Economie

Attention au calme trompeur de l’actuel climat social

Cécile Maillard

Publié le

L’édition 2017 de la note de conjoncture sociale d’Entreprise & Personnel hésite sur le climat social à venir : apaisé si les réformes engagées montrent leur efficacité sur l’emploi, tendu si elles tardent à produire des effets.  

Attention au calme trompeur de l’actuel climat social
Les manifestations contre les ordonnances réformant le code du travail n'ont pas réussi à mobiliser au-delà de la CGT.
© Cécile Maillard

Le cinquantenaire de mai 1968 sera-t-il fêté dans la rue, par une contestation sociale portée non seulement par les syndicats mais aussi par les citoyens ? Cette année, la note de conjoncture sociale d’Entreprise & Personnel, réseau de DRH, hésite entre deux options pour définir le climat social à venir. Si l’hiver s’annonce calme, le printemps est plus incertain.

"L’exécutif réussira-t-il à convaincre les citoyens que ses réformes, à terme, s’équilibrent ? Qu’après avoir sécurisé l’environnement économique et social pour les entreprises, la réforme de la formation professionnelle et celle de l’Assurance chômage les sécurisent, eux ?" interroge Jean-Pierre Basilien, d’Entreprise & Personnel. Les salariés se sont peu mobilisés contre la réforme du travail parce qu’ils savaient, face à la détermination de l’exécutif, que cela ne servirait à rien. Mais les sondages montrent que le gouvernement n’a pas convaincu.

Une France divisée prête à s'enflammer

Face à la faiblesse de l’opposition politique, à la dispersion des acteurs syndicaux, à des salariés peu enclins à se mobiliser, l’association met en garde : les élections du printemps dernier, marquées par une faible participation et une montée des extrêmes, ont montré le visage d’une France divisée. Qui n’a pas disparu. Si les réformes du début de quinquennat, portées par une croissance retrouvée, ont des effets positifs pour l’emploi, le climat restera apaisé. En revanche, si rien ne bouge sur le front du chômage, si les mécontentements s’agrègent, il suffira d’un "détonateur" pour mettre le feu.

Deux réformes semblent risquées pour le gouvernement : celle de la sélection à l’entrée de l’université, qui se jouera au printemps, au moment de la préparation de la rentrée universitaire de septembre ; celle des retraites, au même moment, qui se traduira par une remise en cause des régimes spéciaux, et donc s’attaquera aux bastions de la CGT. "Il reste, en France, des marqueurs forts des différences entre droite et gauche", conclut Jean-Pierre Basilien. Pour ce scénario "pessimiste", la note de conjoncture d’Entreprise & Personnel conclut : "Le rendez-vous social serait alors plutôt celui d’un mai 2018, 50 ans après… "

Réagir à cet article

Testez L'Usine Nouvelle en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Créez votre compte L’Usine Connect

Fermer
L'Usine Connect

Votre entreprise dispose d’un contrat
L’Usine Connect qui vous permet d’accéder librement à tous les contenus de L’Usine Nouvelle depuis ce poste et depuis l’extérieur.

Pour activer votre abonnement vous devez créer un compte

Créer votre Compte