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Athènes entame un bras de fer anti-austérité avec ses partenaires européens
Athènes a engagé un bras de fer avec ses partenaires de la zone euro, son Premier ministre grec Alexis Tsipras répétant qu'il ne prolongerait pas le cadre actuel d'aide, qui prévoit le maintien de l'austérité, tandis que l'Allemagne menace la Grèce de la couper de ses financements si elle ne s'y conforme pas.
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\ 18h29
Mis à jour 10 Févr. 2015
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10 février 2015
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S'exprimant dimanche soir devant le parlement lors d'un discours très attendu, Alexis Tsipras a répété que la Grèce n'accepterait pas une prolongation du programme d'aide financière dont elle bénéficie, laissant craindre des tensions lors du sommet prévu ce jeudi 12 février avec les dirigeants de l'Union européenne qui soutiennent cette solution.
Lundi 9 février à Vienne, Tsipras a renouvelé son appel en faveur d'un accord relais couvrant la période du 28 février au 1er juin afin de donner le temps à la Grèce de trouver les moyens de remplacer l'actuel programme par un nouveau cadre qui entrerait en vigueur le 1er septembre.
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"Je suis confiant dans le fait qu'il y aura un accord avec nos partenaires sur la base de notre plan", a déclaré Alexis Tsipras après des entretiens avec le chancelier autrichien Werner Faymann.
"Pour l'instant nous n'avons entendu aucune autre solution alternative viable", a-t-il ajouté, précisant qu'Athènes ne souhaitait pas avoir une relation frontale avec ses créanciers et que le plan qu'il propose n'aura aucun coût pour les contribuables européens.
"Je ne pense pas qu'il existe de raisons suffisamment graves pour que cet accord entre la Grèce et ses partenaires ne puisse pas voir le jour, hormis des raisons politiques", a-t-il estimé.
La position dessinée par Alexis Tsipras devant la Vouli dimanche va exactement à l'encontre de l'option retenue par les dirigeants de l'Eurogroupe qui font pression pour qu'Athènes sollicite une prolongation de son programme d'aide.
Le ministre grec des Finances Yanis Varoufakis a de son côté déclaré que la zone euro risquait de s'effondrer comme un "chateau de cartes" et un responsable de son entourage a dit ne pas croire que Jean-Claude Juncker, Angela Merkel ou la directrice générale du FMI Christine Lagarde acceptent de laisser la Grèce faire faillite.
MISE EN GARDE DE JUNCKER
Signe des tensions qui s'accumulent avant la réunion des ministres des Finances mercredi et le Conseil européen jeudi, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a prévenu les Grecs qu'ils ne devaient pas s'attendre à voir les pays membres de la zone euro se plier aux exigences grecques.
"La Grèce ne doit pas considérer que l'état d'esprit général a changé au point que la zone euro va accepter de manière inconditionnelle le programme du gouvernement Tsipras", a dit Juncker en visite en Allemagne.
"Je ne pense pas que nous parviendrons rapidement à un accord", a-t-il ajouté lors d'une réunion du Parti social démocrate (SPD) à Nauen, près de Berlin.
Le ministre allemand de l'Economie, Sigmar Gabriel, a invité le nouveau gouvernement grec à préciser quelles mesures il entendait mettre en oeuvre pour faire face à la crise de la dette "très rapidement".
"Il est nécessaire maintenant d'avoir une initiative pragmatique et non pas de montrer du doigt l'autre camp chaque jour - cela ne mène nulle part", a-t-il dit.
Gabriel a estimé que le nouveau gouvernement grec devrait accepter de discuter avec tout le monde, y compris avec la troïka (FMI, BCE et UE).
Son collègue des Finances Wolfgang Schäuble a prévenu qu'il n'y aurait pas d'accord relais sans mise en place d'un nouveau cadre de réformes supervisées de l'extérieur.
"Sans programme, ce sera difficile pour la Grèce. Je ne vois pas comment les marchés financiers feraient sans programme, mais peut-être (Tsipras) le sait-il mieux que moi", a-t-il lancé.
Avec Reuters (Michael Shields à Vienne et Karolina Tagaris à Athènes. Avec Holger Hansen et Lefteris Papadimas; Pierre Sérisier et Nicolas Delame pour le service français, édité par Jean-Stéphane Brosse)
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