Au débat de la primaire, ce qu'ont dit les candidats sur l’économie derrière l'avalanche de chiffres

Sur l’économique et le social, le débat des candidats de la droite n’a pas échappé à un discours très techno et les grands candidats ont infligé aux téléspectateurs des ratios de gestion plus qu’une grande vision mobilisatrice. Toutefois des approches un peu différentes se dessinent.

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Au débat de la primaire, ce qu'ont dit les candidats sur l’économie derrière l'avalanche de chiffres

Bien difficile pour les Français de s’y retrouver. Sur les modalités de retour aux 35 heures, le niveau de baisse de charges, les montants et les rythmes des baisses de dépenses publiques, les perspectives de retour à l’équilibre budgétaire, l’évolution des retraites, les candidats à la primaire de droite ont infligé au téléspectateur une avalanche de chiffres et de mesures. Souvent un discours de directeur de cabinet plus que de présidentiable. Et d’autant plus difficile à intégrer que sur chaque thème, il fallait mémoriser sept prises de position et que la moindre imprécision était relancée par l’équipe de trois journalistes. Les seuls restés un peu moins précis et, du coup, plus politiques sont finalement Nathalie Kosciusko-Morizet (NKM) et Jean-Frédéric Poisson. Au-delà des chiffres, peut-on retenir des approches un peu différentes selon les thèmes ?

Sur l’emploi

Bien naturellement tous promettent un retour à un meilleur niveau d’emploi en France. François Fillon mise tout sur un choc de baisse de charges de 40 milliards "sur tous les niveaux de salaires" estimant que l’on a aussi besoin d’ingénieurs en France quand Nicolas Sarkozy et Alain Juppé misent sur une baisse un peu moins importante et ciblée sur les bas salaires. Sans être en désaccord, Bruno Le Maire insiste sur l’importance de briser les tabous des dispositifs qui ne fonctionnent pas, comme Pôle emploi qu’il faut privatiser ou les emplois aidés qu’il faut supprimer. NKM mise sur les opportunités du travail indépendant de la nouvelle économie en créant un nouveau statut général qui rendrait son exercice plus fluide et plus protecteur.

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Sur le temps de travail

Négocier au niveau de l’entreprise c’est le credo de tous. Avec l’objectif tout de même pour les grands candidats de remonter le temps de travail en France. Pour y parvenir, les incitations sont un peu différentes. François Fillon veut augmenter le temps de travail des fonctionnaires à 39 heures "sans quoi rien ne se passera dans le privé", tandis qu’Alain Juppé veut laisser deux ans à la discussion avant que les chefs d’entreprise ne puissent remonter unilatéralement le temps de travail jusqu’à 39 heures payés 39. NKM trouve cette thématique dépassée à l’heure du numérique et semble la moins interventionniste. "Les énergies sont dans les entreprises, les associations, ce n’est pas à l’Etat de faire à leur place." De son côté Jean-Frédéric Poisson est le plus réticent à sortir les syndicats de la boucle de la négociation et rappelle que "la majorité des Français à temps plein travaille déjà 39 heures." Nicolas Sarkozy offre une variation de son précédent "travailler plus pour gagner plus" transformé en "on ne travaillera pas plus pour gagner moins." Chaque heure en plus doit être payée et les heures supplémentaires seront de nouveau défiscalisées.

Sur la fiscalité et les déficits publics

C’est là que les discours ont été les plus techniques même si l’idée est de baisser les impôts parallèlement aux dépenses publiques. La réduction du taux de prélèvement obligatoire et de l’endettement de la France est en ligne de mire pour tous. Bruno Le Maire affiche franchement que ce ne sont pas seulement les emplois publics qu’il faut réduire mais qu’il faudra s’attaquer aussi au social. Un éclair de lucidité lorsque l’on sait que sur les 57 % de dépenses publics du PIB, 20 % ne sont pas exactement des dépenses mais des transferts sociaux entre les Français. NKM, elle, propose une véritable révolution idéologique fiscale en brisant l’idée d’un impôt progressif au profit d’une "flat taxe" à 23,5 %. Elle estime que les économies se feront aussi en revoyant le type de fonctionnaires qui doivent bénéficier de ce statut particulier. Pour elle rien n’oblige à accorder l’emploi à vie aux professeurs par exemple. François Fillon, laboure le positionnement de son discours de "vérité" en expliquant que les réductions d’emplois publics seront impossibles à réaliser si on n’augmente pas franchement le temps de travail des fonctionnaires. Nicolas Sarkozy reprend sa recette du : "un départ à la retraite sur deux non remplacé" dans la fonction d’Etat et promet un taux de prélèvement obligatoire ramené à 50 % en fin de mandat. Aucun ne se sent lié par le retour au 3% de déficit à court terme. Jean- Frédéric Poisson s’est de son côté plaint de toute ces visions de gestionnaire pour proposer un projet plus "politique", s’attaquer à "l’effet de ciseau qui fait de la France un pays sous-attractif sur le plan économique et sur-attractif sur le plan social".

Sur la retraite

Le sujet de l’évolution des retraites a également été mis en débat. Avec des enjeux paramétriques de remontée de l’âge chacun à son rythme, à l’exception de NKM qui a affirmé son attirance pour l'idée de tout remettre à plat en s’engageant sur une révolution systémique qui instaurerait un système à points comme il existe dans les pays scandinaves, pour en finir avec la multiplicité des régimes en cours.

Le seul qui a cité le mot "industrie" hier soir est Alain Juppé, à deux secondes de la fin dce premier débat. Il en reste encore deux pour que chaque candidat puisse affirmer sa petite musique. Et ce ne sera sans doute pas de trop pour que les Français puissent intégrer la vision de chacun … s’ils résistent à l’exercice télévisuel.

Anne-Sophie Bellaiche Cheffe du service Economie et Social
Anne-Sophie Bellaiche

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