Atol : le cas d’école d’Emmanuel Macron pour une industrie made in France

Le ministre de l’Economie a visité, ce lundi 30 mars, l’usine du lunettier Atol, située à Beaune (Côte d’Or). Il y a donné le coup d’envoi de la semaine de l’Industrie en affirmant sa volonté de réindustrialiser la France grâce à l’innovation et a promis un nouveau train de réformes via une loi avant l’été pour dynamiser l’investissement des PME et ETI.

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Atol : le cas d’école d’Emmanuel Macron pour une industrie made in France

Emmanuel Macron, le Picard, était comme chez lui à Beaune. Ce lundi 30 mars, le ministre de l’Economie inaugurait la cinquième semaine de l’Industrie par une visite dans l’usine d’Atol située en Côte d’Or. Il n’aura pas eu besoin de ses lunettes, qu’il ne porte pas à la ville, pour lire une citation de son mentor, Paul Ricœur, l’accueillant sur un mur de l’usine : "le bonheur n’est pas une plante sauvage : c’est un fruit délicieux qu’on ne rend tel qu’à force de culture". Ajoutée à la bonne entente affichée avec Philippe Peyrard, directeur général délégué de l’opticien, rencontré en janvier dernier au Consumer Electronic Show (CES) de Las Vegas, le jeune ministre était visiblement détendu. "Ce qui se passe à Vegas, reste à Vegas". Visiblement les deux y ont des souvenirs partagés.

Au lendemain de la sévère défaite socialiste aux départementales, Emmanuel Macron était à la recherche d’un "very good trip". Comme Manuel Valls, il a maintenu le cap et a demandé à être jugé sur le long terme. "Nous n’arrêterons pas une politique au motif qu’elle n’a pas de résultat au bout de 18 mois. La cohérence se construit dans la durée". Et d’ériger l’exemple d’Atol en modèle pour l’industrie française. "L’histoire d’Atol peut être celle de la réindustrialisation du pays. L’entreprise a dû répondre aux problèmes de coûts avec des marges très faibles qui ne permettaient pas de créer ou de maintenir des emplois, ni d’investir". L'opticien a pourtant fait le choix de relocaliser en France une partie de sa production en 2006.

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Une nouvelle loi pour l’investissement des entreprises

Le groupe a progressivement mécanisé sa chaine de montage. "Le cout de revient d’une heure de travail en Chine était de 6 dollars il y a quelques années, il est aujourd’hui de 5 dollars à Beaune grâce aux investissements d’un million et demi réalisé dans la robotisation" se félicite le directeur général délégué de l’opticien. Une réindustrialisation érigée en exemple vertueux par le ministre "Atol est un bon cas d’école. Il faut maintenir ou créer des emplois industriels pour l’usine du futur de demain."

Lors de la visite de l’usine, le ministre s’est intéressé à l’impression 3D qu’utilise Atol afin de personnaliser certains modèles. Il n’a pas échappé aux dernières lunettes connectées Téou de l’opticien.

Le ministre s’est félicité des premiers effets positifs pour les entreprises françaises du crédit d’impôt compétitivité et emploi (CICE) et du pacte de responsabilité en attendant l’entrée en vigueur "la plus rapide possible afin de soutenir la reprise" de sa loi éponyme afin de "libérer la croissance". Dans le train du retour, il a promis d’ici l’été un nouveau train de réformes pour dynamiser le financement privé et l’investissement des PME et ETI.

Made in France, sur les pas de Montebourg

"C'est la fin d'un clivage qui n'a plus cours entre industrie et services", a-t-il répété à plusieurs reprises en insistant sur les débouchés possibles pour ces lunettes connectées, génératrices d’emplois indirects via de nouveaux usages encore à inventer. Atol est déjà en train de tester la possibilité d’installer un gyroscope dans les lunettes pour indiquer automatiquement une chute de personnes en situation de dépendance ou des capteurs pour prévenir le porteur de lunettes de signes précoces d’endormissement au volant.

En fond sonore le tube de Daft Punk "Harder, better, faster, stronger" tourne en boucle . Bien que l’entreprise soit à la pointe de l’innovation, cette success story du Made In France a un air de déjà-vu. Dans l’entrée de l’usine, trône encore une photo d’Arnaud Montebourg, alors ministre du Redressement productif, prise lors de sa visite en août 2012.

Adrien Schwyter

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