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Assemblées générales, les actionnaires se rebiffent

Arnaud Dumas

Publié le

Les assemblées générales 2017 ont été marqué par un fort activisme des actionnaires minoritaires. Salaires, acquisitions, attributions d’actions gratuites ont été mis sur le grill.

Assemblées générales, les actionnaires se rebiffent
L'actionnaire minoritaire de Safran a fait pression pour réduire le coût d'achat de Zodiac.
© Gonzalo Fuentes

Les actionnaires minoritaires ne se laissent plus faire. En tout cas un peu moins… Selon le rapport de Proxinvest sur la dernière saison des assemblées générales des entreprises cotées, la contestation monte. "Elle est au plus haut depuis vingt ans, remarque Jehanne Leroy, responsable des recherches du cabinet de conseil en vote. Les points les plus contestés concernent notamment les rémunérations des dirigeants, les attributions d’actions gratuites et les dispositifs anti-OPA."

Deux indicateurs marquent le renforcement de l’activisme des actionnaires. Le nombre de résolutions rejetées et le nombre de résolutions externes déposées par les minoritaires. Cette année, Proxinvest recense 85 résolutions rejetées dans 34 sociétés, contre 56 résolutions rejetées en 2016 dans 27 sociétés. "S’il n’y avait pas eu de droits de vote doubles, 28 résolutions de plus auraient été rejetées en 2017", remarque Jehanne Leroy.

L’effet de la loi Sapin 2

Les rémunérations des dirigeants exécutifs et non exécutifs sont particulièrement scrutées par les actionnaires, surtout depuis que la loi Sapin 2 rend le vote des actionnaires contraignant. "Les rémunérations les mieux acceptées sont celles où la communication sur la politique de rémunération est complète et les montants raisonnables", analyse Jehanne Leroy.

Quelques entreprises sont passées au bord du rejet de la rémunération du dirigeant. Comme Atos, dont la résolution n’a été approuvée qu’à 53,17 %, ou Renault, approuvée à 54,01 %.

Les actionnaires ont par ailleurs déposé 73 résolutions de leur propre fait, contre 45 en 2016. Celles-ci ont concerné la composition du conseil (74 %) avec des demandes de révocation. Solocal, les anciennes pages jaunes, a concentré une grande partie de ces résolutions externes. La société a fait l’objet de 56 résolutions externes de la part de ses actionnaires, dont une partie par Proxinvest.

Le plan de restructuration de l’entreprise ne convenait pas aux actionnaires, le fait qu’il soit assorti d’attribution d’actions gratuites pour les dirigeants a mis le feu aux poudres. "Nous avons demandé la révocation du président, explique Pierre-Henri Leroy, le président du conseil d’administration de Proxinvest. Il fallait 5 millions de titres pour déposer une résolution, nous n’en avions que 12 000, mais d’autres actionnaires nous ont rejoints et nous en avions 10 millions le vendredi." Opération réussie. Le président et le directeur général de Solocal ont démissionné.

Les actions en coulisse

Le "soft power" des petits actionnaires se fait aussi de plus en plus prégnant. Les rendez-vous demandés aux dirigeants permettent d’exercer une pression avant les assemblées générales. Proxinvest cite le cas du rachat de Zodiac par Safran, dans lequel le fonds britannique TCI a fait entendre sa voix. Safran a refusé d’inscrire la résolution de TCI demandant une consultation des actionnaires sur le rachat de Zodiac. Mais TCI a réussi à faire fléchir le groupe sur le prix de l’opération. L’activisme du fonds anglais a permis de réduire le coût d’achat par action d’environ 29 euros par action à 25 euros. "Cela a permis une économie de 1,2 milliard d’euros pour les actionnaires", souligne Jehanne Leroy.

Proxinvest réclame justement un débat sur la manière dont les acquisitions sont abordées en assemblée générale. La société de conseil déplore que les actionnaires ne puissent se prononcer qu’une fois l’opération réalisée, et non en amont. Selon elle, cela conduit à des valorisations excessives des cibles rachetées, notamment quand un dirigeant est impliqué à la fois dans la société qui rachète et dans celle qui est rachetée. Proxinvest cite les cas de Christian Dior Couture, racheté trop cher par le groupe LVMH, deux sociétés dirigées par Bernard Arnault. Même chose pour le rachat d’Havas par Vivendi, deux sociétés dans lesquelles la famille Bolloré est présente.

"Nous proposons une solution législative, similaire à celle du Royaume-Uni, pour introduire un vote préalable contraignant, en faisant en sorte que les personnes intéressées à l’opération ne prennent pas part au vote", soutient Jehanne Leroy. la saison 2018 s'annonce intéressante.

 

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