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L'Usine Aéro

Ariane 6 met sur orbite une nouvelle Europe spatiale

Hassan Meddah , , ,

Publié le

En investissant près de six milliards d'euros dans trois programmes majeurs (lanceurs, station spatiale internationale, Exomars) dont la nouvelle fusée Ariane 6 et en confiant plus de responsabilités à ses industriels, l'Europe s'est donné les moyens de rester une puissance spatiale lors de la réunion interministérielle qui s'est déroulée le 2 décembre au Luxembourg.

Ariane 6 met sur orbite une nouvelle Europe spatiale © Astrium

Il y aura un avant et un après la réunion du 2 décembre 2014 au Luxembourg pour l'Europe spatiale. Réunis dans la capitale du Grand-Duché, les ministres européens se sont mis d'accord en un temps record pour financer trois programmes spatiaux majeurs. Tout le contraire de ce qui s'était passé à Naples en 2012 : les pays s'étaient quittés sur un constat d'échec, incapables de se mettre d'accord sur le futur d'Ariane malgré de longues tractations.

Cette fois-ci, les états membres, dopés par le succès mondial de la mission de la sonde Rosetta et de son passager Philae, se sont engagés à hauteur de 6 milliards d'euros pour le développement d'un lanceur low cost (Ariane 6), pour la contribution européenne à la station spatiale internationale (ISS) et pour le programme d'exploration spatial Exomars. Un enthousiasme tel que 800 millions d'euros ont même été investis sur des programmes qui n'étaient pas à l'agenda de la journée. "C'est un effort exceptionnel de la part des pays membres", a souligné Jean-Jacques Dordain, le directeur général de l'agence spatiale européenne (ESA).

Les lanceurs tirent le gros lot

L'essentiel de cet investissement est dédié au secteur des lanceurs. "Nous allons avoir enfin une famille de lanceurs. Ariane 6 et Vega auront le même ADN. Elles ont en commun le booster P120 [propulseur à propergol solide, ndlr] qui sera le premier étage de Vega C et les boosters d'Ariane 6", a expliqué le DG de l'ESA. Le premier vol de Vega C est prévu pour 2018, celui d'Ariane 6 pour 2020. Au total, 4 milliards d'euros sur 10 ans seront investis, dont 600 millions pour un nouveau pas de tir d'Ariane 6 à Kourou. La France y contribuera pour 52%, l'Allemagne pour 22%.

Pour les industriels d'Ariane, cette ministérielle est également historique. "Il y aura un nouveau partage des risques, des responsabilités et des financements. L'industrie va prendre la responsabilité de l'exploitation commerciale des lanceurs. Elle devient l'autorité de conception. C'est une révolution", a confirmé le patron de l'ESA. L'agence pourrait signer dès 2015 les contrats industriels courant jusqu'à la fin du développement d'Ariane 6, même si des points d'étape réguliers seront assurés tous les deux ans.

Le "ramp up" industriel du lanceur sera raide : un vol en 2020, quatre en 2021, six en 2022, onze en 2023. Il a été étudié pour que les capacités de production des industriels soient maintenues malgré la décroissance d'activité liée à l'arrêt progressif d'Ariane 5.

35000 emplois directs

La France s'est félicité des résultats de cette réunion ministérielle. "L'Europe va lancer Ariane 6 directement, sans passer par Ariane 5ME. On gagne 4 ans sur le calendrier initial... Ces engagements vont consolider les 35000 emplois directs du secteur spatial en Europe dont près de la moitié sont en France", s'est félicité Geneviève Fioraso, la secrétaire d'Etat en charge du secteur spatial pour la France.

En augmentant par ailleurs ses investissements dans l'ISS et le programme Exomars, la France est redevenue le premier contributeur de l'Agence spatiale européenne devant l'Allemagne. De son côté, l'Allemagne s'est montrée satisfaite du retour géographique pour son pays et notamment pour son champion OHB qui risquait un temps de sortir du schéma industriel d'Ariane 6.

Au delà d'Ariane 6, chaque état membre a fait l'effort d'accroître ses investissements dans des programmes où sa contribution était modeste. Ainsi l'Allemagne a basculer 15 millions d'euros d'investissements de l'ISS vers la mission Exomars. En retour, ses grands partenaires ont augmenté leur participation sur l'ISS (la station spatiale internationale), permettant à l'Allemagne de réduire la sienne.

Au delà de simples marchandages, cela traduit leur volonté de solidarité et d'interdépendance. "Entre Naples et Luxembourg, les états membres se sont engagés à hauteur de 15 milliards d'euros pour les 5 prochaines années. C'est un signe très fort de leur attachement à l'Agence spatiale européenne", a souligné Jean-Jacques Dordain. Plus qu'Ariane 6, c'est une nouvelle Europe spatiale qui est sur orbite.

Hassan Meddah, au Luxembourg

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