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Pour Dassault Systèmes, la réalité augmentée à la traîne dans l'industrie

Gautier Virol

Publié le

Au salon Laval Virtual, qui s'est tenu à Laval du 20 au 24 mars, des représentants de Dassault Systèmes, Daqri et Middle VR ont mis en lumière les raisons de l’adoption restreinte de la réalité augmentée par l’industrie.  

Pour Dassault Systèmes, la réalité augmentée à la traîne dans l'industrie
Un collaborateur Enedis porte un casque de réalité virtuelle.
© Enedis

La réalité augmentée peine à se diffuser dans les usines. Les industriels, pour le moment, ne semblent pas emballés. Au salon Laval Virtual, qui s'est tenu à Laval (Mayenne) du 20 au 24 mars, plusieurs experts ont réfléchi aux raisons de ce désamour de l'industrie pour cette technologie, qui pourrait pourtant leur être profitable.

Selon les représentants de trois acteurs importants du secteur (Daqri, Dassault Systèmes et Middle VR), les industriels n’adoptent pas la réalité augmentée (AR) pour plusieurs raisons : les solutions qui leur sont proposées ne correspondent pas à leurs attentes ; le retour sur investissement n’est pas suffisant ; ils veulent développer une solution maison.

Se concentrer sur les problèmes

"Le monde de l’AR veut proposer des beaux graphismes ou du cloud, mais ce qui intéresse les industriels, ce n’est pas cela, c’est le contenu", observe Pierre Nowacki, responsable commercial et mid-size market de Daqri. "Notre but, c’est d’arrêter de faire rêver les gens et d’être efficaces dans ce qu’on leur propose."

D’après le responsable, trop de fournisseurs de solutions s’entêtent à proposer la technologie pour la technologie. Une démarche qu'il retrouve aussi avec le cloud : "Pour des raisons de sécurité évidentes, beaucoup d’industriels n’en veulent pas."

"Il ne faut pas se concentrer sur les technologies, mais sur les problèmes", ajoute Sébastien Kuntz, président fondateur de Middle VR.

Retour sur investissement

Autre sujet d’inquiétude : le retour sur investissement. "Les preuves de concept doivent être pensées pour un futur déploiement", insiste Pierre Nowacki. "Le retour sur investissement n’est généralement pas suffisant", regrette-t-il, car trop d’industriels réalisent des preuves de concept qui ne trouvent pas d’application réelle.

Il ajoute que pour obtenir un bon retour sur investissement d’un projet d’AR, il faut l’appliquer à un bien de haute valeur. "L’AR peut permettre de faire des réelles économies si elle est appliquée à un appareil qui coûte cher et qui rapporte de la valeur". Hadrien Szigeti, analyste stratégique de Dassault Systèmes, souligne l’importance de l’appliquer à des outils "complexes qui évoluent souvent".

Développer un outil ?

Lorsqu’ils se lancent dans un projet de réalité augmentée, de nombreux industriels cherchent à développer leur propre solution. "Ils embauchent pour développer un outil, mais trois ans après ils se rendent compte qu’ils doivent soit acheter un outil plus complet soit devenir un éditeur de logiciel à part entière", observe Sébastien Kuntz.

"Les industriels ne veulent plus être développeurs", ajoute Hadrien Szigeti. "Il faut leur proposer un service dans lequel il peuvent simplement créer. Surtout il faut que les différents fournisseurs de solutions travaillent ensemble à la standardisation de l’AR." Autant de solutions qui permettront peut-être de voir l’industrie accueillir plus largement l’AR dans ses usines.

 

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