMIC (10%), croissance en dents de scie, chômage persistant (10%) chacun y va de ses arguments…

Dans les faits, si le pays est plutôt bien tenu, comme l’analyse souvent le FMI, son économie reste à deux vitesses. D’innombrables industriels y investissent depuis cinq ans (Renault, Airbus, PSA, Siemens, Bombardier…), changeant la face du royaume. Mais l’économie intérieure, elle, reste en mal de compétitivité et d’inclusion. Outre qu’il délaisse le sujet de la corruption, l’ex-professeur Abdelilah Benkirane ne s’est pas attaqué au point noir du pays, l’éducation. Pourtant, ce sujet ne sera pas au cœur de la courte campagne qui tourne au pugilat entre Abdelilah Benkirane et Ilyas El Omari, le leader du Parti authenticité et modernité (PAM), réputé téléguidé par le Palais. Le roi, Commandeur des croyants, voudrait-il fermer la parenthèse islamiste ? 

Pierre-Olivier Rouaud

 

 

(Chronique parue dans L'Usine Nouvelle du 1er septembre)

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